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EXPOSITION - À la galerie Alice Mogabgab à partir de ce soir, 18h00, et jusqu’au 27 juin * La « savoir fer » de Boulos Richa

CHRONOLOGIE
10/06/2008
Boulos Richa tord le fer comme d’autres pétrissent la terre, à bout de bras. Avec cette émotion supplémentaire qui fait qu’un simple métier devient de l’art et un savoir-faire du talent à l’état pur. Ferronnier de profession, Boulos Merhi Richa a toujours rêvé, sans même en posséder le mode d’emploi, devenir un artiste. À 12 ans déjà, dans le jardin de la maison familiale à Batroun, il entassait des galets jusqu’à leur donner des formes humaines. Puis, obligé d’emprunter un autre chemin que celui de l’art, ce « petit Poucet » est devenu ferronnier. Très vite, le fer se plie à toutes ses exigences. Il le chauffe, le martèle, en fabrique des outils pour agriculteurs. Non satisfait de ce manque de créativité, il se dirige vers la fabrication de portes et fenêtres en fer forgé. De la décoration sans le savoir… Depuis, les gens de son village l’appellent le « fou du fer ». Ils ne comprennent pas cet homme qui sculpte la liberté et la femme, rien qu’en maniant une matière à leurs yeux si abrupte, si figée. Ils ne comprennent pas qu’il lui arrive de se lever la nuit pour esquisser une forme et passe des heures dans son atelier de travail à créer des animaux, des oiseaux, des robots ou des cavaliers. Que de ses mains de ferronnier, déformées par le travail, agressées par le temps, puissent naître des danseuses, des acrobates et des poupées. De drôles de personnages qui semblent même sourire et s’amuser. Rencontre avec un artiste C’est en suivant les galets virtuels, autrefois abandonnés en chemin, que le visiteur arrive à Ijdabra, au-dessus de Batroun. Une route parsemée d’arbres, la mer au loin, une petite maison et un homme debout, le dos légèrement courbé par ses 80 ans, qui attend devant la porte. Boulos Richa vit ainsi, simplement, entouré de sa famille, de ses chatons et de tous ces personnages en fer auxquels il donne un regard, une identité et même une âme. Le visage creusé par les rides, le caractère décidé, voire entêté des gens sincères, il ne fait aucune concession. Un peu comme sa matière de prédilection. C’est surtout le Dr Samir Tabet, également peintre, qui découvre son travail exposé dans son atelier de Batroun. « Tu as un an pour organiser ton exposition ! » lui lance-t-il, alors doyen de l’AUB. Nous sommes en 1972. Depuis, Boulos sort timidement de sa bulle et participe à quelques expositions collectives. Sa présence à Beyrouth, à la galerie Alice Mogabgab, est en soi un événement… Galerie de portraits « Le théâtre mécanique de Boulos Richa » s’est donc déplacé en ville. Trente-quatre pièces uniques, des personnages alignés, solitaires, placés en duos, hommes, femmes, danseurs, acrobates. Ils sont gracieux, drôles, imposants, mobiles, beaux, ou tout simplement sincères. Le « coup de main » de l’artiste, comme d’autres parleraient de « coup de pinceau », est une intervention spontanée, naturelle et sincère. Pas de théories, de réflexions, d’analyses, de contre-analyses, le travail est ici épuré de toute obligation, dépouillé de tout déguisement, qu’il soit social, mondain ou pseudo-intellectuel. Les éléments, à la base ingrats et si peu esthétiques, des pièces mécaniques, sont assemblés avec finesse et légèreté pour donner naissance à une sculpture et, plus encore, une œuvre d’art enrobée d’humour. Loin des modes et du stress, ce « travailleur silencieux » est avant tout un homme et un artiste libre et généreux. Un « fou du fer »… Carla HENOUD * Galerie Alice Mogabgab, 253, rue Gouraud, Gemmayzé. Ouverte du lundi au vendredi, de 10h00 à 19h00, et samedi, de 10h00 à 13h00. Téléphone : 03/210424.

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