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Blocages et promesses du partenariat

REPORTAGES
14/04/1999
Plusieurs centaines de personnes venues des vingt-sept pays du partenariat euro-méditerranéen, ont commencé à converger vers Stuttgart, capitale du Land de Bade-Wurtemberg, redoutable cœur d’une industrie d’acier abritant notamment certains des géants de l’automobile (Porsche, Mercedes, Daimler-Chrysler), et celle des machines-outils qui font la réputation de l’Allemagne dans le monde entier. Ils viennent pour assister à des forums de quatre ordres, organisés en marge de la troisième conférence euro-méditerranéenne sur le partenariat, et en attendant la tenue, jeudi 15 et vendredi 16 avril, de cette conférence. Organisé par la Chambre de commerce et d’industrie de Stuttgart, le forum économique s’est ouvert hier, sur le thème général suivant : l’économie en Europe et dans les pays riverains de la Méditerranée, et le processus de Barcelone. Seize mille incitations à des entreprises allemandes ont été lancées, en prévision de ces rencontres qui dureront deux jours, et qui doivent permettre aux pays du pourtour de la Méditerranée, de faire connaître leurs besoins en développement et leurs atouts. Autant dire que pour attirer capitaux et entreprises, l’occasion est en or. Il est permis de douter que le Liban des affaires ait pleinement réalisé l’importance de l’événement, et soit disposé à en profiter. Lundi, la Fondation Friedrich Ebert, à l’initiative de laquelle douze journalistes venus de six pays arabes (Liban, Palestine, Jordanie, Tunisie, Algérie et Maroc) se trouvent à Stuttgart, avait organisé une série de présentations portant sur le processus de Barcelone et sur les divers forums organisés en marge de la conférence. Passionné et éclairant, l’exposé de M. Eberhard Rhein, ancien secrétaire général de la Commission européenne de Bruxelles, a porté sur les motivations premières de ce processus : l’émergence de l’Europe unie comme puissance économique ; la prise de conscience d’un rôle et d’une responsabilité ; la présence, au voisinage de la prospérité européenne, de zones de pauvreté intolérable, ainsi qu’un flux migratif sud-nord aux proportions menaçantes et aux conséquences sociales incalculables. Voici, en quelques mots, les points de départ de ce projet ambitieux dont la construction a commencé en 1995, à Barcelone, et pour lequel des fonds de plusieurs milliards ont été dégagés. Suivi insuffisant Hélas, les réalisations ne sont pas au niveau des espérances, constate Rhein, qui détaille certaines des causes du blocage : le coup de frein brutal donné par Israël, voici deux ans, au processus de paix ; les lenteurs bureaucratiques au processus naissant ; et aujourd’hui, l’apparition du premier conflit européen depuis la Seconde Guerre mondiale : celui du Kosovo. Le processus de Barcelone avait été conçu pour être suivi à deux niveaux : par les officiels des pays engagés d’abord ; par les diverses sociétés civiles – là où elles existent –, ensuite. Le député socialiste européen Jannis Sakellarion devait faire part de l’intention du Parlement européen, d’entamer le dialogue à un troisième niveau : celui des parlementaires. D’accord par ailleurs avec Eberhard Rhein sur les retards regrettables pris par le processus de Barcelone, M. Sakellarion n’en a pas moins annoncé la gestation d’un projet de forum parlementaire euro-méditerranéen destiné à aider l’idée de partenariat à faire son chemin dans les esprits. Comme journalistes, nous avons eu droit également à deux autres présentations : sur le forum des droits de l’homme en Méditerranée et sur le forum syndical de la conférence européenne des syndicats libres (CESL), tous deux préparés conjointement avec la Fondation Friedrich Ebert.

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