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Actualités - CHRONOLOGIE

Traditions L’Inde sous le choc, après le sacrifice d’une femme sur le bûcher funéraire de son mari

Le sacrifice, mardi, d’une femme sur le bûcher funéraire de son mari, dans un village du centre de l’Inde, sous le regard d’une foule approbatrice, a choqué le pays, brutalement confronté à la violence de coutumes ancestrales interdites mais toujours vivaces. Sacrifice volontaire ou forcé, « l’important est que la famille et le village aient apporté un soutien à un tel acte. La femme à leurs yeux a accompli un sacrifice, un geste de loyauté envers son mari », souligne Dileep Padgaonkar, rédacteur en chef du quotidien Times of India. Kuttu Bai, âgée de 65 ans, est morte brûlée dans un village de l’État du Madhya Pradesh (centre), Tamoli, selon le rituel du Sati, ancienne coutume qui obligeait les veuves à se sacrifier après la mort de leur époux. La police pense que Kuttu Bai n’a pas agi de son plein gré, et a arrêté 15 personnes soupçonnées de l’avoir poussée à ce geste. Premiers suspects, deux de ses fils qui auraient ainsi voulu supprimer leur mère pour s’emparer de ses biens. La coutume hindoue du Sati a été interdite en Inde en 1829 par le colonisateur britannique, et de rares cas – trois, selon M. Padgaonkar – en sont connus depuis l’indépendance en 1947, le dernier remontant à 1987. Mais, remarque le journaliste, « le fait qu’en 2002 un tel geste se reproduise signifie que cette loi n’a pas été intériorisée par la société, ceci témoigne de la vigueur de certains comportements néfastes ». Selon la presse, des milliers de villageois ont accouru mardi à Tamoli, à l’annonce d’un sacrifice imminent. Le quotidien Hindustan Times publiait hier en une deux photos, l’une du bûcher, villageois en cercle tout autour, l’autre de la foule compacte des spectateurs, sur lesquelles la femme n’est toutefois pas visible. « La perception qu’une femme mérite le respect et l’admiration, si elle saute (ou si elle est poussée) dans un bûcher, laisse supposer que quelque chose va très mal dans notre société », s’indignait le journal dans un éditorial, dénonçant « une pratique barbare ». Les témoignages divergent. Les uns affirment que la femme, « comme une possédée », a suivi la procession funéraire de son époux, puis s’est assise calmement sur le bûcher. D’autres assurent que Kuttu Bai a été obligée de se jeter dans le brasier par des membres de sa famille. Alertés eux aussi, deux policiers se sont précipités, mais ont dû rebrousser chemin, bombardés de pierres.

Le sacrifice, mardi, d’une femme sur le bûcher funéraire de son mari, dans un village du centre de l’Inde, sous le regard d’une foule approbatrice, a choqué le pays, brutalement confronté à la violence de coutumes ancestrales interdites mais toujours vivaces. Sacrifice volontaire ou forcé, « l’important est que la famille et le village aient apporté un soutien à un tel acte. La...