X

Culture

« Of Others » ou les « Autres », de Katya Traboulsi, en dessins et en mots

Exposition Vernissage et signature ce soir à The Venue * des toiles et du livre de Katya Traboulsi sur le thème « Des Autres ».
07/10/2011
Il fallait une sacrée dose d’audace ou alors un véritable intérêt porté aux autres pour réussir l’entreprise dans laquelle s’est engagée Katia Traboulsi!
Faire contribuer à son travail artistique 74 personnes. Proches ou lointaines, connues ou moins connues, artistes, écrivains, journalistes, financiers, architectes, publicitaires, avocats, chercheurs, hommes d’affaires ou... autres.
Cette artiste libanaise, résidente à Dubaï, qui aime la peinture, la littérature et, semble-t-il, les... autres, a eu envie de les réunir dans une série d’œuvres mi-textuelles, mi-picturales.
Pour cela, elle a sollicité la collaboration de ces autres. Soixante-quatorze personnes donc. Certaines de son entourage, mais un grand nombre qu’elle ne connaissait qu’à travers leurs œuvres (grands artistes, écrivains célèbres, personnalités de la scène locale, mais aucun politicien! Ces derniers n’auraient-ils pas la notion de l’autre?), a qui elle a demandé de lui rédiger, dans la langue de leur choix, sur une page, ce que représente l’autre pour chacun d’eux.

Des uns et des autres...
Signés, entre autres, David Foenkinos, Gabriel Yared, Nadim Karam, Gilbert Sinoué, Etel Adnan, Bahjat Rizk, Marc Levy, Gaby Nasr, Fifi Abou Dib, Alain Tasso, Saleh Barakat, Farid Chehab, Jean Riachi, Percy Kemp, Belinda Ibrahim, Lina Zakhour, Nabil Nahas... des textes (majoritairement en français, certains en anglais et quelques-uns en arabe) qu’elle a reproduits sur des toiles de grand format et sur lesquels elle a peint, «inspirée par leurs mots, parfois par leur travail, mais aussi, souvent, par ce qui transparaît de leur personnalité», dit-elle.

Jeu de miroirs
Car écrire sur l’autre revient souvent à se dévoiler soi-même. Et, du coup, interpréter en peinture ce que d’autres ont écrit sur les autres, c’est également se révéler. «Nous sommes tous les miroirs les uns des autres», affirme Katya Traboulsi. Qui s’est prêtée à ce jeu de glace à trois faces sans aucune appréhension. À travers sa figuration libre de personnages au tracé ferme, cette artiste, au style expressionniste contemporain, renvoie une image de force vive mâtinée de fantaisie, de poésie et d’influences diverses... Mais aussi une sensibilité qui, sous l’aspect joueur de son projet, se dégage de la justesse de son dessin parfaitement accordé, dans les 74 toiles absolument hétéroclites, à la multiplicité des échos répondant à cette même question: «Qui est l’autre pour toi?»
Une (en)quête artistique qui réserve de belles surprises aux «lecteurs» de ses toiles. Autant au niveau visuel que textuel. On y découvre par exemple une spiritualité insoupçonnée chez certains banquiers, des interrogations pleines de profondeur chez des publicitaires, de la bienveillance, de la tolérance, un désir de rapprochement, de compréhension, d’engagement envers l’autre exprimés de moult manières...Mais on y trouve aussi, parfois, plus rarement, des sentiments d’isolement, de solitude, de rejet de l’autre... «L’enfer, c’est les autres», disait Jean-Paul Sartre. Un énoncé que réfute, pour sa part, vigoureusement Katya Traboulsi. Laquelle affirme avoir choisi de s’attaquer à ce thème pour (se) démontrer l’importance positive de l’autre dans nos vies. «De par notre condition humaine, nous sommes tous semblables, malgré nos individualités. Notre vie commence sous le regard de l’autre et finit sous le regard de l’autre. Nous vivons pour et en fonction de l’autre. Et, finalement, c’est cet autre qui nous révèle à nous-mêmes», assure-t-elle.
L’artiste signale toutefois avoir perçu plus de «distance dans les textes masculins, contrairement aux écrits féminins beaucoup plus émotionnels et qui recèlent souvent une grande douleur vis-à-vis de l’autre».
Toutes ces particularités et bien... d’autres font le charme et l’intérêt de cette exposition intitulée «Of Others/Des Autres», à la scénographie signée Amin Boulos. Et du livre du même titre, édité par Tamyras, regroupant l’ensemble des textes et leurs toiles corollaires, avec une introduction de l’artiste et un épilogue signé Carla Henoud. À découvrir.
* Aux Souks de Beyrouth. Signature à partir de 18h. L’accrochage se tient jusqu’au 23 octobre. Horaires d’ouverture : tous les jours de 16h à 22h.

À la une

Retour à la page "Culture"

Vos Commentaires

Chère/cher internaute,
Afin que vos réactions soient validées sans problème par les modérateurs de L'Orient-Le Jour, nous vous prions de jeter un coup d'oeil à notre charte de modération en cliquant ici.

Nous vous rappelons que les commentaires doivent être des réactions à l'article concerné et que l'espace "réactions" de L'Orient-Le Jour, afin d'éviter tout dérapage, n'est pas un forum de discussion entre internautes.

Merci.

 

Robert Malek

Bravo Katya, mabrouk et bonne soirée. Bises.

Dernières infos

Les signatures du jour

Décryptage de Scarlett HADDAD

Entre Hariri et Bassil, l’entente vacille, mais ne tombe pas

Les + de l'OLJ

1/1

Les articles les plus

x

Pour enregistrer cet article dans votre dossier personnel Mon Compte, vous devez au préalable vous identifier.

6

articles restants

Pour déchiffrer un Orient compliqué