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Iran - Après cinq ans de résidence surveillée, l’ayatollah dissident veut intervenir en politique À peine libéré, Montazeri critique Khamenei (photo)

L’ayatollah iranien dissident Hossein Ali Montazeri, libéré jeudi matin après plus de cinq ans de résidence surveillée, a critiqué implicitement le guide suprême du régime, lors de son premier discours public, et a affirmé sa volonté d’intervenir dans le débat politique. Devant plus de six cents fidèles, rassemblés dans la salle de réunion de sa maison, le dissident de 80 ans a affirmé que « Dieu qui est le maître (absolu) a accordé à tous les croyants un pouvoir de commandement religieux. Mais ce pouvoir n’est pas absolu, il est limité ». Une critique implicite du guide suprême, l’ayatollah Ali Khamenei. Très souriant et en bonne forme physique, l’ayatollah Montazeri, qui portait l’habit religieux, notamment un turban blanc sur la tête, a plaisanté avec ses visiteurs à plusieurs reprises. « Je me porte très bien et je n’ai pas perdu la mémoire comme certains l’ont laissé entendre », a-t-il dit. Ces dernières semaines, ses fils et ses médecins avaient pourtant affirmé qu’il était très affaibli et dormait plus de 14 heures par jour. Ex-dauphin de l’imam Khomeiny (le fondateur de la République islamique), l’ayatollah Montazeri est tombé en disgrâce quelques mois avant la mort de ce dernier en 1989 pour avoir critiqué sévèrement le pouvoir et en particulier la répression politique et culturelle. En 1997, après avoir mis en cause l’autorité politique et religieuse de l’ayatollah Khamenei, il avait été placé en résidence surveillée dans sa maison de Qom, principale ville sainte du pays. Malgré plus de cinq ans d’isolement presque complet, il semble avoir gardé toute sa combativité et sa détermination. « Ma libération n’est pas conditionnelle et (mes fils et moi-même) n’avons accepté aucune condition comme cela a été dit à tort. Je ne demande rien à personne excepté à Dieu », a dit M. Montazeri aux journalistes présents. « Comme durant ma détention, je continuerai à répondre aux questions (politiques et religieuses) et à agir, c’est mon devoir religieux », a-t-il ajouté. Répondant aux conservateurs qui le critiquaient pour ses déclarations aux radios étrangères qui émettent en persan vers l’Iran, il a déclaré : « Lorsque notre radio ne diffuse pas nos paroles, nous sommes obligés de parler aux radios étrangères. Au moment de la révolution, l’imam Khomeiny parlait aux radios étrangères et personne n’osait le critiquer. » La présence à ses côtés de membres des Gardiens de la révolution (l’armée révolutionnaire créée au lendemain de la chute de l’ancien régime) chargés de le protéger ne semble guère l’affecter. Ce sont ces mêmes Gardiens qui étaient chargés pendant cinq ans de le maintenir dans un isolement presque total. Après sa libération, l’ayatollah Montazeri est d’abord allé, accompagné par ses deux fils et des proches, au grand mausolée de Qom et sur la tombe de son fils Mohammed, tombé en « martyr » un an après la révolution islamique de 1979. Puis, toute la matinée, partisans et dignitaires religieux ont défilé dans sa maison. Le religieux dissident Mohsen Kadivar, emprisonné il y a trois ans à cause de ses critiques du pouvoir, et les grands ayatollahs Youssef Saneï et Seyed Abdolkarim Moussavi Ardebili, proches des réformateurs, lui ont rendu visite. Dans l’après-midi, l’ayatollah Jalaleddine Taheri, ancien imam de la prière d’Ispahan, qui a récemment démissionné pour protester contre la dérive du régime islamique, devait lui rendre visite. Selon son fils Ahmad Montazeri, l’ayatollah libéré recevra deux fois par jour les visiteurs. Il compte aussi se rendre dans les villes d’Ispahan (dont il est originaire) et Machhad (seconde ville sainte du pays). L’ayatollah Montazeri a de nombreux partisans à travers le pays, notamment au Parlement, au gouvernement et dans les hautes sphères de l’administration, où de nombreux réformateurs suivent encore son enseignement religieux. Les réformateurs espèrent que sa libération permettra de rééquilibrer la balance dans leur difficile bras de fer avec les conservateurs, qui n’ont cessé depuis plus de cinq ans d’empêcher, par une politique d’obstruction systématique, la mise en œuvre des réformes du président Mohammad Khatami.

L’ayatollah iranien dissident Hossein Ali Montazeri, libéré jeudi matin après plus de cinq ans de résidence surveillée, a critiqué implicitement le guide suprême du régime, lors de son premier discours public, et a affirmé sa volonté d’intervenir dans le débat politique. Devant plus de six cents fidèles, rassemblés dans la salle de réunion de sa maison, le dissident de 80 ans a...