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Syrie - À Londres, le Front de salut national exhorte la population à vaincre sa peur et à renverser le régime L’opposition en exil appelle l’armée à assumer ses « responsabilités historiques »

06/06/2006
L’opposition syrienne en exil, réunie au sein du Front de salut national (FSN), a appelé depuis Londres hier les Syriens et les forces armées du pays à « briser les barrières de la peur » pour en finir avec le régime de Damas. «Il n’y a pas de doute que le régime va tomber », a lancé le FSN dans une déclaration clôturant son congrès fondateur à Londres. « Donc, chers concitoyens, brisez les barrières de la peur qui ont été mises en place pendant des décennies, comme l’ont fait vos aïeux lorsqu’ils ont obtenu l’indépendance de la Syrie. » Le FSN, qui regroupe une cinquantaine de personnalités de l’opposition syrienne, dont l’ancien vice-président syrien, Abdel Halim Khaddam, et le chef des Frères musulmans de Syrie, Ali Sadreddine al-Bayanouni, a également appelé « les forces armées (syriennes) à assumer leurs responsabilités nationales et historiques en étant l’armée du peuple ». S’adressant aux forces de sécurité du régime du président Bachar el-Assad, « particulièrement les officiers employés par le régime pour infliger des injustices aux citoyens », il les a invitées « à prendre leurs responsabilités morales et nationales et à refuser d’obéir aux ordres » ou « à participer aux crimes du régime ». En revanche, le FSN s’est opposé à toute ingérence étrangère dans les affaires syriennes. Il s’est prononcé pour « la construction d’un État moderne, civil et démocratique, basé sur la pluralité et le transfert pacifique du pouvoir » basé sur un système politique avec des élections libres sans « violations des droits » d’aucun groupe, religieux ou ethnique. Notre « option stratégique est le changement d’un régime établi sur une prise de pouvoir illégale et la coercition et a perdu toute raison d’être », ont affirmé les participants à la conférence. Les alaouites, partenaires du changement Fait inhabituel, ils ont également affirmé que les alaouites – la minorité religieuse qui domine le pouvoir à Damas autour de la famille du président Assad – sont les « victimes de la famille dirigeante » et « seront un partenaire dans un changement démocratique ». Mais pour ne pas se distinguer de l’opposition « de l’intérieur », regroupée au sein de la « Déclaration de Damas », le FSN a pris soin de préciser qu’il n’était pas « un substitut à un quelconque groupe d’opposition, y compris la Déclaration de Damas, qu’il considère comme la pierre angulaire » de l’opposition. Lancée en octobre 2005, cette dernière réunit plusieurs partis (communiste, nationaliste, libéral et kurde) et appelle à un « changement démocratique radical » en Syrie. Son comité provisoire avait lancé un avertissement le 6 avril aux Frères musulmans leur demandant de choisir entre la « Déclaration » et le FSN. Le congrès du FSN, auquel participaient des représentants kurdes, indépendants et des communistes, intervient au moment où le régime syrien est soumis à une intense pression de la communauté internationale, qui lui réclame une coopération totale dans l’enquête sur l’assassinat à Beyrouth de Rafic Hariri. Il a désigné MM. Khaddam et Bayanouni respectivement aux postes de numéro un et numéro deux du FSN. Abdel Halim Khaddam, 73 ans, l’une des principales figures de la « vieille garde » du parti Baas, vit en exil à Paris depuis l’été 2005. Il accuse le président Bachar el-Assad d’avoir ordonné l’assassinat de Rafic Hariri. La justice syrienne l’accuse, elle, de « haute trahison » et de « corruption ». Sadreddine al-Bayanouni vit pour sa part en exil à Londres. La révolte des Frères musulmans, qui constituait la force d’opposition la plus structurée contre le régime, avait été violemment réprimée au début des années 1980.

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