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Politique - Liban

Gouvernement : Les choses touchent à leur fin, affirme Mikati

"Tout ce qu'on entend sur la formation du cabinet ne sont que des informations de presse sans fondement", souligne le PM désigné depuis Baabda.

Gouvernement : Les choses touchent à leur fin, affirme Mikati

Le Premier ministre libanais désigné, Nagib Mikati, à Baabda, le 5 août 2021. Photo Nabil Ismaïl

Le Premier ministre désigné, Nagib Mikati, a affirmé vendredi que les tractations concernant la formation du nouveau gouvernement, attendu depuis un an "touchaient à leur fin", dans une brève déclaration faite depuis Baabda à l'issue d'un sixième entretien avec le chef de l'Etat, Michel Aoun.

"Nous nous sommes surtout entretenus de la situation dans le sud du pays car les événements s'accélèrent. Le Liban respecte la résolution onusienne 1701 (adoptée en 2006 pour rétablir une cessation des hostilités entre Israël et le Liban, ndlr)", a affirmé le Premier ministre désigné du palais présidentiel, alors que la tension était montée d'un cran dans la journée suite à des tirs de roquettes vers Israël revendiqués par le Hezbollah et à des frappes d'artillerie menées en représailles par l'Etat hébreu. "Nous appelons au calme", a plaidé M. Mikati dans ce contexte, saluant "le rôle de l'armée et des forces des Nations unies présentes sur place". 

Commentant ensuite le dossier gouvernemental, le Premier ministre désigné a assuré que "les choses touchent à leur fin", sans toutefois se prononcer sur une éventuelle échéance. "Si nous décidons de ne pas appliquer le principe de rotation des portefeuilles entre les différentes communautés, cela concernera la majorité d'entre eux", a affirmé M. Mikati, sans donner davantage de précisions.

La question de la rotation des ministères régaliens (Intérieur, Défense, Affaires étrangères et Finances) est le principal point d'achoppement des tractations entre MM. Mikati et Aoun. Ce dernier semble déterminé à obtenir le ministère de l'Intérieur - actuellement aux mains des sunnites -, crucial pour les élections législatives et municipales prévues en 2022. Toutefois, dans certains cercles proches de l’entourage du président Aoun, on croit savoir que le président serait désormais prêt à faire preuve de flexibilité sur ce plan. Il pourrait accepter l’idée de garder intacte la répartition actuelle des quatre ministères régaliens (un sunnite à l’Intérieur, un chiite aux Finances et deux chrétiens aux Affaires étrangères et à la Défense). De source informée, on apprend que des discussions seraient actuellement en cours pour qu’un sunnite qui résulterait d’une entente entre MM. Aoun et Mikati soit nommé à l’Intérieur. Des contacts seraient également en cours afin de nommer un chrétien sur lequel s’entendrait le chef de l’État avec le Premier ministre désigné à la tête de la Justice. Ce ministrable devrait également obtenir l’aval du club des anciens Premiers ministres, dont fait partie M. Mikati. Des informations que les milieux du chef de l’État et du Premier ministre désigné ne confirment pas officiellement.

"Silence plus fort que les mots"
Dans ce contexte, le député de Tripoli a demandé à ne pas prêter attention aux rumeurs concernant l'attribution des portefeuilles et les noms des ministrables. "Tout ce qu'on entend sur la formation du cabinet ne sont que des informations de presse sans fondement". Ce matin, la presse faisait notamment état d'une ouverture du président de la Chambre concernant l'application de la rotation au portefeuille des Finances qu'il revendique, en échange de celui de l'Intérieur, ce qui a ensuite été démenti. Nagib Mikati n'a en outre pas annoncé la date de sa prochaine entrevue avec le chef de l'Etat. "Nous serons en contact demain pour fixer une nouvelle date de réunion", a-t-il indiqué. "Le silence est plus fort que les mots", a-t-il affirmé pour justifier sa brève allocution.

