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Liban

Le Hezbollah dénonce les « affabulations » du « Der Spiegel » et la classe politique met en garde contre « les semeurs de discorde »

Au lendemain de la publication par le Der Spiegel d'un article incriminant le Hezbollah dans l'assassinat de Rafic Hariri (14 février 2005), ce parti a dénoncé des « affabulations » destinées à l'affaiblir, à la veille des élections législatives du 7 juin, tandis que Walid Joumblatt, Nabih Berry et Faouzi Salloukh mettaient en garde à la fois contre une « rumeur » pouvant provoquer « une discorde » interne au Liban et le côté invraisemblable du récit.
M. Saad Hariri, le Premier ministre, Fouad Siniora, et les milieux du Courant du futur se sont abstenus de tout commentaire au sujet de l'information.
La commission d'enquête chargée de faire la lumière sur l'assassinat de l'ancien Premier ministre libanais Rafic Hariri s'orienterait désormais vers une piste menant au Hezbollah, a donc indiqué l'hebdomadaire allemand Der Spiegel, qui précise que le tribunal international souhaite « garder secrètes » ces « conclusions nouvelles et surprenantes ».
Citant des informations obtenues de « sources proches du Tribunal (spécial pour le Liban, TSL) et vérifiées par la consultation de documents internes », Der Spiegel écrit que « des investigations intensives menées au Liban pointent toutes vers une nouvelle conclusion : ce ne sont pas les Syriens, mais les forces spéciales de l'organisation chiite libanaise, le Hezbollah, qui ont planifié et exécuté » l'attentat qui a coûté la vie à Rafic Hariri le 14 février 2005.
Les documents consultés par le Spiegel, basés essentiellement sur des surveillances électroniques, ont permis aux enquêteurs d'identifier huit téléphones mobiles, tous achetés le même jour à Tripoli. L'identification de ces appareils a été l'une des « prouesses » du capitaine Wissam Eid, l'un des as du service de sécurité des FSI, tué dans un attentat le 25 janvier 2008.
Ces appareils, toujours selon Der Spiegel, décrits par les enquêteurs comme étant « le premier cercle infernal », ont été activés six semaines avant l'attentat et n'ont plus jamais été utilisés après, ce qui laisse à penser que leurs propriétaires étaient les membres du commando ayant commis l'attentat à la camionnette piégée à Beyrouth, dans lequel ont péri également 22 autres personnes.
Ces portables ont très souvent été localisés à proximité et en contact téléphonique avec 20 autres téléphones, « le second cercle infernal » appartenant, selon les enquêteurs libanais, au « bras opérationnel » du Hezbollah.
Les enquêteurs, ajoute le journal allemand, ont pu identifier le détenteur de l'un des huit premiers téléphones, grâce à « une incroyable imprudence », un appel qu'il a passé à sa petite amie. Il s'agit de Abdel-Majid Ghamlush, membre du Hezbollah qui a séjourné dans un camp d'entraînement en Iran.
Ghamlush a été identifié comme l'acheteur des téléphones, et les enquêteurs ne savent pas où il se trouve, ni même s'il est en vie, ajoute l'hebdomadaire.
L'imprudence de Ghamlush a mené les enquêteurs vers celui qui est pour eux le cerveau de l'attentat, hajj Salim, qui vit dans un quartier au sud de Beyrouth, d'où il commande une « unité des opérations spéciales » qui rend des comptes directement à Hassan Nasrallah, le secrétaire général du Hezbollah, poursuit-il.
Hajj Salim, précise l'hebdomadaire, aurait succédé à Imad Moghniyé, après l'assassinat de ce dernier à Damas (12 février 2008), et rendrait en outre compte de ses activités au général Kassem Suleimani, son contact à Téhéran.
Selon l'hebdomadaire, les enquêteurs seraient également parvenus à remonter la filière menant à la personne qui aurait pris livraison de la camionnette Mitsubishi qui a servi dans l'attentat, un membre du Hezbollah, et à situer l'origine des 1 000 kg d'explosif (du TNT, du C4 et de l'hexogène), dont le véhicule piégé était bourré.
Le Spiegel affirme encore que le procureur chargé de l'enquête, le Canadien Daniel Bellemare, et les autres juges du TSL essayent apparemment de « retenir » l'information, qui leur aurait été transmise il y a un mois environ.
Enfin, selon l'hebdomadaire, « rien n'indique que le président syrien Bachar el-Assad (dont le régime a d'abord été accusé de ce crime), était au courant du complot ».
L'article est disponible sur les pages anglophones du site du Spiegel (www.spiegelonline.de/international), et il ne sera mis en ligne en allemand que lundi à la sortie de l'édition papier, a-t-on appris auprès de l'hebdomadaire.

