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Le pourcentage du rajustement des salaires figurera à l’ordre du jour du prochain Conseil des ministres La grève des enseignants pourra se répéter, si le gouvernement fait la sourde oreille Le mouvement largement suivi sur tout le territoire

04/04/2008
Les enseignants des secteurs privé et public ont observé hier une journée de grève, en appui à une demande de relèvement de 25 % de leurs salaires, laissant aux écoles le soin de répercuter cette majoration sur les frais scolaires. La grève, qui n’était pas politisée, a été très largement suivie. Les directions des écoles, de leur côté, ont considéré que le travail administratif, à l’approche de la fin de l’année, devait se poursuivre normalement. Les professeurs de l’Université libanaise se sont solidarisés avec ce mouvement, mais pas les universités privées. Au total, environ un million d’élèves et d’étudiants, et quelque 100 000 enseignants et professeurs, étaient hier au chômage technique. Quelle suite va recevoir la grève, la première d’une saison sociale au calendrier de laquelle figure aussi un second mouvement de grève, le 7 mai, à l’appel cette fois de la CGTL ? Le collectif intersyndical qui a conduit le mouvement s’est réuni hier, pour en évaluer l’impact, largement positif de toute évidence. Il a annoncé qu’il se réunira à nouveau mercredi prochain, pour décider des suites à donner au mouvement. Selon ses dirigeants, le Premier ministre, Fouad Siniora, a promis que la question d’un rajustement des salaires sera examinée – et tranchée – lors du prochain Conseil des ministres. « Si M. Siniora tient parole, tout ira bien, sinon nous envisagerons une escalade de notre mouvement revendicatif », dit-on dans les milieux des enseignants. Une question de pourcentage Mais de quel pourcentage sera le prochain rajustement des salaires ? Se limitera-t-il au smic ou touchera-t-il d’autres tranches de salaires ? Ces deux questions ne sont toujours pas tranchées. Une chose est sûre, quel que soit le cas de figure, ce rajustement servira de point de repère à tous les secteurs économiques et entraînera, sinon une cascade d’autres rajustements, une cascade de grèves sectorielles. Conscient de ce fait, le Premier ministre souhaite prendre son temps, pour en évaluer l’impact sur l’économie et, surtout, les finances publiques, puisque ce rajustement finira nécessairement par affecter le secteur public. Deux propositions de relèvement sont en ce moment débattues. Une première proposition prévoit un relèvement du salaire minimum de 300 000 LL à 450 000 ou 500 000 LL Ce relèvement de 40 % serait assorti du paiement d’une indemnité de vie chère de 150 000 LL qui ne serait pas comptabilisée avec le salaire de base, et dont les patrons n’auront pas à tenir compte, ni pour la Sécurité sociale ni pour les indemnités de fin de service. La CGTL, pour sa part, rappelant que les salaires n’ont pas bougé depuis 1996, souhaite que le salaire minimum soit fixé à 960 000 LL. Par ailleurs, une proposition minimaliste du ministre de l’Économie, Sami Haddad, prévoit une augmentation de 75 000 du salaire minimum. En tout état de cause, M. Haddad a affirmé que l’augmentation des salaires interviendra d’ici à la fin du mois. Pour ce qui concerne les autres tranches de salaires, les débats sont ouverts. Des voix s’élèvent pour que les rajustements n’affectent que les tranches de salaires inférieures ou égales à 1 million de LL. D’autres pour qu’une majoration de 7 % soit accordée aux salaires supérieurs à 1 million de LL... De leur côté, les enseignants du privé réclament un rajustement uniforme de 25 % des salaires, tout en affirmant que les inflations successives ont laminé jusqu’à 50 % de leur pouvoir d’achat. Il affirment, par exemple, se basant sur un indice établi par la BDL, que l’inflation a atteint 7 % pour la seule année 2007, et que les prix grimpent depuis début 2008 à une cadence effrénée. Prudents, les professeurs à plein-temps de l’UL ont mis en garde contre les effets contraires d’une majoration des salaires qui serait décidée à l’ombre des divisions politiques actuelles. On comprend donc la raison pour laquelle le prochain Conseil des ministres est impatiemment attendu. Fady NOUN

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