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Un peu de Pinault et beaucoup de Picasso au Palazzo Grassi de Venise

14/11/2006
À Venise, la deuxième saison du Palazzo Grassi de François Pinault a ouvert au public avec un nouvel et court aperçu de sa riche collection personnelle et un hommage à Picasso, revisité dans ses années légères et heureuses au sortir de la Seconde Guerre mondiale. L’exposition «Picasso, la joie de vivre, 1945-48» présente quelque 250 œuvres du peintre-sculpteur, dont une centaine sont issues d’un musée déjà existant mais actuellement fermé pour travaux à Antibes, dans le sud de la France. C’est dans cette petite ville baignée par le soleil, au bord de la Méditerranée, que le maître du cubisme s’installe en 1946, à 60 ans passés et après avoir été bloqué plusieurs années à Paris par l’occupation allemande. Libre de ses mouvements et accompagné d’une nouvelle muse, Françoise Gilot, de 40 ans sa cadette, «Picasso retrouve une paix qui lui donne un nouvel élan dans sa création», a expliqué le commissaire de l’exposition, également conservateur en chef du musée d’Antibes, Jean-Louis Andral. «Hors de toute idéologie, son œuvre est alors un chant du bonheur, un chant de la Méditerranée et un chant de la peinture», a ajouté Pierre Daix, écrivain et spécialiste de l’œuvre de Picasso, lors de la présentation de l’exposition à la presse. Les natures mortes aux têtes de poissons ou aux oursins en témoignent, tout comme le travail sur la céramique que le peintre-sculpteur découvre dans la région. La mythologie méditerranéenne est également explorée et Picasso, très prolifique dans sa production, multiplie les motifs de centaures, de nymphes et de faunes sur ses tableaux ou les plats en terre de faïence. Souvent joyeux, un instrument de musique aux lèvres, ceux-là sont réunis dans l’œuvre la plus emblématique de la «période d’Antibes», La joie de vivre, aux tons bleus et jaunes, où une femme nue rappelle l’image de l’Éden. «Il nous paraissait important d’ouvrir une fenêtre sur l’art du XXe siècle avant de revenir à la collection Pinault (d’art contemporain) en 2007», a déclaré à l’AFP le directeur général de Palazzo Grassi, Jean-Jacques Aillagon. Les amateurs d’art contemporain pourraient être déçus par la sélection «post-pop» de la collection Pinault, une quarantaine d’installations pour partie déjà présentes entre les mêmes murs lors de la précédente exposition («Where are we going?», 30 avril-1er octobre 2006). À côté des œuvres toujours en place de Jeff Koons, l’exposition offre des espaces aux Américains Paul McCarthy et Ed Ruscha. La sélection fait aussi la part belle au Young British Art, le groupe d’artistes devenus célèbres en Grande-Bretagne dans les années 90, dont Damien Hirst, les frères Chapman et Sarah Lucas. «Le Palazzo Grassi n’a jamais été conçu comme un écrin pour la collection Pinault, mais comme un espace pour des expositions temporaires sur l’art contemporain, l’art du XXe siècle et l’histoire des civilisations», a tenu à rappeler M. Aillagon, alors que le flou règne sur le projet de François Pinault d’installer une partie de sa collection dans les bâtiments désaffectés de la Pointe de la Douane, à Venise. L’entrepreneur français, qui avait racheté le Palazzo Grassi en avril 2005 pour quelque 29 millions d’euros, dispose d’une collection de quelque 2000 œuvres, commencée il y a plus de trente ans, et qui couvre tous les champs des arts plastiques contemporains. Par Andrea BAMBINO (AFP)

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