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Actualités - CHRONOLOGIE

Les radios des kataëb, du PCL et des Maradas obtiennent également une licence Le gouvernement légalise les médias du hezbollah Toujours pas de solution au problème des ordures ménagères (photo)

Le Conseil des ministres a franchi un nouveau pas hier sur la voie de la clôture du dossier de l’audiovisuel qui empoisonne la vie politique au Liban depuis plus de trois ans. Comme prévu, le gouvernement a adopté le rapport du Conseil national de l’audiovisuel (CNA) en accordant des licences d’émettre à trois radios de «première catégorie» qui diffusent des bulletins et des programmes politiques. Il s’agit de la «Voix du Liban» (Kataëb), de la «Voix du peuple» (Parti communiste) et de la «Saout el-Ghad» (proche du ministre Sleiman Frangié).
Mais la surprise de taille est venue de la décision du Conseil des ministres de légaliser le principal média du Hezbollah, la télévision «El-Manar», et une radio gérée par le leader islamiste, sayyed Mohammed Hussein Fadlallah, la «Radio de la foi».
Le ministre de l’Information, M. Bassem el-Sabeh, a déclaré que toutes les entreprises audiovisuelles qui n’ont pas été légalisées devront «cesser d’émettre immédiatement», précisant que les services compétents ont été chargés de mettre en application cette décision.
L’affaire du ramassage des ordures ménagères qui s’amoncellent dans les ruelles des banlieues sud et est de Beyrouth n’a pas été examinée lors de la réunion. Elle a cependant été évoquée au cours d’un entretien qui a groupé en marge du Conseil des ministres le chef du gouvernement, M. Rafic Hariri, et le ministre de l’Environnement, M. Akram Chéhayyeb, (VOIR AUSSI PAGE 4). Aucune solution à ce problème qui prend des proportions catastrophiques n’a encore été trouvée et M. Chéhayyeb a été chargé d’intensifier les contacts avec les parties concernées dans les prochains jours pour tenter de régler ce fléau qui menace la santé de plusieurs dizaines de milliers de personnes.
La légalisation de la télévision du Hezbollah, qui était jusque-là autorisée à diffuser à titre exceptionnel les informations liées à la résistance, a donc constitué la surprise de la réunion du Conseil des ministres présidée par M. Hariri et qui n’a duré que deux heures.
Le chef du gouvernement s’était rendu dans la journée au palais de Baabda et au Parlement pour exposer aux présidents Elias Hraoui et Nabih Berry le dossier de l’audiovisuel (VOIR PAGE 2). Le premier ministre était accompagné lors des deux visites par le ministre de l’Information.

Télé-Lumière et «la
Voix de l’amour»
ne fermeront pas

Après la réunion du Conseil tenue à Sanayeh sous la présidence de M. Hariri et à laquelle n’ont pas participé les ministres Walid Joumblatt, Farès Boueiz (qui se trouve en Autriche), Elie Hobeika et Talal Arslan, M. Sabeh a précisé que des licences ont été accordées aux entreprises suivantes: la Société de diffusion internationale (Voix du peuple), la Société contemporaine pour l’information (Voix du Liban) et «Saoud el-Ghad» (Marada).
Quatre autres radios de «deuxième catégorie» (qui ne diffusent pas d’informations) ont aussi obtenu une autorisation d’émettre. Il s’agit de «Pax Network», Mix-FM, Nostalgie et Liban Star.
M. el-Sabeh a indiqué que le Conseil des ministres a ensuite examiné un rapport présenté par le groupe de presse libanais (El-Manar) dans lequel il déclare avoir complété son dossier en rectifiant l’erreur qui avait été relevée par le CNA concernant un des propriétaires qui possédait aussi des actions dans une autre entreprise audiovisuelle. Estimant que les conditions pour l’octroi d’une licence sont désormais réunies, le gouvernement a décidé d’accorder une autorisation au Manar ainsi qu’à la «Radio de la foi».
La NTV (proche de l’opposition) et l’ICN (appartenant à M. Henri Sfeir) sont les principales victimes de la décision du gouvernement. Ces deux télévisions, ainsi que les dizaines d’autres entreprises audiovisuelles non légalisées, devront «cesser d’émettre immédiatement», comme l’déclaré M. Sabeh.
Dans un communiqué laconique publié en soirée par l’ANI (officielle), M. Sabeh a cependant précisé que la décision de fermeture des entreprises audiovisuelles ne s’appliquait pas aux deux médias proches de l’Eglise, Télé-Lumière et «La Voix de l’amour». De source bien informée, on précise que ces deux sociétés n’avaient pas complété leurs formalités et que le gouvernement est disposé à examiner leurs dossiers lorsqu’ils seront prêts.
Interrogé par «L’Orient-Le Jour», M. Sayed Frangié, directeur des informations à la NTV, a indiqué que son entreprise ne fermera pas ses portes avant d’avoir été notifiée par écrit de la décision du gouvernement. Affirmant que le dossier de la NTV est «complet», M. Frangié a déploré le fait que son entreprise n’ait pas été légalisée par le Conseil des ministres. Il a ajouté que le comité de suivi de l’audiovisuel doit tenir aujourd’hui une réunion pour prendre position au sujet des résolutions du gouvernement. Les responsables de la télévision organiseront dans les prochains jours une conférence de presse pour les mêmes motifs.

La censure sur les
satellites

Le Conseil a par ailleurs décidé de reporter à une réunion ultérieure l’examen de l’avis du Conseil d’Etat qualifiant d’illégale la censure sur les émissions destinées à être diffusées par satellite. Cette censure, rappelons-le, est exercée par un service du ministère de l’Information.
D’autre part, le gouvernement a nommé l’ingénieur Yasser Berry au poste de vice-président du Conseil du développement et de la reconstruction (CDR) en remplacement de M. Ibrahim Chamseddine qui a présenté sa démission il y a trois semaines.
Le Conseil a par ailleurs approuvé la plupart des 34 points inscrits à son ordre du jour. Il a notamment pris les décisions suivantes:
— Autoriser le ministère des Travaux publics à adjuger les travaux de réparation de la route de Baalchmay.
— Permettre aux ministères et aux organismes concernés de prendre part aux foires internationales de Damas et de Lisbonne.



Le Conseil des ministres a franchi un nouveau pas hier sur la voie de la clôture du dossier de l’audiovisuel qui empoisonne la vie politique au Liban depuis plus de trois ans. Comme prévu, le gouvernement a adopté le rapport du Conseil national de l’audiovisuel (CNA) en accordant des licences d’émettre à trois radios de «première catégorie» qui diffusent des bulletins et des ...