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Culture - Événement

Ayman Baalbaki et Mouna Rebeiz représenteront le Liban à la 59e Biennale de Venise

Les deux artistes – issus l’un de la scène locale, l’autre de la diaspora – porteront haut les couleurs du Pavillon libanais à la grand-messe de l’art contemporain international de la Sérénissime, lors de la prochaine édition prévue du 23 avril au 27 novembre 2022. 

Ayman Baalbaki et Mouna Rebeiz représenteront le Liban à la 59e Biennale de Venise

Ayman Baalbaki est l’un des artistes phares de la scène artistique du Liban et du Moyen-Orient. Photo Thierry Van Biesen

C’est officiel : Ayman Baalbaki et Mouna Rebeiz représenteront le Liban à la 59e édition de la Biennale internationale d’art contemporain de Venise. Les deux artistes se partageront l’espace du Pavillon libanais situé au sein de l’Arsenal, l’un des deux principaux sites historiques de cette prestigieuse manifestation.

Placée sous le haut patronage du ministère libanais de la Culture, leur participation à cet événement majeur, organisée par la Lebanese Visual Art Association (LVAA), se veut le témoignage de la diversité culturelle et artistique du pays du Cèdre, de son rayonnement et de sa « présence » sur la scène internationale malgré tout ce qu’il traverse, affirme, en substance, la curatrice et conservatrice du patrimoine Nada Ghandour, sous la houlette de laquelle se tiendra cette double exposition.

Mis à part une première exposition plurielle en 2007, les dernières participations du Liban à la Biennale de Venise ont été marquées jusque-là par des expositions d’artistes en solo. Qu’il s’agisse, en 2013, de Letter to a Refusing Pilot du vidéaste et plasticien Akram Zaatari inspirée de Lettres à un ami allemand d’Albert Camus, ou, en 2017, de Sacrum, l’impressionnante installation du peintre et musicien Zad Moultaka mettant à l’unisson structure visuelle et environnement sonore.

Cette fois, avec Ayman Baalbaki et Mouna Rebeiz, ce sont deux facettes différentes de l’art contemporain libanais qui seront présentées conjointement, du 23 avril jusqu’au 27 novembre 2022 (l’événement ayant été décalé d’un an pour cause de pandémie mondiale), au cœur de la Sérénissime.


Mouna Rebeiz devant l’une de ses peintures monumentales. DR

Spécificité libanaise

Délibérément choisis par la LVAA pour leurs univers absolument divergents, les deux artistes libanais illustrent cette pluralité culturelle qui fait la spécificité du Liban. « Les Libanais défendent aussi bien la culture arabe qu’occidentale. Et l’art libanais est issu de cette diversité », souligne la curatrice. « Nous avons ainsi, d’une part, Ayman Baalbaki qui focalise son pinceau sur des problématiques libanaises et moyen-orientales, et témoigne dans sa peinture, impétueuse et à fort impact émotionnel, des conflits incessants qui affligent cette région du monde. Et, d’autre part, Mouna Rebeiz, issue de la diaspora et aux toiles très inspirées par la peinture classique européenne, que ce soit dans l’art du portrait féminin ou d’une certaine abstraction lyrique, mais qui garde néanmoins ancré en elle un côté oriental. Celui-ci ressort notamment dans ses représentations codifiées de Nus au tarbouche qu’elle avait exposées, il y a quelques années, à la Saatchi Gallery de Londres », indique Nada Ghandour. En réunissant dans l’espace commun du Pavillon libanais ces deux figures de l’art libanais, la curatrice souhaite mettre en dialogue leurs œuvres à travers une thématique « universelle », dit-elle, sans en dévoiler plus pour le moment. D’autant que le thème général de cette 59e Biennale n’a, pour l’heure, pas encore été divulgué, signale-t-elle.

Hétérotopie pour l’un, mystique et technologie pour l’autre

Largement reconnu à l’international comme l’une des grandes signatures de l’art libanais contemporain, Ayman Baalbaki a déjà participé à plus d’une édition de la Biennale vénitienne, dans le cadre d’événements collatéraux (comme la Glasstress en 2013, 2015 et 2019 ainsi que The Futur of a Promise, une exposition d’artistes panarabes en 2011). Sa fierté d’y représenter « officiellement » le Liban s’accompagne d’un « sentiment de responsabilité accru », confie-t-il à L’Orient-Le Jour.

Idem pour Mouna Rebeiz qui, outre un légitime sentiment de fierté, se sent, dit-elle, « porteuse du beau au sens spirituel. Le beau qui transcende le désespoir dans lequel se trouve mon pays actuellement », assure-t-elle.

