Les mêmes milieux insistent : personne au sein du gouvernement n’en veut la chute. Tous souhaitent qu’il aille jusqu’aux élections législatives de 2013. Et ceux qui menacent de claquer la porte, s’ils n’obtiennent pas quelque chose, ne le font que pour épater la galerie, pour se vanter devant leurs partisans. Et quand le président Mikati riposte en menaçant de démissionner lui-même, ces matamores rentrent dans le rang. Pour ne pas trop perdre la face, ils expliquent qu’ils reculent par pure tactique. Ajoutant qu’ils obtiendront toujours compensation quelque part ailleurs et qu’après leur déconvenue, « le temple ne va pas s’écrouler » sur leur tête.
En réalité, et pour le fond, les spécialistes cités soulignent que le sort du cabinet n’est pas aux mains de tel ministre ou de tel autre, ni même du président du Conseil. Il ne dépend que des développements en Syrie. S’il y a changement de régime dans ce pays, il y aura certainement changement de cabinet chez nous. Car le gouvernement libanais actuel, disent-ils, n’a été formé que grâce à la force, l’influence de ce régime, et il s’en irait dès lors avec lui.
Le groupe du député Walid Joumblatt constitue le fléau de la balance. Il peut, comme on l’a vu, inverser la majorité et la minorité. Il l’a fait en quittant le 14 Mars, pour des raisons bien connues ici comme au-dehors, et en composant avec le 8 Mars. Mais le sens retour n’est pas interdit. Et il ne serait guère surprenant que Joumblatt, tout en restant indépendant, s’allie derechef au 14 Mars au sein d’une... nouvelle majorité, sa spécialité en somme.
Sauf qu’il n’est pas certain qu’ils puissent ensemble former un nouveau gouvernement, sans le 8 Mars. Car, comme on sait, le tandem Amal-Hezbollah monopolise, accapare la représentation chiite et rendrait impossible la présence, tout à fait obligatoire, de ministres de cette communauté.
Il n’y aurait alors qu’une solution, déjà prônée antérieurement par le président Michel Sleiman : la mise en place d’un gouvernement d’extraparlementaires, d’indépendants, dont la mission serait de préparer et d’organiser les législatives de 2013. L’idée souriait au président du Conseil désigné, Nagib Mikati. Mais il s’est vu menacé par les prosyriens d’un vote de défiance à la Chambre s’il y présentait une équipe de technocrates. Et il a dû se rabattre sur le magma actuel.
Un prochain cabinet neutre pourrait d’ailleurs être présidé par Mikati, s’il décide de ne pas se présenter à la députation. Comme il l’a déjà fait pour, justement, diriger les élections, d’ailleurs avec succès.
S’il n’y a pas changement en Syrie d’ici à mars, le statu quo subsistera sur la scène politique locale. Autrement dit, une perpétuation de la crise ouverte entre majorité et minorité. Comme de la crise larvée au sein de la nouvelle majorité...


Evidemment que le sort de nos rutilants subliminaux est lié à la dictature de Damas. Quand Assad tombera, il entraînera avec lui son brillantissime gouvernement annexe. Et ceux qui n'auront pas réussi à retourner leur veston à temps seront écartés.
09 h 18, le 05 octobre 2011