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Société - A l'initiative de l'Aumônerie des prisons Danses et chants mexicains à la prison de Roumieh (photos)

REPORTAGES
13/10/1999
À l’initiative de l’Aumônerie des prisons relevant de l’Assemblée des patriarches et évêques catholiques au Liban (APECL), et avec le concours actif de l’ambassade du Mexique et la bénédiction de la direction générale des FSI, un spectacle de chants et de danses folkloriques présenté par la troupe Mexico Fantastico a été organisé hier dans la cour intérieure de la prison centrale de Roumieh, en présence de plusieurs centaines de détenus et d’une foule d’officiels – militaires, diplomates, représentants d’ONG , personnalités religieuses –, aussi satisfaits que curieux de constater les effets de ce divertissement sur la conduite des prisonniers. Le père Élie Nasr, à qui l’on doit ce changement inaccoutumé de l’ordinaire de la prison de Roumieh, a rappelé, dans un mot d’introduction, que voici un an et demi (avril 1998), un mouvement de protestation à coloration presque insurrectionnelle, s’était produit à la prison de Roumieh. Les heurts avaient alors incité le ministre de l’Intérieur à examiner de plus près les conditions de détention, souvent inhumaines, des prisons du Liban. Depuis, un suivi semble avoir été donné aux promesses d’améliorations des conditions de détention. Ainsi, le père Nasr a annoncé pour bientôt la remise en vigueur de l’article 108 du règlement intérieur dont l’application a été abandonnée il y a de nombreuses années. Cet article prévoit des remises de peines substantielles, allant jusqu’à l’amnistie, pour les détenus dont la conduite aurait été irréprochable, a précisé le père Nasr pour L’Orient-Le Jour. Le Conseil des ministres a approuvé la remise en vigueur des dispositions de cet article et a chargé une commission présidée par le juge Georges Ghantous, d’examiner les dossiers des détenus candidats à l’amnistie, a poursuivi l’aumônier des prisons. Selon le père Nasr, entre 400 et 700 détenus de droit commun pourraient prochainement bénéficier de la remise en vigueur des dispositions de l’article 108. Les dossiers des candidats à l’amnistie sont examinés deux fois par an, tous les 15 décembre et 15 juin, prévoit encore l’article en question. Le père Nasr a également promis, pour bientôt, l’adoption de l’année carcérale de 9 mois, comme c’est le cas dans de nombreux pays occidentaux et la possible promulgation d’une loi d’amnistie générale pour tous les crimes commis durant les années de guerre, dans l’esprit du Jubilé de l’an 2000. En cas de récidive, les peines seraient aggravées. L’ambassadeur du Mexique, Edgardo Flores Riva, visiblement ému, a déclaré à son tour que la journée «revêtait une grande signification» pour lui et qu’il était heureux de partager avec les détenus «en cours de réhabilitation» ces instants «de détente et de culture». «Cela nous fait honneur et nous émeut à la fois», a encore déclaré le diplomate mexicain. «L’homme n’est véritablement humain que lorsqu’il place le besoin d’autrui avant le sien propre». Le commandant des FSI, le brigadier Nasser Rahbane, a indiqué pour sa part que la mise en œuvre de l’article 108 du règlement des prisons sera mis en œuvre, insistant sur la nécessité, pour les détenus, de coopérer avec la direction de la prison. Le directeur général des FSI, le général Abdel Karim Ibrahim, représentant le ministre de l’Intérieur Michel Murr, a remercié le père Nasr et l’ambassade du Mexique d’avoir rendu possible le moment et a promis que «des efforts seront déployés pour rendre les prisons plus spacieuses et plus humaines». Au nom des détenus, Hassan Mokdad a enfin lu un mot de remerciements. La fiesta mexicaine pouvait commencer.

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