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Inauguration d'un nouveau lycée franco-libanais à Habbouche, caza de Nabatiyé Un acte de solidarité avec les populations du sud et de foi en l'avenir ... (photos)

REPORTAGE
29/11/1997
La Mission Laïque Française a inauguré hier le sixième établissement scolaire qu’elle subventionne au Liban. C’est Habbouche — village situé dans le caza de Nabatiyé, régulièrement pris pour cible par l’aviation israélienne — qui accueille les nouveaux bâtiments scolaires français.
L’inauguration a eu lieu en présence du président de la Chambre, M. Nabih Berry, des ministres de l’Economie et des Travaux publics, MM. Yassine Jaber et Ali Harajli; des députés de la région, Mme Bahia Hariri, MM. Abdellatif Zein et Ali Khalil; de l’ambassadeur de France, M. Daniel Jouanneau; de M. Gérard Chomier, secrétaire général de la Mission Laïque Française, et d’administrateurs de cette institution, venus à Beyrouth pour l’occasion; de plusieurs conseillers de l’ambassade; du proviseur M. Claude Vincensini, ainsi que de nombreux parents d’élèves.
Le président Berry a mis l’accent sur la promesse tenue par la France de construire un établissement scolaire au Sud. «La France demeure la conscience du monde libre» a-t-il lancé. «Elle œuvre toujours pour l’application des résolutions prises par les instances internationales». Il s’est félicité du choix du site. «Cette école est située exactement sur la ligne qui sépare les territoires libanais libres de ceux encore sous occupation israélienne. C’est courageux et cela a un double but: soutenir les populations libanaises sur leur terre; encourager la diaspora libanaise, notamment en Afrique à rentrer au pays». Il a constaté que la France témoignait ainsi «de l’intérêt qu’elle porte à l’application de la 425 ainsi qu’à la reconstruction de notre pays».

Solidarité

L’ambassadeur de France a souligné que l’installation «d’un lycée franco-libanais au Sud revêt une triple signification: un geste de solidarité avec la population de toute une région, afin de contribuer à l’égalité des chances entre les enfants du Sud et ceux de Beyrouth et du Liban-Nord qui ont déjà accès à des lycées français. Solidarité à l’égard d’une région qui souffre encore plus que les autres et attend le retour du Liban à sa pleine indépendance, à sa pleine souveraineté sur tout son territoire. La résolution 425 doit être appliquée... ». M. Jouanneau a poursuivi en relevant que cette inauguration était également une marque de confiance dans l’avenir du Liban et un acte de foi dans l’avenir de la francophonie. Il a rappelé que le Liban «membre fondateur de la francophonie et qui accueillera, en 2001, le 9e Sommet de la Francophonie, avait un rôle essentiel à jouer au sein de la grande communauté des nations francophones».
Auparavant, le secrétaire général de la Mission Laïque Française avait donné un historique des relations entre cette institution et le Liban qui remontent à 1909. «Il faut bien avouer que la Mission Laïque Française, en 90 ans de présence sur votre sol, est devenue libanaise». M. Gérard Chomier a souligné également que la MLF a pour but «la diffusion à travers le monde de la langue et de la culture françaises, en particulier par un enseignement à caractère laïque et interculturel».

A flanc de colline

Ainsi, après le Grand Lycée franco-libanais d’Achrafieh (3.100 élèves), le Lycée d’Abdel Kader (1.200 élèves), le Lycée de Verdun (2.000 élèves), celui de Tripoli (1.500 élèves) et la branche de Nahr Ibrahim (1.600 élèves), c’est au tour de Habbouche, à 20 minutes de Saïda et à 10 minutes de Nabatiyé, de se voir doter d’un lycée franco-libanais.
«Le terrain sur lequel nous avons construit le Lycée appartient à la municipalité qui nous l’a loué pour 99 ans» a indiqué, à «L’Orient-Le Jour», M. Jean-François Desmazières, conseiller culturel près l’ambassade de France. Les 30.000 m2 bâtis chapeautés de tuiles traditionnelles rouges, sont à flanc de colline. «La première tranche des travaux, commencée en juin dernier a été achevée en octobre. Les classes de maternelle et de primaire ont ainsi pu accueillir, à partir de cette rentrée, quelque 260 élèves» a précisé M. Desmazières. La deuxième tranche du projet accueillera progressivement les classes de la sixième à la terminale. Elle devrait s’échelonner sur trois ans. «Mais, je pense que dès la rentrée prochaine, nous pourrons ouvrir une classe de 6e».
L’école qui a été construite en un temps record a bénéficié d’une triple collaboration: «La Société Générale a consenti des prêts avantageux; le bureau d’architecture de M. Garillon a conçu et réalisé ce projet en un temps record; le Conseil du Sud s’est occupé de l’infrastructure».
Le staff est composé d’un proviseur et de deux instituteurs français venus de France, ainsi que de 15 instituteurs et d’une dizaine d’administratifs libanais. «Nous avons à Saïda un programme de formation d’institutrices. Il accueille, le plus souvent, des jeunes Libanaises appartenant à la diaspora libanaise en Afrique. Elles rentrent au pays, possédant bien la langue française mais parlant à peine l’arabe. Elles ne peuvent donc y présenter un bac libanais. Cette formation est une bonne alternative». C’est aussi le vivier idéal pour fournir des enseignants au nouveau Lycée.
Les Lycées français conventionnés bénéficient «d’enseignants français, entièrement pris en charge par la France et de subventions sous forme d’équipements» a expliqué le responsable français. Il a ajouté que «depuis quatre ans nous avons créé une trentaine de postes d’enseignement au Liban. Alors que dans les autres pays, nous en avons supprimé quelque 800». Quant au budget annuel alloué pour l’ensemble des Lycées français au Liban, M. Desmazières a indiqué qu’il se chiffrait «à 30 millions de FF pour 130 enseignants, dont les bénévoles».
Le développement des établissements scolaires français répond à une demande, a estimé M. Desmazières. «On se rend compte, en Europe, de l’importance de travailler sur le bilinguisme dès le plus jeune âge. Je dirai que le Liban était, à ce point de vue, en avance par rapport aux tendances actuelles. Ce n’est donc pas étonnant que ces dispositions se confirment».
Les perspectives pour ces établissements français sont plutôt positives: «Le Lycée de Nabatiyé devrait pouvoir recevoir un maximum de 800 élèves. Nahr Ibrahim et Abdel Kader ont encore une marge de développement. Le Grand Lycée et celui de Verdun sont stables. Nos efforts vont se concentrer sur le Lycée de Tripoli».
Une chaîne de Lycées franco-libanais au service de la francophonie et de la culture...
Aline GEMAYEL

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