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Actualités - Chronologie

Monnaie - L'Equateur abandonne le sucre, une devise vieille de 115 ans, au profit du billet vert La dollarisation progresse en Amérique latine

L’adoption du dollar américain comme nouvelle monnaie nationale dimanche dernier en Équateur marque une nouvelle avancée de la dollarisation en Amérique latine, prônée notamment par l’ex-président argentin Carlos Menem et par des parlementaires aux États-Unis. L’Équateur est le second pays de la région à abandonner sa monnaie au profit du billet vert, après le Panama qui a choisi une telle option dès 1904, réussissant ainsi à limiter son inflation et ses taux d’intérêt à des niveaux proches de ceux des États-Unis. Le Costa Rica et le Salvador ont également manifesté récemment leur intérêt pour une telle orientation. Le président costaricien, Miguel Angel Rodriguez, a ainsi accepté de discuter d’une éventuelle dollarisation, proposée par le président de la Banque centrale. Le ministre des Finances du Salvador, José Trigueros, a pour sa part rappelé que la dollarisation est «une des alternatives qui a toujours existé» dans son pays. Pour ses partisans, la dollarisation permettrait aux pays latino-américains d’éliminer les risques d’attaques contre leur monnaie et de limiter les répercussions des crises financières internationales ou régionales. Elle réduirait l’inflation et les taux d’intérêt, encouragerait les investissements et stimulerait l’économie des pays y ayant recours. Selon Carlos Menem – dont le pays a adopté en 1991 un système de convertibilité avec une parité de un à un entre le peso et le dollar – la dollarisation, conséquence directe de la globalisation financière, est «inéluctable» en Amérique latine. L’ex-président a indiqué qu’il l’appliquerait s’il revenait au pouvoir en 2003 en Argentine, où, fait-il remarquer, plus de 60 % des dépôts bancaires et des emprunts et 92 % de la dette extérieure sont libellés en dollars. L’actuel président argentin, Fernando de La Rua, a rejeté énergiquement l’abandon de la monnaie nationale au profit du dollar, tout comme les dirigeants du Mexique et du Brésil, affectés, respectivement en 1994 et en 1998, par des crises financières majeures qui les ont contraints à laisser flotter leur monnaie. Une telle hypothèse est «impensable», a lancé le président brésilien Fernando Henrique Cardoso. Le plus farouche adversaire de la dollarisation reste cependant Fidel Castro, qui a affirmé début 1999 qu’«un pays sans sa propre monnaie n’est rien et ceux qui y ont renoncé sont condamnés à couler». Estimant que l’Amérique latine n’est pas prête «ni politiquement ni économiquement» pour la dollarisation, le président de la Banque interaméricaine de développement (BID), Enrique Iglesias, a par contre jugé réaliste l’adoption d’une monnaie unique régionale, notamment dans le Mercosur (Argentine, Brésil, Uruguay et Paraguay). Les autorités monétaires et financières américaines ont jusqu’à présent évité de se prononcer clairement pour ou contre la dollarisation, se contentant de constater que les États-Unis, qui sont déjà la première source de capitaux et de la moitié des marchandises et services importés par l’Amérique latine, profiteraient de la stabilité économique et de la plus grande prospérité de ses voisins du Sud entraînés par l’utilisation généralisée du billet vert. La dollarisation de l’ensemble des Amériques et des Caraïbes constitue le cheval de bataille de parlementaires américains, tels les républicains Paul Ryan et Connie Mack, qui ont déposé à Washington des projets de loi visant à inciter les pays de la région à l’appliquer.
L’adoption du dollar américain comme nouvelle monnaie nationale dimanche dernier en Équateur marque une nouvelle avancée de la dollarisation en Amérique latine, prônée notamment par l’ex-président argentin Carlos Menem et par des parlementaires aux États-Unis. L’Équateur est le second pays de la région à abandonner sa monnaie au profit du billet vert, après le Panama qui a choisi une telle option dès 1904, réussissant ainsi à limiter son inflation et ses taux d’intérêt à des niveaux proches de ceux des États-Unis. Le Costa Rica et le Salvador ont également manifesté récemment leur intérêt pour une telle orientation. Le président costaricien, Miguel Angel Rodriguez, a ainsi accepté de discuter d’une éventuelle dollarisation, proposée par le président de la Banque centrale. Le ministre des Finances du...