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Liban

Émouvant adieu officiel et populaire au « président de la République de nos rêves »

Obsèques officielles et populaires, samedi, pour Nassib Lahoud en présence d’une foule de personnalités, dont notamment les pôles de la révolution du Cèdre.

Presque toute la République a rendu un dernier hommage à Nassib Lahoud. Photo Hassan Assal

« Le président de la République de nos rêves... » Cette inscription symbolique imprimée sur une grande banderole placée à l’entrée de la cathédrale Saint-Georges des maronites, dans le centre-ville de Beyrouth, reflétait à n’en point douter le sentiment de la foule de personnalités et des délégations populaires qui ont assisté, samedi, à midi, aux obsèques de l’ancien député et ministre Nassib Lahoud. Des obsèques placées sous le signe des grands principes de la révolution du Cèdre dont Nassib Lahoud a été l’un des piliers, comme l’a souligné dans son oraison funèbre le patriarche maronite, Mgr Béchara Raï, qui a tenu à rendre un ultime hommage au grand disparu en présidant lui-même la cérémonie religieuse, aux côtés du cardinal Nasrallah Sfeir, du métropolite de Beyrouth, Mgr Élias Audi, de l’évêque maronite de Beyrouth, Mgr Boulos Matar, du nonce apostolique, Mgr Gabriele Cascia, et de plusieurs autres chefs spirituels.
Un large éventail de personnalités politiques et diplomatiques étaient présentes aux obsèques, dont le Premier ministre Nagib Mikati, représentant le président de la République, Michel Sleiman, le député Abdel Latif Zein, représentant le chef du législatif, Nabih Berry, et les principaux ténors politiques qui ont été, avec Nassib Lahoud, les initiateurs de la révolution du Cèdre, notamment le leader des Kataëb, le président Amine Gemayel, le chef du Parti socialiste progressiste, Walid Joumbatt (qui était accompagné de son fils Taymour), l’ancien Premier ministre Fouad Siniora, chef du bloc parlementaire du courant du Futur, le chef du parti des Forces libanaises, Samir Geagea, le leader du Parti national libéral, le député Dory Chamoun, le coordinateur du secrétariat général du 14 Mars, Farès Souhaid, le député Marwan Hamadé, l’ancien député Samir Frangié, Mme Nayla Moawad, M. Nader Hariri, représentant le leader du courant du Futur, Saad Hariri, ainsi que la plupart des députés, anciens députés et anciens ministres du 14 Mars.
À l’entrée de la cathédrale Saint-Georges avaient été accrochés un immense portrait du grand disparu, surmonté de l’emblème du PNL, ainsi qu’une grande banderole portant comme inscription « Le président de la République de nos rêves ».
Les grands principes qui ont sous-tendu le parcours politique de Nassib Lahoud ont été mis en évidence par Mgr Raï dans son oraison funèbre. Le patriarche maronite a notamment évoqué les hautes qualités morales et l’engagement national du grand disparu, dans le sillage de son père Sélim Lahoud qui fut député et ministre des Affaires étrangères. Soulignant « le rôle avant-gardiste » de Nassib Lahoud « dans le renforcement des libertés publiques et des droits de l’homme, et dans la diffusion de la modernité », le patriarche Raï a relevé que pour le grand disparu « la politique était un art noble au service de la gestion de la chose publique ». « Il a pavé la voie à sa carrière sur ce plan en se dotant d’une vaste culture politique, doublée d’une discipline et d’une haute moralité », a déclaré Mgr Raï qui a rappelé que Nassib Lahoud avait débuté sa carrière dans le domaine public en tant qu’ambassadeur du Liban à Washington, en 1990, avant d’être désigné député en 1991, sous le mandat du président Élias Hraoui, puis d’être élu député à trois reprises. Le patriarche a souligné dans ce cadre l’apport de Nassib Lahoud « au Rassemblement de Kornet Chehwane, au Rassemblement du Bristol (qui avait posé les jalons de l’intifada de l’indépendance, au printemps 2005), puis à la révolution du Cèdre ».
« Nassib Lahoud était conscient de l’importance de la démocratie fondée sur les valeurs morales et l’approche scientifique, a ajouté Mgr Raï. Il a œuvré à diffuser les valeurs démocratiques en fondant le mouvement du Renouveau démocratique afin de consolider la souveraineté et l’indépendance du Liban, de renforcer son rôle dans le monde arabe, de défendre les libertés, de développer la vie démocratique au Liban et de construire une économie nationale ouverte sur le monde. »

