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Actualités - CHRONOLOGIE

Christian Chesnot et Georges Malbrunot toujours entendus par la DGSE pour un « debriefing », au lendemain de leur retour au pays Les interrogations persistent sur les ex-otages français, la polémique rebondit entre Julia et Paris

Les deux journalistes français de retour d’Irak, quatre mois après leur enlèvement, étaient entendus hier par les agents de la DGSE (Services secrets français) pour un « debriefing », alors que les questions se font pressantes autour de leur libération. Un point était hier au centre d’une vive polémique : le rôle exact joué par le député de la majorité, Didier Julia, qui avait tenté en vain fin septembre une médiation parallèle, que le gouvernement avait désavouée. L’un des ex-otages, Georges Malbrunot, à peine descendu d’avion, a eu des mots très durs contre le député, parlant d’opération ne méritant « que le mépris ». La polémique a rebondi entre le ministre français des Affaires étrangères, Michel Barnier, et ce député. M. Julia a qualifié hier M. Barnier de « ministre complètement nul », ajoutant que les 124 jours de détention des otages « ont été quatre mois d’incompétence du ministre des Affaires étrangères ». De son côté, le chef de la diplomatie a estimé que le député devra « répondre à des questions qui se sont posées », ajoutant : « Il y a des gens qui n’ont pas fait preuve d’esprit civique, de responsabilité. » Il a également déclaré : « Je n’ai aucune intention de perdre du temps, parce que je suis ministre de la République, dans des polémiques de cette nature. Elles sont en effet méprisables et ça ne m’intéresse pas de les poursuivre ou même de les engager. » C’est dans ce contexte passionnel que Christian Chesnot, 38 ans, et Georges Malbrunot, 41 ans, sont arrivés mercredi soir à Paris, où les attendaient leurs proches et le président Jacques Chirac. Très vite, les deux journalistes ont été pris en charge par les hommes de la DGSE. Ils étaient toujours entendus hier « dans un cadre familial et reposant », a indiqué le porte-parole du ministère de la Défense, Jean-François Bureau, précisant que « tout se fait de façon détendue ». MM. Chesnot et Malbrunot seront « à la maison pour le réveillon » de Noël, a-t-on ajouté de même source. Même s’ils ont, mercredi soir, décrit leur détention (dans plusieurs lieux différents à Bagdad et ses environs) et leur libération, le maximum de détails à connaître est important pour les « services ». La ministre de la Défense, Michèle Alliot-Marie, a estimé que « les Français ont le droit de savoir » ce qui s’est réellement passé pendant ces 124 jours de détention. On sait en effet peu de choses sur l’Armée islamique en Irak, qui a revendiqué l’enlèvement de MM. Chesnot et Malbrunot, avec leur guide syrien Mohammed al-Joundi. Le même groupe, en annonçant mardi, via la télévision al-Jazira, leur libération s’est borné à expliquer qu’il avait été établi que les deux Français n’étaient pas des espions américains, et que la politique française – décriée par Washington – était jugée positive vis-à-vis du conflit irakien. Côté français, le gouvernement affirme qu’aucune rançon, contrepartie ou autre monnaie d’échange n’a été accordée aux ravisseurs, qui n’en ont jamais fait la demande. De son côté, M. Barnier a déclaré que la libération des deux otages était de bout en bout « une opération française » menée par la DGSE « jusqu’au moment du dénouement ». Le ministère de la Défense a précisé que la DGSE a mobilisé « 100 personnes » en permanence pour obtenir la libération des otages, devenue « la priorité numéro un du service », ajoutant que l’opération de récupération avait été « dangereuse ». Le porte-parole du ministère a souligné que c’était les hommes du « Service Action » de la DGSE qui ont mené le processus d’extraction des deux journalistes, ainsi que leur transfert par avion de Bagdad à Chypre. Hier, la presse parisienne résumait le double sentiment de soulagement tempéré par beaucoup de zones d’ombre. « La joie... et les questions », titrait ainsi Le Parisien (populaire) tandis que Libération (gauche) souhaitait voir « se dissiper l’obscurité » autour de cette affaire. Par ailleurs, Fabienne Nerac, la femme du caméraman français Fred Nerac, disparu au printemps 2003 en Irak, a dit hier espérer que la libération des deux journalistes puisse apporter des informations sur le sort de son mari. M. Nerac travaillait pour la chaîne de télévision britannique ITN.

Les deux journalistes français de retour d’Irak, quatre mois après leur enlèvement, étaient entendus hier par les agents de la DGSE (Services secrets français) pour un « debriefing », alors que les questions se font pressantes autour de leur libération. Un point était hier au centre d’une vive polémique : le rôle exact joué par le député de la majorité, Didier Julia, qui avait...