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Signature "Etoiles d'araignée" de Rita Baddoura, à la Galerie Emmagos, demain, de 18 à 21 heures Instinct de poésie (photo)

CHRONOLOGIE
17/04/2000
Dans tout ce qui est publié sous le label «poésie», il faut, bien plus qu’ailleurs, séparer le bon grain de l’ivraie. Avec Étoiles d’araignée, Ritta Baddoura propose une écriture et une sensibilité intéressantes. L’étudiante en droit de 19 ans, qui s’adonne à l’écriture et au dessin depuis son enfance, a décidé, dix ans plus tard, de franchir le pas et de publier ses tout derniers poèmes, rédigés entre 1998 et 1999. «En 1997, je prenais des cours de dessin chez Jean-Paul Guiragossian. Le contact passant très bien entre nous, j’ai eu envie, pour la première fois, de faire lire mes poèmes. Il les a beaucoup aimés, et il les a montrés à des artistes, des professeurs et des écrivains», raconte-t-elle. Encouragée par ses aînés, Ritta Baddoura publie ses poèmes. Étoiles d’araignée est un titre en forme de jeu de mots, mais pas seulement. Le titre de son recueil était pour elle «très important, et j’avais toujours en tête les mots forts des Fleurs du Mal et de L’écume des jours». Mis à part qu’elle aime les nébuleuses et les insectes, elle ajoute que «l’araignée est un être parfait et paradoxal, qui tisse sa toile de son propre intérieur. Elle possède en même temps de la force et de la fragilité». Quant à l’étoile, «elle représente le rêve et elle aussi produit une lumière en elle-même». Et pourquoi Prévert en exergue ? «Il est pour le lecteur une sorte d’orientation spirituelle», explique-t-elle. Le mot ne pardonne pas Les poèmes de Ritta Baddoura suivent la lignée moderne : très courts, rarement rimés, assez épurés. «Ils ont été écrits dans la souffrance», explique-t-elle. «Quand je dois exprimer quelque chose, je suis comme paralysée. Les mots doivent sortir. Quand c’est fait, je suis vidée». Si la forme est somme toute attendue, les thèmes abordés par le jeune écrivain sont particuliers, à commencer par une dose certaine de sensualité. En citant Baudelaire, «qui est arrivé à l’équilibre entre le bien et le mal, et qui est, en même temps, si spirituel et si sensuel», elle affirme que «l’érotisme est à la base de tout». Et ajoute : «Pour exprimer le désir, il n’y a qu’un seul support : le corps». Elle n’hésite pas à dire ce qu’elle a sur le cœur, mais surtout ce qu’elle sent, ce qu’elle ressent. Une bonne chose dans une société où les tabous et la censure vont bon train. Mais elle n’écrit pas pour les autres : «Je laisse parler mon instinct». L’instinct correspond ici à une sorte de symbiose avec la grande matrice qu’est la Terre et tous ses habitants : un tronc d’arbre, un insecte, qui ont tous une chair, une pulpe même, et que Ritta Baddoura s’approprie. Elle peint aussi, sans avoir encore exposé. Elle raconte qu’enfant, dans sa maison de Deir el-Qamar, elle prenait les mesures exactes des tableaux accrochés au mur : «La nuit, je venais les couvrir de mes propres dessins qui étaient comme encadrés». Pourquoi avoir préféré les mots à la couleur ? «Ils sont moins abstraits qu’elle, mais il est unique. Un mot ne peut pas en remplacer un autre. En fait, il ne pardonne pas. Avec le mot, on ne peut pas divaguer», affirme-t-elle. Ce n’est pas facile de demander aux mots d’exprimer la pensée ou la sensation exactes. Pour Ritta Baddoura, «l’écriture domine. On perd tout le temps. Parfois, il m’arrive même de renoncer à dire». À découvrir.

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