Le quadruple hommage
À l’issue de la cérémonie, le Premier ministre a décerné au grand disparu, au nom du président de la République, l’insigne de Grand Officier de l’ordre du Cèdre. La voix empreinte d’émotion, M. Mikati devait déclarer : « Permets-moi, cher Nassib, avant de te décerner cet insigne, de m’incliner respectueusement en hommage à un homme qui a été un modèle au plan des valeurs nationales et de la haute moralité. »
Trois allocutions ont ensuite été prononcées sur la place publique, à l’entrée de la cathédrale Saint-Georges. L’ancien ministre Ghassan Salamé a d’emblée mis l’accent sur « la sincérité » dont faisait preuve Nassib Lahoud dans ses rapports avec les autres, ainsi que la fermeté sans pour autant être dur. « Il n’hésitait pas à afficher son point de vue, même lorsqu’il était en contradiction avec les opinions les plus courantes », a souligné M. Salamé qui a relevé que Nassib Lahoud avait su dissocier le domaine public de ses affaires privées.
Prenant à son tour la parole au nom du Renouveau démocratique, l’ancien député Camille Ziadé a souligné que Nassib Lahoud « n’était pas un simple leader politique, comme il en existe des dizaines dans le pays du Cèdre ». « Nassib Lahoud était d’une autre trempe, a déclaré M. Ziadé. Il est le porte-étendard d’une école, celle des principes, des critères et de la morale politique. Quant à la politique dans le sens réducteur du terme, telle qu’elle est pratiquée au Liban et qui est axée sur la lutte pour le pouvoir, elle n’était pour lui qu’un moyen de mettre en application des règles et des principes. »
Et Camille Ziadé d’ajouter que « l’école de moralité politique et de culture démocratique fondée par Nassib Lahoud avait pour pilier la défense des libertés, de la Constitution, des institutions, de la coexistence, de l’unité du Liban, de sa souveraineté, de son indépendance, de la justice sociale et de l’économie prospère ouverte sur le monde ». Après avoir rappelé que « le plus important pour Nassib Lahoud était l’État qui devait chapeauter tous les pouvoirs », M. Ziadé a souligné que le grand disparu croyait dans le caractère « inéluctable du printemps arabe », dans la possibilité pour l’homme arabe de « se libérer des barrières de la peur, de l’oppression et de la répression ».

Ayman Mehanna : Le président de la République de demain ...
De son côté, M. Ayman Mehanna a prononcé au nom des jeunes du Renouveau démocratique une allocution dans laquelle il a notamment souligné que Nassib Lahoud était « un visionnaire ». « Les jeunes du Renouveau démocratique sourient lorsqu’ils voient le slogan “le président de la République de nos rêves” car ce dernier est quelque peu erroné, en ce sens que la République présidée par Nassib Lahoud existe, c’est une réalité, mais la réalité de demain, a déclaré Ayman Mehanna. Notre rôle est de transposer le Liban dans ce futur, de manière à rejoindre, nous, la République présidée par Nassib Lahoud. »
Et Ayman Mehanna d’ajouter : « Il est parti, certes, mais il apparaîtra de loin pour saluer le député qui défendra la Constitution, le législateur qui approuvera la réforme de la loi électorale, le responsable qui sortira le Liban du cycle de la dette et de la pauvreté, le parti qui optera pour l’État comme garant de sa force, le révolutionnaire arabe qui rêve de liberté. »
Notons qu’à l’arrivée du convoi funèbre à Baabdate, où a eu lieu l’inhumation, un accueil populaire émouvant a été réservé à l’ancien député.
« Le président de la République de nos rêves... » Cette inscription symbolique imprimée sur une grande banderole placée à l’entrée de la cathédrale Saint-Georges des maronites, dans le centre-ville de Beyrouth, reflétait à n’en point douter le sentiment de la foule de personnalités et des délégations populaires qui ont assisté, samedi, à midi, aux obsèques de l’ancien...
commentaires (3)

c'est toujours pareil quand quelqu'un meurt, tout le monde était son ami, il était le meilleur des meilleurs... mais quand il était vivant, il y avait personne

Talaat Dominique

09 h 50, le 06 février 2012

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Commentaires (3)

  • c'est toujours pareil quand quelqu'un meurt, tout le monde était son ami, il était le meilleur des meilleurs... mais quand il était vivant, il y avait personne

    Talaat Dominique

    09 h 50, le 06 février 2012

  • Sacré Aounistes ! ça fait mine de regretter Nassib Lahoud, ça pousse l'effronterie jusqu’à quasiment l'adopter et ça fait semblant d'oublier la sale, très sale campagne de denigrement et de calomnies lancé contre lui en 2005. mais nous on n'a pas oublié et les archives de l'OLJ sont heureusement là !

    Lebinlon

    04 h 29, le 06 février 2012

  • - - ILS ont quand même l'art et le savoir , de toujours utiliser un deuil pour des récupérations politiques ces 14 marsistes ! C'est bien eux qui l'ont empêché d'être candidat au Metn aux dernières législatives ! C'est aussi et toujours eux qui n'étaient pas très chaud pour sa candidature à la première présidence , malgré l'insistance de son beau frère le roi Abdallah d'Arabie !! Repose en paix Nassib Lahoud , tu était dans le mauvais camp , tu aurais dû rejoindre GMA à Rabié en 2005 après son retour , puisque tu as toujours été un de ses plus grands défenseurs ! La rigueur acharnée du destin , été plus forte que son combat pour un idéal ! Nous ne t'oublierons pas et prions pour le repos de ton âme .

    JABBOUR André

    00 h 36, le 06 février 2012

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