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Actualités - Chronologie

Les sorties de la semaine Lebowski enfin présent... oublions le reste (photos)

Jusqu’au dernier moment, cela aura été la valse-hésitation, ou plutôt le rock déjanté, avec le film des frères Coen... au point qu’on se demandait si The Big Lebowski allait vraiment sortir (voir notre éditorial, ci-contre). C’est fait: le film est aujourd’hui sur nos écrans. N’en déduisez pas que ce sera un succès: ce drôle d’objet filmique a de quoi dérouter notre public. Par contre, nettement plus sage (et même un peu trop) se présente City of Angels, de Brad Silberling, une incursion «romantique» dans le monde des anges et de leurs amours, par définition, éternels (?). Nicolas Cage et Meg Ryan ont leurs fans. Quant au film de Jamie Blanks, Urban Legend, c’est une déception. Un catalogue de meurtres en série qui rappelle l’exploit douteux de Scream 1 et 2, l’été dernier... Si ce n’est déjà fait, allez plutôt voir The Horse Whisperer, (Robert Redford) et The Truman Show (Peter Weir). Et West Beyrouth (Ziad Doueiri) continue, tout comme Saving Private Ryan (Steven Spielberg). Effets d’annonces: la Semaine du Cinéma européen démarrera, comme prévu, le jeudi 3 décembre. Auparavant, on aura droit, le jeudi 26 courant, à Out of Sight, de Steven Soderbergh, et au nouveau Disney, Mulan, réalisé par Barry Cook et Tony Bancroft. Que suivra, le vendredi 4 décembre, la comédie There’s Something About Mary, de Peter et Bobby Farrelly. Des anges passent... City of Angels de Brad Silberling À Hollywood, comme on sait, les remakes abondent: une véritable industrie (et donc un commerce d’ailleurs pas toujours profitable). Il en est de franchement déclarés, tels Lolita, version Adrian Lyne, ou encore A Perfect Murder, d’Andrew Davis, qui a cru pouvoir refaire le Dial M for Murder d’Alfred Hitchcock. D’autres sont plus ou moins camouflés: c’est le cas de City of Angels, qui est un remake «américanisé» du film allemand de Wim Wenders, Les Ailes du Désir, réalisé en 88. Tout cela pour votre information [1]. On n’est évidemment pas obligé d’avoir vu le film de Wim Wenders. Que je tiens, personnellement, pour un film surestimé – même s’il ne manque pas de qualités – à chacun son opinion. Ce qu’il y a de certain, c’est que Les Ailes du Désir surpasse de loin la Cité des Anges de Brad Silberling. Cette nouvelle version a retenu le postulat de départ de l’ancien film. Des anges, messagers de l’au-delà, viennent sur notre planète convoyer (vers quelle destination imprécise? sans doute pas le septième ciel) les humains trépassés. Lesdits anges sont, bien entendu, invisibles aux yeux du commun des mortels (le terme s’impose). C’est ainsi qu’une de ces créatures célestes, Seth (Nicolas Cage), s’apprête à prendre en charge un homme décédé dans un hôpital. Suite à une opération, apparemment, ratée par la chirurgienne de service, le docteur Maggie (Meg Ryan). À leur premier échange de regards, Seth et Maggie comprennent – et nous avec eux – qu’ils vont s’aimer, passionnément, définitivement et pas forcément angéliquement (les anges ont ici un sexe). Preuve irréfutable: Maggie voit Seth, lequel n’a d’yeux que pour elle. Dès lors, l’intrigue va suivre son cours, vaguement paresseux, largement prévisible. Accompagnée par la musique de Gabriel Yared. La situation des personnages – visibles/invisibles – va très vite poser un problème de scénario. On ne réalise pas très bien qui voit, ou ne voit pas, qui – comment et pourquoi, à tel moment et pas à tel autre. Un autre ange gardien, Messinger (Dennis Franz), un copain de Seth, navigue ainsi, en toute confusion, entre les hommes et les femmes de ce bas monde. Le spectateur, lui, renonce à vraiment s’y reconnaître, sachant bien que l’essentiel est ailleurs: dans la décision imparable de Seth de renoncer à son statut d’«immortel» et de vivre, avec Maggie, un simple et bel amour de banal mortel. Comme vous le voyez, les bons sentiments abondent, tout comme les moments de poésie facile. En toute équité, Brad Silberling a réussi quelques séquences heureuses, mais l’ensemble laisse beaucoup à désirer (du côté des ailes). Nicolas Cage et Meg Ryan font d’estimables efforts: mais, c’est connu, qui fait trop l’ange... [1]: le titre original du film de Wim Wenders – qui connut, en 93, une sorte de suite discutable, intitulée Faraway, so Close – était Le Ciel Au-Dessus de Berlin. On comprend le choix de Los Angeles pour le remake U.S. ... Concorde, Freeway, Les Ambassades, Planète/Abraj/Plaza Re-«Scream» Urban Legend de Jamie Blanks La recette du film? Très simple: il suffit de rapprocher deux récents titres à succès, I Know What You Did Last Summer et (you) Scream (deux fois!). Alors que la promotion du film nous laissait entrevoir, sinon espérer, une vision insolite des grandes cités U.S. à travers le folklore horrifique des «légendes» qu’on y colporte avec une délectation sadique, le cinéaste australien Jamie Blanks s’est contenté de piller cyniquement les scénarios des deux films que nous venons de citer. D’ailleurs, comme on a eu raison de le signaler, c’est tout un sous-genre de la catégorie «terreur» (avec tous les excès du «gore» le plus sanglant) qui est en train de se développer: à savoir les films avec crimes mystérieux situés en milieux universitaires. Le lieu a son importance parce que c’est évidemment le public adolescent qui est visé: I Know What You Did Last Summer a déjà sa suite (I Stil Know... etc.), Scream en sera bientôt à son N°3. À suivre! Il vaut mieux renoncer à donner même un aperçu du scénario de Urban Legend: une suite confuse de meurtres exécutés dans des circonstances invraisemblables, au point de verser dans un grand-guignol plus ridicule qu’impressionnant (la fin est spécialement gratinée). Comme il se doit, l’ultime scène du film préfigure une suite... probable, hélas. Les jeunes comédiens ressemblent à tous ceux des autres films du même genre: c’est dire. La mise en scène(s) renforce le naufrage. EMPIRE/DUNES/SODECO/ SOFIL, ESPACE, St.- ÉLIE The Big Lebowski d’Ethan et Joel Coen Voir la page «Cinéma» de «L’Orient-Le Jour» en date du 23 octobre dernier. ÉLITE, EMPIRE/SODECO/ SOFIL, LES AMBASSADES
Jusqu’au dernier moment, cela aura été la valse-hésitation, ou plutôt le rock déjanté, avec le film des frères Coen... au point qu’on se demandait si The Big Lebowski allait vraiment sortir (voir notre éditorial, ci-contre). C’est fait: le film est aujourd’hui sur nos écrans. N’en déduisez pas que ce sera un succès: ce drôle d’objet filmique a de quoi dérouter notre public. Par contre, nettement plus sage (et même un peu trop) se présente City of Angels, de Brad Silberling, une incursion «romantique» dans le monde des anges et de leurs amours, par définition, éternels (?). Nicolas Cage et Meg Ryan ont leurs fans. Quant au film de Jamie Blanks, Urban Legend, c’est une déception. Un catalogue de meurtres en série qui rappelle l’exploit douteux de Scream 1 et 2, l’été dernier... Si ce n’est déjà...