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Liban - Le Commentaire

Le sort du cabinet apparemment lié à la viabilité du régime syrien

Le président Mikati assure, dans un entretien de presse, que son gouvernement « durera tant que Dieu le veut, et avec Son autorisation, il est permanent. » Des cercles politiques se demandent jusqu’à quand, pense Mikati, le Tout-Puissant voudra maintenir en vie une formation dont les membres ne cessent de se déchirer, sur tout et sur rien. Une équipe qui ne partage ni le même coloris politique ni la même vision. Le dossier de l’électricité a ainsi connu une gestation pénible. Et les nominations vont se faire au compte-gouttes : chaque fois qu’il y a accord sur une tranche, nul ne sait si l’on va pouvoir continuer. Il est en effet inutile de rêver d’un panier unifié, administré d’un seul coup. Car chacun veut tirer la couverture à soi, faire nommer ses hommes, et c’est le marchandage assuré, pour tout poste-clé à pourvoir. Maintenant, il y a bras de fer et prise de bec sur le financement du TSL. Tout indique qu’il va être décidé, parce que personne ne veut faire sauter le gouvernement, mais non sans secousses. Les radicaux opposés au tribunal misent sur l’échéance de mars, quand il faudra en renouveler le mandat, avec ratification du Liban à la clé, pour le contrer. Mais il est probable que d’ici là les choses se seraient décantées en Syrie. Et c’est à leur lumière que la décision serait prise au Liban.
Les mêmes milieux insistent : personne au sein du gouvernement n’en veut la chute. Tous souhaitent qu’il aille jusqu’aux élections législatives de 2013. Et ceux qui menacent de claquer la porte, s’ils n’obtiennent pas quelque chose, ne le font que pour épater la galerie, pour se vanter devant leurs partisans. Et quand le président Mikati riposte en menaçant de démissionner lui-même, ces matamores rentrent dans le rang. Pour ne pas trop perdre la face, ils expliquent qu’ils reculent par pure tactique. Ajoutant qu’ils obtiendront toujours compensation quelque part ailleurs et qu’après leur déconvenue, « le temple ne va pas s’écrouler » sur leur tête.
En réalité, et pour le fond, les spécialistes cités soulignent que le sort du cabinet n’est pas aux mains de tel ministre ou de tel autre, ni même du président du Conseil. Il ne dépend que des développements en Syrie. S’il y a changement de régime dans ce pays, il y aura certainement changement de cabinet chez nous. Car le gouvernement libanais actuel, disent-ils, n’a été formé que grâce à la force, l’influence de ce régime, et il s’en irait dès lors avec lui.
Le groupe du député Walid Joumblatt constitue le fléau de la balance. Il peut, comme on l’a vu, inverser la majorité et la minorité. Il l’a fait en quittant le 14 Mars, pour des raisons bien connues ici comme au-dehors, et en composant avec le 8 Mars. Mais le sens retour n’est pas interdit. Et il ne serait guère surprenant que Joumblatt, tout en restant indépendant, s’allie derechef au 14 Mars au sein d’une... nouvelle majorité, sa spécialité en somme.
Sauf qu’il n’est pas certain qu’ils puissent ensemble former un nouveau gouvernement, sans le 8 Mars. Car, comme on sait, le tandem Amal-Hezbollah monopolise, accapare la représentation chiite et rendrait impossible la présence, tout à fait obligatoire, de ministres de cette communauté.
Il n’y aurait alors qu’une solution, déjà prônée antérieurement par le président Michel Sleiman : la mise en place d’un gouvernement d’extraparlementaires, d’indépendants, dont la mission serait de préparer et d’organiser les législatives de 2013. L’idée souriait au président du Conseil désigné, Nagib Mikati. Mais il s’est vu menacé par les prosyriens d’un vote de défiance à la Chambre s’il y présentait une équipe de technocrates. Et il a dû se rabattre sur le magma actuel.
Un prochain cabinet neutre pourrait d’ailleurs être présidé par Mikati, s’il décide de ne pas se présenter à la députation. Comme il l’a déjà fait pour, justement, diriger les élections, d’ailleurs avec succès.
S’il n’y a pas changement en Syrie d’ici à mars, le statu quo subsistera sur la scène politique locale. Autrement dit, une perpétuation de la crise ouverte entre majorité et minorité. Comme de la crise larvée au sein de la nouvelle majorité...
Le président Mikati assure, dans un entretien de presse, que son gouvernement « durera tant que Dieu le veut, et avec Son autorisation, il est permanent. » Des cercles politiques se demandent jusqu’à quand, pense Mikati, le Tout-Puissant voudra maintenir en vie une formation dont les membres ne cessent de se déchirer, sur tout et sur rien. Une équipe qui ne partage ni le même coloris politique ni la même vision. Le dossier de l’électricité a ainsi connu une gestation pénible. Et les nominations vont se faire au compte-gouttes : chaque fois qu’il y a accord sur une tranche, nul ne sait si l’on va pouvoir continuer. Il est en effet inutile de rêver d’un panier unifié, administré d’un seul coup. Car chacun veut tirer la couverture à soi, faire nommer ses hommes, et c’est le marchandage assuré, pour tout...
commentaires (6)

