Rapport

Les 31 plus grands milliardaires arabes sont aussi riches que le reste de la population de la région

Dubaï, Émirats arabes unis. Photo d’archives AFP

La Commission économique et sociale de l’Asie occidentale (Cesao) a publié hier un rapport indiquant que les 31 plus riches milliardaires des pays arabes – tous des hommes –

possèdent autant de richesses que le reste de la population (92,1 milliards de dollars en 2020, contre 37 milliardaires qui comptabilisaient 108 milliards de dollars en 2019) de la région. Les 10 % les plus riches possèdent 76 % de la richesse de la région, soit 1 300 milliards de dollars en 2020, alors que les 50 % les plus pauvres ne possèdent que 2 % de la richesse totale.

Au Liban, selon les estimations du Think Tank Triangle parues en novembre 2019, les 10 % les plus riches possèdent autant que 69 % de la population libanaise, et les 50 % les plus pauvres ne détiennent que 5 % de la richesse totale du pays du Cèdre.

Cette année, le tiers de la population des pays arabes, soit 115 millions de personnes, est considérée comme étant pauvre, contre 66 millions dix ans plus tôt. Au Liban, la Banque mondiale avait estimé en octobre 2019, à la suite du mouvement de contestation débuté le 17 octobre, que 50 % de la population libanaise vivait sous le seuil de la pauvreté. Selon l’organisation onusienne, le coefficient de Gini, qui estime dans ce cas le degré d’inégalité dans une région ou un pays, est de 83,9 pour la région, contre 73,1 pour la moyenne mondiale.

Par ailleurs, selon cette méthode de calcul, le Liban et l’Arabie saoudite sont les deux seuls pays arabes présents dans le classement des 20 pays les plus inégalitaires dans le monde. Selon l’organe émanant des Nations unies, ces inégalités vont être exacerbées par la crise sanitaire et les mesures de confinement liées à la lutte contre le coronavirus. C’est pour cela que la Cesao recommande l’implémentation d’une « taxe de solidarité » de 1,2 % qui pourrait réduire la pauvreté de plusieurs millions de personnes dans les pays arabes à moyen revenu (dont fait partie le Liban) en augmentant la consommation et l’investissement des classes moyennes, et donc en impliquant une croissance économique. La Cesao a pointé du doigt que les grands investissements de la région sont concentrés sur l’immobilier, qui contribue faiblement aux revenus provenant des impôts. La Cesao recommande donc un impôt progressif (dépendamment de la richesse à la différence de la TVA). L’organisation indique que cette mesure ne fonctionnera pas pour les pays arabes en conflit, comme la Syrie, et ceux qui sont trop pauvres et ne possèdent pas assez de richesse à répartir à travers un partage du gâteau fiscal.Le dernier classement du magazine Forbes publié au printemps a répertorié pas moins de 18 milliardaires possédant la nationalité libanaise, ou descendants d’une famille originaire du pays. Ils ne sont qu’une poignée en revanche à encore résider au Liban.



La Commission économique et sociale de l’Asie occidentale (Cesao) a publié hier un rapport indiquant que les 31 plus riches milliardaires des pays arabes – tous des hommes –

possèdent autant de richesses que le reste de la population (92,1 milliards de dollars en 2020, contre 37 milliardaires qui comptabilisaient 108 milliards de dollars en 2019) de la région. Les 10 %...

commentaires (0)

Commentaires (0)