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Deux échéances sociales s’annoncent, le 7 et le 14 mai Réajustement du salaire minimum : le gouvernement et le patronat proposent 50 % Fady NOUN

05/05/2008
Un Conseil des ministres d’une importance exceptionnelle se tient aujourd’hui à 17 heures. À l’ordre du jour, 241 points, dont la question d’un réajustement du salaire minimum dans le secteur public et privé, celle de la satisfaction des droits des contractuels de l’Université libanaise, une demande officielle de nomination du procureur général du tribunal international, que le Liban doit adresser à l’ONU, un projet de décret déférant le double assassinat de Zahlé du 20 avril dernier à une Cour de justice et enfin l’affaire du réseau téléphonique parallèle que le Hezbollah installe dans certaines régions, au titre de la « résistance ». À deux jours d’une grève générale d’avertissement décrétée par la CGTL pour le 7 mai et d’une autre grève annoncée pour le 14 par les enseignants du secteur privé, le réajustement des salaires revêt une actualité particulière. De source bien informée, les ministres, le patronat et les syndicats proches du 14 Mars auraient convenu au cours d’une réunion de concertation au Sérail, samedi dernier, d’un réajustement du salaire minimum de 150 000 LL (100 dollars), ce qui ferait passer le salaire minimum de 300 000 LL à 450 000 LL. Pour les syndicats, il faudrait parler plutôt de résignation. Tout ce qui est indexé sur le salaire minimum sera affecté par ce réajustement, mais aucune augmentation de l’indemnité de déplacement n’est prévue, a ajouté cette source, qui souligne que « c’est tout ce que le secteur privé et le gouvernement peuvent donner ». La demande d’un réajustement par tranches a été rejetée par le patronat, a-t-elle ajouté. Mesures d’accompagnement Certes, le gouvernement, et le ministre de l’Économie en particulier, a songé à des mesures d’accompagnement, tout en relevant que le gouvernement a très peu de prise sur « l’inflation importée » qui affecte les prix de certaines denrées alimentaires de base, sans compter l’essence. Ainsi, le gouvernement songe à réduire à zéro les droits de douane sur ces denrées. Il est même question de libéraliser l’importation du poulet, histoire d’en faire baisser le prix contrôlé par deux grands aviculteurs qui contrôlent le marché. On sait en effet qu’avec le pain, l’essence et les médicaments, le poulet entier est l’un des rares produits dont le gouvernement fixe le prix. Toutefois, ce prix (3 800 LL/kg) n’est respecté nulle part, et débité sous d’autres formes, le kilo de poulet est en train de hausser comme les autres produits de première nécessité. Enfin on songe aussi, sur le plan gouvernemental, à mettre fin à une pratique qui a eu son heure de gloire : la subvention à l’exportation. Cette suppression devrait inciter les producteurs à écouler au Liban même leurs produits agricoles, comme par exemple celles des agrumes, de la pomme de terre, oignon, concombre et autres tomates. Du reste, ce programme, relève-t-on, ne bénéficiait vraiment qu’à quelques grands négociants. Nouvelles recettes Hélas, toute médaille a son revers. L’augmentation du salaire minimum va coûter environ 350 millions de dollars par an au budget, une somme qu’il faudra en partie emprunter et, en partie... reprendre aux contribuables sous d’autres formes. L’État va tenter, toutefois, de la reprendre sélectivement, en l’occurrence des plus riches. Il est donc question de faire payer plein tarif aux grands consommateurs d’électricité, encore que l’entrée en vigueur de ces « astuces » fiscales reste aléatoire. Mais les problèmes fiscaux ne sont pas les seuls à inquiéter le gouvernement. Ainsi, ce dernier redoute l’effet inflationniste – notamment par le biais des frais de scolarité – des avantages que pourraient arracher les plus « militants » des syndicats : celui des enseignants. En outre, tout en minimisant les risques d’une grève monstre de la CGTL, le gouvernement ne peut tout à fait prévoir l’ampleur que prendra le mouvement syndical, ni les appuis politiques qui pourraient le doper. À ce sujet, le président de la CGTL (diminuée des fédérations du 14 Mars), Ghassan Ghosn, a nié avoir été invité à participer à la réunion de concertations patronat-syndicat de samedi dernier, comme l’a affirmé explicitement le Premier ministre. L’un des deux hommes, de toute évidence, ne dit pas la vérité. Sur un autre plan, le gouvernement est conscient que toute augmentation du salaire minimum doit nécessairement passer par le Parlement. On sait, dans les milieux gouvernementaux, qu’il ne faut pas compter sur un remords de conscience de Nabih Berry, et qu’il faudra « faire avec » non seulement la fermeture du Parlement, mais aussi l’absence d’un budget général. Solution de substitution : les avances du Trésor. Le provisoire qui dure.

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