Evidemment que le sort de nos rutilants subliminaux est lié à la dictature de Damas. Quand Assad tombera, il entraînera avec lui son brillantissime gouvernement annexe. Et ceux qui n'auront pas réussi à retourner leur veston à temps seront écartés.

Robert Malek

09 h 18, le 05 octobre 2011

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Commentaires (6)

  • Evidemment que le sort de nos rutilants subliminaux est lié à la dictature de Damas. Quand Assad tombera, il entraînera avec lui son brillantissime gouvernement annexe. Et ceux qui n'auront pas réussi à retourner leur veston à temps seront écartés.

    Robert Malek

    09 h 18, le 05 octobre 2011

  • M. Jabbour, le régime syrien est déjà ébranlé, la petite bande de fanatiques se chiffre en millions d'individus qui continuent a manifester et dont le soulèvement n'a pas encore été étouffé dans l'œuf, preuve en est le sang qui continue a couler. Ce que prétend M. Assad en disant que la situation est maitrisée n'est que de la poudre aux yeux des libanais qui continuent a ramper vers la Syrie. Il faut avoir les yeux dans le dos et être sourd pour ignorer ce qui se passe. Bardawil Michel Charles

    Bardawil Michel Charles

    08 h 15, le 05 octobre 2011

  • M. Jabbour, le régime syrien est déjà ébranlé, la petite bande de fanatiques se chiffre en millions d'individus qui continuent a manifester et dont le soulèvement n'a pas encore été étouffé dans l'œuf, preuve en est le sang qui continue a couler. Ce que prétend M. Assad en disant que la situation est maitrisée n'est que de la poudre aux yeux des libanais qui continuent a ramper vers la Syrie. Il faut avoir les yeux dans le dos et être aveugle pour ne pas ignorer ce qui se passe.

    Bardawil Michel Charles

    07 h 54, le 05 octobre 2011

  • Laurel et Hardy. Les inséparables ! Anastase Tsiris

    Anastase Tsiris

    07 h 02, le 05 octobre 2011

  • Si la politique implique des hommes au pouvoir ,le mal politique est inévitable dans ce climat flou ou le sort de nos politiciens actuels au gouvernement sont liés au Mal syrien . Réussiront-ils et M .Mikati en premier à se dégager de cet engrenage pour mener à bon port les élections de 2013 ? Antoine Sabbagha

    Sabbagha Antoine

    05 h 08, le 05 octobre 2011

  • - - Que Madame soleil et les impatients se calment et se mettent une chose en tête une bonne fois pour toutes : Le régime en Syrie ne sera pas ébranlé par cette petite bande de fanatiques dont le soulèvement orchestré , à bien été étouffé dans l'oeuf , et le président Alaouite Assad , sera toujours en place en 2013 , n'en déplaise aux nomades et rêveurs de califats désertiques ! Quand à chez NOUS , pays des merveilles , où Alice naquit et vécue .. ! Quoi de plus normal qu'une opposition s'oppose dans les normes de la démocratie , et non bloque la vie politique comme ils le font ! C'est son rôle de s'opposer politiquement par une opposition constructive et non destructive comme elle le fait (...) d'où la crise ouverte mentionnée dans l'article , qui n'est qu'une manoeuvre vouée à l'échec , comme tant d'autres déjà périmées et oubliées .

    JABBOUR André

    01 h 31, le 05 octobre 2011

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