Un concert de jazz oriental a été donné vendredi dernier, en partenariat avec Mozart Chahine, par Élie Rizkallah et l’ensemble For Ever Band, dans la cour de Kaïssarieh à Deir el-Qamar. Un concert, apprécié par les jeunes et les moins jeunes, où l’Orient a rejoint l’Occident en une harmonie hors du commun, voire magique. D’ailleurs, cet événement a coïncidé avec le centième anniversaire du blues dans le monde et plus précisément au États-Unis où il est fêté depuis le 1er juillet.
Élie Rizkallah, dont le talent musical a été forgé au Conservatoire national, a effectué ce soir-là son premier essai avec le For Ever Band; un essai des plus réussis, d’ailleurs. Avec sa voix grave et mélodieuse de baryton, le jeune soliste, dont d’habitude les interprétations penchent vers la musique arabe classique, a tenté en cette soirée une nouvelle expérience: mixer les chansons orientales et la musique jazz et blues occidentale.
Les chansons au programme étaient toutes issues soit du folklore (Bent el-chalabiya), soit de grands compositeurs et écrivains libanais. Parmi ces derniers: les frères Rahbani (Men Rawabina el-qamar, Nehna wel qamar jiran), Ghadi Rahbani (Beyt el-Byout), Zaki Nassif (Habayebna Hawaleyna, Ahwak), ainsi que Roméo Lahoud (Tcharrafna, Chou fi Khalf el-Baher).
Quant à l’ensemble For Ever Band, fondé il y a environ cinq ans, il est formé de cinq musiciens: Toni Dib à l’accordéon et au clavier, Toni Campbel à la guitare, Jean Lahoud au saxophone, Élie Affif à la basse et Roni Affif à la batterie et aux percussions. À mentionner que Toni Dib, Toni Campbel et Jean Lahoud sont tous trois professeurs au Conservatoire national supérieur de musique.
Le concert était composé d’une introduction musicale suivie de douze chansons entrecoupées de deux intermèdes musicaux. L’ambiance était magique; l’audience, comme hypnotisée, écoutait dans un silence quasi-religieux. Les intonations envoûtantes de Élie Rizkallah s’harmonisaient parfaitement avec les accents mélancoliques du saxophone et de la guitare. À croire que ce nouveau «mariage» oriental/occidental serait de loin meilleur que la combinaison d’origine, à cent pour cent orientale, des chansons.
À la fin de chaque interprétation, le chanteur et les musiciens étaient chaleureusement acclamés par le public. L’on aurait dit que le jazz, alias les «notes bleues», une musique douce, quoique rythmée par les instruments à percussion, avait été spécialement conçu pour s’accorder avec les paroles et l’ambiance de ces chansons.
Nehna wel qamar jiran, La tansani, Ahwak et tant d’autres classiques libanais ont acquis, à travers la voix magnifique de Élie Rizkallah sur fond de «notes bleues», une nouvelle résonance qui a fait écho dans les cœurs des spectateurs.
Salués par des ovations enthousiastes et en guise de remerciements au public, le chanteur et les musiciens ont clôturé le concert en interprétant une seconde fois l’ultime chanson du répertoire : Gharibeyn wa leyl, de Mansour Rahbani.
Myriam NAJM
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