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La situation Alerte à la frontière… Qui est ce « groupe fantôme » qui cherche à entraîner le Liban dans la fournaise ? Fady NOUN

09/01/2009
Qui a intérêt à déstabiliser le Liban et à le plonger dans une nouvelle fournaise ? C’est la question que tous les Libanais se sont posée, hier, sans parvenir à y répondre, après un tir matinal de roquettes contre Israël, depuis le territoire libanais, par un « groupe fantôme ». Les spéculations allaient bon train, à ce sujet, sans qu’une hypothèse définitive soit encore retenue. À l’ancienneté des roquettes tirées, Israël a cru pouvoir déduire que l’auteur du tir serait un groupe palestinien, et non le Hezbollah. Ce dernier parti, du reste, a officiellement fait savoir au président Michel Sleiman qu’il est tout à fait étranger à cet incident. Certaines sources ont attribué ces tirs à des combattants d’el-Qaëda relevant d’Ayman Zawahiri. En soirée, après avoir passé en revue la situation, le Conseil des ministres a officiellement mis les choses au point, reprenant à son compte des orientations définies par le président Sleiman, le 26 décembre dernier, après la découverte de 8 roquettes prêtes à être tirées, non loin du QG de la Finul, à Naqoura. Le Liban ne doit pas servir de « plate-forme de tirs » contre Israël et ne doit pas fournir de prétexte à l’État hébreu pour l’entraîner dans une guerre, a réaffirmé le gouvernement à l’unanimité. Une unanimité qui établit que le Liban n’est plus automatiquement considéré comme une « saha », un espace, mais une patrie dont il convient de préserver les fondements, la souveraineté et la stabilité. Toutes les déclarations et réactions locales au drame de Gaza abondent, du reste, dans ce sens, à part peut-être, hier, celle de Wi’am Wahhab qui a estimé, dans un vocabulaire suranné, que « la scène libanaise ne peut être dissociée de la scène arabe ». Pour certains, le Liban est toujours un pays d’opérette. Sur le terrain, une mobilisation sans précédent a été décrétée pour empêcher l’incident de se reproduire. L’armée et la Finul vont intensifier leurs patrouilles le long de la frontière, a-t-on annoncé. Ce qui n’a pas empêché les observateurs de relever la surprenante facilité avec laquelle les auteurs des tirs ont pu violer le système de contrôle mis en place. C’est à se demander à quoi servent les caméras de surveillance. Sur le plan diplomatique, le Liban continue de surveiller le cours de la guerre et de s’indigner devant le flegme dont l’ONU fait preuve à l’égard du carnage et de l’augmentation dramatique du nombre des morts et des blessés. Le secrétaire général de l’ONU, Ban Ki-moon, a annoncé à New York qu’il effectuera une tournée dans la région entre le 16 et le 18 janvier. On le voit, l’homme n’est pas pressé, et Israël a encore une bonne dizaine de jours devant lui pour poursuivre ses crimes de guerre en toute impunité. Venue de Damas, et formée du président du Parlement iranien Ali Larijani, du président de l’Assemblée syrienne du peuple Mahmoud el-Abrache et du président du Parlement indonésien, Agung Laksono, la troïka parlementaire asiatique est arrivée hier au Liban en visite d’information, dans le cadre des efforts diplomatiques pour venir en aide à Gaza. Ses membres ont rencontré hier le président du Parlement, Nabih Berry. Ce dernier a dit redouter qu’Israël convoite toujours les richesses hydrauliques du Liban. La troïka complétera ses rencontres aujourd’hui. On peut toutefois douter de la sagesse de ces sages, dont l’un, Ali Larijani, a rencontré Ahmad Jibril à Damas. Un jour plus tôt, le chef du Commandement général avait, dans un communiqué, prévu « d’ouvrir de nouveaux fronts militaires » si l’offensive israélienne contre Gaza s’élargissait… À partir d’où ?

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