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La situation « Coordination » libano-syrienne en matière de sécurité : les antagonismes politiques à leur paroxysme Fady NOUN

OPINION
12/11/2008
Au lendemain de la visite officielle en Syrie du ministre de l’Intérieur, Ziyad Baroud, et prenant le contre-pied de la déclaration faite par ce dernier à son retour, selon laquelle il n’y aura pas de commission de coordination sécuritaire ou commune entre le Liban et la Syrie, le secrétaire général du Hezbollah a réclamé qu’une « coordination sécuritaire s’instaure à tous les niveaux » entre les deux pays, mettant en garde contre son torpillage et réclamant que « la justice prenne son cours, loin des accusations politiques ». Cette prise de position détonne avec la circonspection dont le camp de la majorité fait preuve, à l’égard de cette visite, non par principe, sur lequel tout le monde est d’accord, mais en raison de l’allergie développée, au fil des années de tutelle, contre le mot même de « coordination ». Une excellente illustration de la manière cavalière de procéder que redoutent les Libanais a été apportée hier par la Syrie, avec l’asphaltage par le ministère syrien des Travaux publics d’une route vicinale située en territoire libanais, ou du moins en terrain contesté. L’incident a été circonscrit. Il souligne à sa manière la nécessité pour les responsables de Damas de traiter avec le Liban d’égal à égal et de respecter les formes, ce qu’ils n’ont pas fait, par exemple, en diffusant des « aveux » de membres du groupe Fateh el-Islam mettant en cause le Courant du futur. Sur ce plan, M. Saad Hariri s’est entretenu au téléphone hier avec le secrétaire général de la Ligue arabe, Amr Moussa, à qui il a demandé la formation d’une commission d’enquête arabe dans l’affaire des « aveux » en question. Sur un autre plan, Hassan Nasrallah s’est vivement élevé hier contre la présence au sommet de New York sur le dialogue des religions, des cultures, des civilisations et des ethnies, de dirigeants israéliens. Une réaction un peu tardive, qui est intervenue quelques heures à peine avant l’ouverture des travaux de ce sommet, et après que le chef de l’État, le président Michel Sleiman, eut pris l’avion pour le Palais de Verre. Ce dernier doit officiellement proposer, à cette conférence qui répond à une invitation du roi Abdallah d’Arabie saoudite, que le Liban soit officiellement désigné comme centre de médiation entre les civilisations et les cultures. Une proposition qui risque de rester un vœu pieux, alors que l’antagonisme politique entre les deux camps de la majorité et de l’opposition est à son paroxysme.

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