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HISTOIRE - La vente par Napoléon sonnait le glas du rêve impérial aux USA Il y a 200 ans, la Louisiane devenait américaine

Il y a 200 ans, le 30 avril 1803, Napoléon Bonaparte cédait la Louisiane aux États-Unis, une vente qui sonnait le glas du rêve impérial de la France en Amérique du Nord et allait contribuer à faire de la jeune république américaine une puissance mondiale. Cette transaction immobilière, la plus importante de l’histoire, fut conclue de quelques traits de plume, sans qu’aucun coup de feu ne soit tiré, une circonstance qui doit moins à la diplomatie qu’à la chance et aux intrigues sur fond de rêves d’empire contrariés. Janvier 1803. Napoléon Bonaparte tempête: « Foutu sucre ! Foutu café ! Foutues colonies ! » Le premier consul de France vient d’apprendre que l’expédition à Saint-Domingue de son beau-frère a tourné à la catastrophe. Le général Leclerc et ses 24 000 soldats ont péri en tentant de reprendre l’île, secouée par une révolte d’esclaves emmenés par Toussaint Louverture. Le même mois, le président américain Thomas Jefferson, conscient du besoin d’assurer l’avenir économique de la jeune république, décide d’acquérir le port de la Nouvelle-Orléans, débouché commercial incontournable à l’embouchure du Mississippi. Il autorise son émissaire James Monroe à dépenser deux millions de dollars, et plus si nécessaire, pour acheter le port franco-espagnol et la Floride, et obtenir de la France la liberté de navigation sur le Mississippi. « Quelques arpents de terre » En mars 1803, Monroe est dépêché à Paris. En cas d’échec, Jefferson n’exclut pas de les prendre par la force car, confie-t-il, « la future destinée de cette république » en dépend. Trois ans plus tôt, Bonaparte venait de récupérer la Louisiane par le traité secret de San Ildefonso. Pour qu’elle ne devienne pas britannique, celle-ci avait été cédée en effet à l’Espagne en 1763 par Louis XV, après la défaite de la France durant la guerre de Sept Ans. Mais avec la perte de Saint-Domingue qui devait servir de base maritime arrière pour le commerce de la canne à sucre, du café et du coton, Napoléon voit son projet d’un empire français en Amérique du Nord s’effondrer. Face aux 20 navires anglais dans le golfe du Mexique, il sait qu’il ne pourra défendre longtemps le port français face à la puissance maritime anglaise et que, tôt ou tard, les Américains finiront par s’emparer de ces « quelques arpents de terre ». Le 10 avril, sa décision est prise. « Je connais tout le prix de la Louisiane et j’ai voulu réparer la faute du négociateur français qui l’a abandonnée. Quelques lignes d’un traité me l’ont rendue et à peine je l’ai recouvrée que je dois m’attendre à la perdre. Les Anglais n’auront pas le Mississippi qu’ils convoitent. Je songe à la céder aux États-Unis. Je considère la colonie comme perdue et il me semble que, dans les mains de cette puissance naissante, elle sera plus utile à la politique et même au commerce de la France que si je tentais de la garder. » Quand Monroe arrive à Paris, il est tout étonné de se voir proposer toute la province. Le 30 avril, trois conventions sont signées par lesquelles les États-Unis acquièrent 2,1 millions de km2 (quatre fois la France) au prix de 15 millions de dollars de l’époque (80 millions de francs), soit environ sept dollars/km2. Le montant, considérable pour l’époque puisqu’il représente 1,5 fois le produit national brut (PNB) des États-Unis, est financé par le biais d’obligations à 6 % auprès de banques hollandaises et anglaises. Le traité signé, Napoléon Bonaparte se félicite: « Cette accession de territoire affermit pour toujours la puissance des États-Unis et je viens de donner à l’Angleterre une rivale maritime qui, tôt ou tard, abaissera son orgueil. » Le 20 décembre 1803, les couleurs américaines sont hissées sur la Nouvelle-Orléans.

Il y a 200 ans, le 30 avril 1803, Napoléon Bonaparte cédait la Louisiane aux États-Unis, une vente qui sonnait le glas du rêve impérial de la France en Amérique du Nord et allait contribuer à faire de la jeune république américaine une puissance mondiale. Cette transaction immobilière, la plus importante de l’histoire, fut conclue de quelques traits de plume, sans qu’aucun coup de...