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COMMUNIQUES ET DECLARATIONS

Coopération - Le PDG de RFI, Jean-Claude Cluzel, a clôturé hier sa visite de travail au Liban La future RMC-Beyrouth ? « Une vision francophone de l’actualité, en arabe »

 Jean-Claude Cluzel. Il est l’actuel PDG de Radio France Internationale (RFI), et il vient de clôturer hier une visite de travail de quelques jours à Beyrouth - visite au cours de laquelle il a rencontré, entre autres, le chef de l’État, Émile Lahoud. «Nous avons placé tout notre entretien dans la perspective du sommet (de la francophonie en 2001)», avait-il déclaré à l’issue de sa visite à Baabda. Avec lui, L’Orient-Le Jour a voulu creuser, un peu plus, le sillon. Avec nous, il a raconté RFI – un petit historique, une espèce d’état des lieux actuel de la grande radio, il s’est penché, aussi, sur le pourquoi et le comment de sa visite à Beyrouth. Et puis nous avons parlé de lui. Immanquablement. «RFI a été créée, du moins dans sa configuration actuelle, par l’actuel président du Conseil supérieur de l’audiovisuel, Hervé Bourges, en 1982. Sauf qu’elle est l’héritière d’une longue tradition, elle remonte en fait à l’exposition coloniale de 1930. RFI n’est pas une radio de gouvernement, c’est une radio indépendante». Indépendante, certes, mais publique, parce que subventionnée presque uniquement par les deniers de l’État français. «RFI a un statut et des fonctions tout à fait comparables à ceux du World Service de la BBC, et son indépendance est protégée par une loi de 1986, confortée par la loi Trautmann de juillet 2000, en élargissant sa vocation à l’ensemble du multimédia». De qui est constitué son conseil d’administration ? «Les représentants de l’État, au nombre de quatre, sont minoritaires et ce sont quatre personnalités universitaires, spécialistes des médias et désignées par le CSA, qui sont majoritaires. Il y a également un sénateur de droite, un député de gauche, ainsi que deux représentants du personnel». Et vous ? «Moi je représente le Premier ministre. C’est Alain Juppé qui m’a nommé pour la première fois en 1995 et c’est Lionel Jospin qui m’a renouvelé en 1998». Radio-Liban/RFI : la plus importante coopération Quel rang occupe RFI aujourd’hui ? «C’est la troisième ou quatrième radio mondiale. Je vous donne quelques chiffres : 45 millions d’auditeurs réguliers – on entend par auditeurs réguliers ceux qui nous écoutent au moins une fois par semaine. À Paris, nous faisons 2 % d’audience, alors que le World Service de la BBC n’émet même pas à Londres, et nous sommes également sur le bouquet radio de Canal Satellite. Notre budget est de 800 millions de FF, nous avons 350 journalistes, et mon principal souci, c’est de les faire travailler ensemble, toutes nationalités confondues, dans le cadre d’une ligne directrice commune. La moitié de ces 350 journalistes travaille en français, l’autre en 19 langues étrangères». Et l’arabe ? «L’arabe est la plus importante de ces langues étrangères, grâce à notre filiale RMC Moyen-Orient : nous avons une trentaine de journalistes arabophones. Par rapport à l’étranger, nous avons 300 correspondants. Quant à notre présence... Nous avons un réseau d’émetteurs à peu près complet, ondes courtes et ondes moyennes, qui couvre à peu près toute la planète. Au M-O, notre émetteur se trouve à Chypre, il émet sur 1233 MHz. Nous avons également un réseau d’émetteurs FM, dans 80 villes du monde dont Amman, Doha, Manama, Khartoum, Nouakchott, Sanaa et Aden bientôt, et qui émettent 24h/24». Tous les correspondants sont sur place ? «Oui. Tout est produit à Paris, tous les journalistes sont à Paris. Et puis nous avons également 160 radios étrangères qui reprennent partiellement notre signal, la plus importante d’entre elles étant Radio-Liban. Aucune, au niveau mondial, n’a l’ampleur de la coopération, en langue française, que nous avons avec Radio-Liban». Ce qu’il faut surtout savoir c’est que RFI a une filiale, qu’elle l’a à 100 %, et cette filiale s’appelle RMC. Pourquoi alors avoir gardé le distingo entre les deux radios ? «RMC est beaucoup plus connue dans le monde arabe, voilà pourquoi nous lui avons gardé une raison sociale propre. Mais éditorialement, la ligne directrice de RMC est exactement la même que celle de RFI». Une complémentarité à tous égards Quelles sont les raisons de votre présence à Beyrouth ? «D’abord, et c’est clair, ma visite rentre dans l’optique de la préparation du sommet de la francophonie. Et puis nous avons deux champs d’action : d’abord, un point que je ne souhaiterais qu’évoquer, pour l’instant, c’est la naissance de RMC M-O à Beyrouth. Du moins je l’espère vivement». Pourquoi ? Cela pose un problème ? «RFI respecte, par définition, la loi des pays dans lesquels elle s’établit. Nous ne pouvons nous établir en FM qu’avec l’accord des autorités locales et selon les procédures locales». On dit que vous allez certainement l’avoir, votre onde... «Je l’espère sincèrement. Et puis le second point, primordial s’il en est, c’est le renforcement de notre coopération avec Radio-Liban». Comment ? «Radio-Liban, pour l’instant, ne diffuse que sur Beyrouth, et il serait très intéressant d’avoir deux émetteurs supplémentaires pour couvrir le Nord et le Sud. Et d’autre part, vous savez que Michelle de Freige fonctionne avec des moyens extrêmement limités, à tous égards». Quelles seraient les propositions de RFI dans cette optique ? «L’aide sera essentiellement d’ordre technique, au niveau des installations, notamment, qui ont été fournis par RFI depuis l’accord de 1995 – cet accord prévoyant la diffusion sur Radio-Liban de 12 heures de programmes RFI». Donc en gros, vous ne vous mêlez pas de la ligne éditoriale de Radio-Liban, vous n’êtes pas responsables non plus des salaires impayés ? «Absolument pas. Par contre, si RFI peut l’aider en matière d’équipement et de formation professionnelle, c’est bien volontiers qu’elle le fera, croyez-moi». Vous ne pensez pas que la future RMC Beyrouth pourrait amoindrir l’impact de Radio-Liban, c’est-à-dire une des plus importantes fenêtres sur la francophonie que nous ayons ici au Liban ? «Mais pas du tout. RMC sera totalement complémentaire par rapport à Radio-Liban, puisque RMC travaille presque uniquement en arabe, à l’exception de trois bulletins d’information en français. RMC est une vision francophone de l’actualité en arabe. C’est tout. RMC est une radio arabophone». Jean-Claude Cluzel a les yeux qui brillent. C’est normal. Lorsque RMC aura une onde à Beyrouth, tout le monde sera gagnant. Et la francophonie, et RFI, et Radio-Liban, et les Libanais, etc. Jean-Claude Cluzel fait du bon travail. Z.M.

 Jean-Claude Cluzel. Il est l’actuel PDG de Radio France Internationale (RFI), et il vient de clôturer hier une visite de travail de quelques jours à Beyrouth - visite au cours de laquelle il a rencontré, entre autres, le chef de l’État, Émile Lahoud. «Nous avons placé tout notre entretien dans la perspective du sommet (de la francophonie en 2001)», avait-il déclaré à l’issue...