Jeudi, lors de sa précédente visite au chef de l'Etat, M. Mikati avait affirmé qu'il n'avait jusqu'à présent aucune raison d'abandonner sa mission de formation d'un nouveau cabinet, assurant qu'aucun des protagonistes ne "s'obstine" à vouloir obtenir un portefeuille plutôt qu'un autre et faisant état de "lentes avancées" dans les discussions. Dans un discours prononcé à la veille de la première commémoration de la double explosion du 4 août 2020, le président Aoun avait quant à lui affirmé mardi qu'il travaillait "main dans la main" avec Nagib Mikati. Il avait ajouté que "conformément aux exigences de la Constitution", il allait s'efforcer de "lever tous les obstacles" se dressant face à la mise sur pied du cabinet. Dans certains milieux politiques cités par notre chroniqueur politique Mounir Rabih, on accuse le chef de l’État de ne pas vouloir du milliardaire de Tripoli à la présidence du Conseil. On estime même qu’il préférerait Fayçal Karamé, également député de Tripoli mais proche du Hezbollah.

Le Liban est sans gouvernement depuis la démission de Hassane Diab et de son équipe le 10 août 2020. Le 26 juillet, le président Aoun a chargé Nagib Mikati, 65 ans, de former un nouveau cabinet après l'échec de ses deux prédécesseurs (Moustapha Adib et Saad Hariri qui s'est récusé après neuf mois de tractations) à mettre en place un cabinet censé mener des réformes indispensables pour sortir le Liban de la pire crise socio-économique de son histoire récente. L'aide internationale au Liban est en effet conditionnée à la formation d'un gouvernement capable de lutter contre la corruption et de mener des réformes.

Le Premier ministre désigné, Nagib Mikati, a affirmé vendredi que les tractations concernant la formation du nouveau gouvernement, attendu depuis un an "touchaient à leur fin", dans une brève déclaration faite depuis Baabda à l'issue d'un sixième entretien avec le chef de l'Etat, Michel Aoun. "Nous nous sommes surtout entretenus de la situation dans le sud du pays car les événements...
commentaires (8)

A se demander comment se fait-il que le pays ne soit pas encore occupé par une quelconque puissance étrangère tellement l'Etat est absent, les politiques à la ramasse et plus particulièrement le locataire de Baabda qui donne l'impression de vivre sur une autre planète... D'un point de vue rationnel son comportement est pathologique...

Carlos El KHOURY

08 h 35, le 07 août 2021

Tous les commentaires

Commentaires (8)

  • A se demander comment se fait-il que le pays ne soit pas encore occupé par une quelconque puissance étrangère tellement l'Etat est absent, les politiques à la ramasse et plus particulièrement le locataire de Baabda qui donne l'impression de vivre sur une autre planète... D'un point de vue rationnel son comportement est pathologique...

    Carlos El KHOURY

    08 h 35, le 07 août 2021

  • LA LOGIQUE Y FAIT DEFAUT DES DEUX COTES. DE L,UNE QUI MET DES EXIGENCES ET DE L,AUTRE QUI PENSE FAIRE DES CONCESSIONS QUI SERAIENT TRES REGRETTABLES POUR LA BONNE MARCHE DE TOUT GOUVERNEMENT.

    LA LIBRE EXPRESSION

    20 h 54, le 06 août 2021

  • "Le Liban respecte la résolution onusienne 1701"... Ah bon, et les roquettes titrées depuis le sol libanais, elles ont quelle nationalité, hein ?

    Desperados

    20 h 17, le 06 août 2021

  • Oui la situation est dangereuse au Sud. Demandez au Président de prier ses alliés d’arrêter de provoquer Israël pour détourner l’attention sur sa responsabilité concernant le nitrate d’ammonium. Le Hezbollah n’a certainement pas voulu l’explosion du 4 août mais n’a rien fait pour l’empêcher

    Lecteur excédé par la censure

    19 h 04, le 06 août 2021

  • Fantastique ! On va enfin avoir un cabinet de technocrates spécialistes indépendants des partis mais ayant chacun reçu l’aval de tel ou tel parti politique. J’avoue ne pas comprendre cette logique. Il faut dire que je suis imperméables aux cretins

    Lecteur excédé par la censure

    19 h 01, le 06 août 2021

  • Si les choses touchent à leur fin aussi vite, c'est que les carottes sont probablement cuites. Sinon, on l'aurait su.

    PPZZ58

    18 h 04, le 06 août 2021

  • Pour reprendre un poncif, "Business as usual", Lool!

    Christine KHALIL

    17 h 38, le 06 août 2021

  • On valorise le silence comme meilleur remède.

    Esber

    17 h 30, le 06 août 2021

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