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Les restes du tsarévitch ont été identifiés hier Célébration du 90e anniversaire de l’exécution de Nicolas II

Les restes du tsarévitch ont été identifiés hier, le jour même où était célébré le 90e anniversaire de l’exécution du dernier tsar de Russie Nicolas II et de sa famille, tandis que le pouvoir garde le silence sur cette page de l’histoire russe. Le parquet général de Russie a confirmé, tests ADN à l’appui, que des ossements découverts en 2007 près d’Ekaterinbourg étaient bien ceux d’Alexeï, le fils de l’empereur, et de sa sœur Maria, tués par balle sur ordre des bolcheviks avec leurs parents dans cette région de l’Oural. Au même moment, une procession religieuse défilait dans les rues d’Ekaterinbourg. « Le temps est venu de ranimer ce qui a été détruit », s’est exclamé Vikenty, l’archevêque de la ville, à l’Église du Sang versé, construite en 2003 sur le site où Nicolas II, son épouse, leurs cinq enfants, leur médecin et trois serviteurs furent exécutés dans la nuit du 16 au 17 juillet 1918. Le dignitaire s’exprimait devant un parterre de croyants se prosternant et embrassant des icônes représentant les Romanov, canonisés en 2000. « Je suis venue pour une chose : le pardon », a lancé Alla Solodovnikova, 67 ans, qui a fait pour l’occasion un long périple depuis Kaliningrad, aux confins occidentaux de la Russie. Parallèlement, le parquet russe expliquait que trois expertises, respectivement en Russie, aux États-Unis et en Autriche, avaient abouti à la conclusion que les restes du tsarévitch avaient effectivement été retrouvés. Les autres corps des membres de la famille Romanov, extraits d’une fosse commune d’Ekaterinbourg en 1991, ont été officiellement identifiés en 1998 par le gouvernement russe et inhumés en grande pompe dans l’ancienne capitale impériale Saint-Pétersbourg. Une vive polémique sur leur authenticité avait éclaté à l’époque, l’Église orthodoxe russe ayant mis en doute les résultats des tests ADN. De nouvelles expertises concernant Nicolas II doivent être effectuées en juillet. De même, un porte-parole du patriarcat de Moscou a appelé à être circonspect quant aux résultats sur Alexeï, faisant état de « doutes persistants chez certains, notamment chez les scientifiques ». De leur côté, les descendants des Romanov sont divisés. Dans des déclarations lundi à l’AFP, la grande-duchesse Maria Vladimirovna, qui s’est proclamée héritière du tsar, a estimé que « seule comptait l’opinion de l’Église ». Un représentant d’une autre branche des Romanov, le prince Dmitri, présent à Saint-Pétersbourg pour des commémorations, a fait état en revanche de sa « satisfaction » après les conclusions sur le tsarévitch. Ekaterinbourg est au cœur des commémorations qui devaient, dans la nuit de mercredi à jeudi, à l’heure où l’exécution s’est déroulée dans le sous-sol de la maison d’un marchand, moins d’un an après la révolution d’octobre 1917. À l’issue d’un office nocturne, les pèlerins devaient faire 18 kilomètres à pied pour rejoindre une mine abandonnée dans laquelle les corps furent jetés avant d’être aspergés d’acide. Les sentiments à l’égard de Nicolas II ont évolué depuis la chute de l’Union soviétique en 1991, mais un des derniers sondages sur le sujet, en 2005, montrait que 56 % des Russes portaient encore un regard très critique sur lui. Quant au président Dmitri Medvedev, il n’a pas fait le moindre commentaire sur le 90e anniversaire, pas plus que son service de presse, affichant la même prudence dans ce domaine que son prédécesseur Vladimir Poutine. Pour l’historien Anatoli Outkine, le Kremlin ne veut pas prendre position « parce qu’il ne veut pas attiser les passions autour de ce personnage controversé, faible et inefficace pour les uns, et martyr pieux pour d’autres ».

Les restes du tsarévitch ont été identifiés hier, le jour même où était célébré le 90e anniversaire de l’exécution du dernier tsar de Russie Nicolas II et de sa famille, tandis que le pouvoir garde le silence sur cette page de l’histoire russe.
Le parquet général de Russie a confirmé, tests ADN à l’appui, que des ossements découverts en 2007 près d’Ekaterinbourg...