Stimulés par leur participation à cette grand-messe de la scène artistique mondiale, les deux artistes ont déjà entamé leurs projets. Pour Baalbaki, il s’agira d’une toile monumentale d’environ 5x9 mètres accompagnée d’une installation. Inspirée de l’état actuel de Beyrouth, des bâches de reconstruction qui se dégradent au cours des travaux, son œuvre sera articulée autour des espaces hétérotopiques (ou les lieux de localisation physique de l’utopie, selon le concept de Michel Foucault) de cette ville meurtrie, indique-t-il.

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Si elle reste discrète sur le contenu de son projet, Mouna Rebeiz affirme, pour sa part, vouloir y « mettre en lumière l’imbrication entre la technologie et le mystique. À l’ère où la vie de chacun est crûment mise à nue, au sens figuré comme au sens propre, paradoxalement l’être humain n’a jamais été autant en quête de spiritualité ».

Avec leurs visions et leurs centres d’intéret différents, mais qui peuvent se révéler complémentaires, ces deux artistes, issus donc l’un de la scène locale, l’autre de la diaspora, promettent de porter haut les couleurs du Pavillon libanais a la 59e édition de la Biennale de Venise.

Reste à signaler que La Lebanese Visual Art Association (LVAA) est une association à but non lucratif, créée en France par des membres de la diaspora pour soutenir l’art du pays du Cèdre, notamment dans la gestion du Pavillon libanais de la Biennale de Venise… « En toute transparence », indique son initiatrice, Nada Ghandour. 

Biographies express des artistes

Ayman Baalbaki, né en 1975, vit et travaille à Beyrouth. Issu d’une famille d’artistes plasticiens, il est diplômé des beaux-arts de l’Université libanaise (Beyrouth) en études supérieures en « Art-Espace » à l’EnsAD (Paris) ainsi qu’en études approfondies en « Arts de l’image et Art contemporain » à l’Université de Paris VIII. En 2015, il a été lauréat de la médaille d’argent (catégorie peinture) dans les Jeux de la francophonie (Niamey, Niger). En 2003, il est le lauréat du 1er prix de Cm³, CIUP (France) et en 1996, celui d’« Empreintes » organisé par Maraya Gallery et le ministère de la Culture libanaise. Représenté par la galerie Saleh Barakat (Beyrouth), Ayman Baalbaki a de nombreuses expositions personnelles et collectives a son actif, aussi bien au Liban qu’à l’international (Paris, Londres, Dubaï, New York…) où il est l’une des figures les plus reconnues de l’art contemporain libanais.

Mouna Rebeiz est née en 1957 à Beyrouth. Elle vit et travaille à Londres. Elle a grandi à l’ombre de musiciens, peintres et poètes qui influencèrent sa peinture. Après une maîtrise en psychologie à la Sorbonne, elle intègre l’Université Saint-Joseph de Beyrouth où elle se spécialise en psychologie clinique. En 1994, Rebeiz rencontre Alix de la Source, spécialiste de la peinture du XVIIIe siècle, qui l’initie aux techniques des grands maîtres. Elle perfectionne ensuite sa maîtrise des patines au Cours Renaissance. Puis, elle suit les enseignements d’Abraham Pincas, peintre et professeur à l’Ensba (Paris), et ceux du peintre et graveur Libanais, Mohamed el-Rawas, professeur de beaux-arts à l’Université libanaise de Beyrouth.

Rebeiz a de nombreuses expositions personnelles et collectives en Europe et aux États-Unis à son actif, notamment à la Saatchi Gallery en 2015 pour ses Nus au tarbouche. Elle participe actuellement à « Artistes à la Une Togeth’Her » à la Monnaie de Paris – Musée du 11 Conti et, en parallèle, met les dernières touches à une œuvre de commande pour la Fondation Bic en France.


C’est officiel : Ayman Baalbaki et Mouna Rebeiz représenteront le Liban à la 59e édition de la Biennale internationale d’art contemporain de Venise. Les deux artistes se partageront l’espace du Pavillon libanais situé au sein de l’Arsenal, l’un des deux principaux sites historiques de cette prestigieuse manifestation.
Placée sous le haut patronage du ministère libanais de...

commentaires (1)

BRAVO !

Marie Claude

15 h 05, le 08 avril 2021

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Commentaires (1)

  • BRAVO !

    Marie Claude

    15 h 05, le 08 avril 2021

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