Le Hezbollah dénonce
Le Hezbollah a dénoncé comme des « affabulations » les révélations de l'hebdomadaire allemand.
« Ce sont des affabulations qui ont pour objectif d'influencer la campagne électorale (pour les législatives du 7 juin) et faire oublier les informations sur le démantèlement des réseaux d'espionnage travaillant pour le compte d'Israël », a indiqué dans un communiqué le bureau de presse du Hezbollah.
« Ce ne sont rien d'autre que de pures inventions issues du même cabinet noir où ont été fabriquées il y a quatre ans des histoires similaires sur l'implication des Syriens et des quatre officiers », a enchaîné le communiqué.
« Publier des informations pareilles et les attribuer à des sources proches du Tribunal spécial pour le Liban (TSL) entament la crédibilité de ce tribunal que nous appelons à agir avec fermeté pour démasquer les auteurs de ces mensonges », ajoute le parti islamiste.
« Ce n'est pas la première fois que des journaux ont recours à ce genre d'affabulations », a déploré le communiqué citant des médias occidentaux, égyptiens et du Golfe.
Le Courant du futur, dans toutes ses composantes, a refusé de son côté de commenter les informations du magazine allemand. Le Premier ministre, Fouad Siniora, a gardé le mutisme à ce sujet.

Mise en garde du PSP et de Berry
La principale mise en garde contre les informations du Der Spiegel est venue de M. Walid Joumblatt qui, au cours d'un rassemblement électoral, en présence de M. Saad Hariri, a mis en garde contre « le jeu des nations » qui consisterait à manipuler les informations au sujet du TSL et a averti que de pareilles nouvelles peuvent conduire à une « discorde » interne.
Les « fuites de presse peuvent nuire à la mission » du TSL, a affirmé M. Joumblatt. « Faites attention aux rumeurs et fuites de presse, elles peuvent nuire à l'action de la justice et provoquer la discorde et la sédition », a ajouté le chef du PSP lors d'un discours prononcé en présence de Saad Hariri.
À sa suite, et au cours d'un rassemblement électoral, le président de la Chambre, Nabih Berry, a affirmé que l'information du Spiegel doit être classée comme « intoxication » visant à provoquer la discorde au Liban. Affirmant que le bureau du procureur Bellemare a démenti la nouvelle, Nabih Berry a affirmé qu'il ne manque à l'information que l'estampille « Fabriqué en Israël ». Le Premier ministre, Fouad Siniora, a refusé de commenter la nouvelle, affirmant qu'il s'en remet au Tribunal et qu'il ne commente pas d'informations publiées dans la presse.

Salloukh : Falsification
Le ministre de la Justice, Faouzi Salloukh, a affirmé que les accusations du Der Spiegel sont « des falsifications » qui « ne reposent sur aucune base légale ».
M. Salloukh a ajouté que le TSL a publié un communiqué dans lequel il demande à Der Spiegel de révéler ses sources, ajoutant que l'hebdomadaire aurait dû s'assurer de la véracité de cette information avant de la publier, et soulignant « qu'en quatre ans d'enquête, aucun élément du Hezbollah n'a été interrogé par la commission ».
Comme le chef du PSP, M. Salloukh a mis en garde contre une velléité occulte de « semer la discorde » entre les Libanais.

Au lendemain de la publication par le Der Spiegel d'un article incriminant le Hezbollah dans l'assassinat de Rafic Hariri (14 février 2005), ce parti a dénoncé des « affabulations » destinées à l'affaiblir, à la veille des élections législatives du 7 juin, tandis que Walid Joumblatt, Nabih Berry et Faouzi Salloukh...

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