Importations

Premières indications sur la liste des produits soutenus par la BDL

Cette mesure doit en principe contribuer à contrer l’inflation des prix de certaines denrées dans le commerce.

Les prix des produits ne devraient toutefois pas baisser tout de suite, selon plusieurs sources interrogées. Photo P.H.B.

Le ministère de l’Économie et du Commerce va bientôt publier la liste de denrées alimentaires et de matières premières destinées à l’industrie agroalimentaire locale que la Banque du Liban devra soutenir en fournissant des dollars à un taux dollar/livre en principe plus proche de celui pratiqué par les agents de change. Ce taux est actuellement fixé à 3 200 livres pour un dollar. Plusieurs sources concordantes ont en effet confirmé à L’Orient-Le Jour que la liste était « prête » et que le ministère devrait, sauf surprise, la publier « dès la semaine prochaine », ce qui n’exclut pas qu’il puisse le faire plus tôt.

Les sources précitées indiquent ainsi que la liste devrait, sauf modification de dernière minute, inclure : les huiles végétales ; le sucre raffiné et brut ; le riz ; plusieurs catégories de légumes secs et de graines sèches comme les haricots (fassoulia), les pois chiches (hommos) ou les fèves (foul) ; les chèvres, moutons et vaches vivants ; le lait en poudre destiné à la consommation (sauf les laits infantiles pour nourrissons de moins d’un an qui entrent dans une autre catégorie de produits subventionnés) ou à l’industrie ; ou encore les fourrages pour les éleveurs de bovins, de caprins et de volaille.

Seraient en revanche exclus, bien qu’ayant été mis sur la table par les différents secteurs (importateurs, distributeurs et industriels) qui ont participé à l’élaboration de la liste avec le ministère de l’Économie : les cafés et thés, les boîtes de conserve, les fromages, les pâtes, les volaille et poissons vivants et congelés, les viandes de bovins ou encore les viandes de caprins congelés, entre autres produits. Les sources interrogées ont précisé que la BDL prévoyait d’allouer un budget allant de 70 à 80 millions de dollars par mois pour financer le dispositif dont les contours n’ont pas encore été explicités.

Circulaire n° 149

Le lancement de cette mesure a été annoncé à plusieurs reprises ces derniers jours. Jeudi, la BDL a annoncé dans un bref communiqué qu’elle devait commencer à être mise en œuvre à partir du 27 mai, soit mercredi prochain, un lancement également confirmé avec plus ou moins de précision par le Premier ministre Hassane Diab ainsi que par le ministre de l’Économie, Raoul Nehmé.

Demandée notamment par les importateurs, les distributeurs et les industriels de l’agroalimentaire, cette mesure doit en principe contribuer à contrer l’inflation des prix de certaines denrées dans le commerce, un phénomène lié à la dépréciation de la livre chez les agents de change du marché noir (4 000 à 4 100 livres pour un dollar hier selon nos sources). La parité officielle de 1 507,5 livres pour un dollar est toujours maintenue pour certaines transactions bancaires, et il existe d’autres taux intermédiaires pour certaines catégories d’opérations bancaires et non bancaires.

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Contacté par L’Orient-Le Jour, le président du syndicat des propriétaires de supermarché, Nabil Fahed, a salué la mesure mais a rappelé que cette dernière ne s’appliquera que sur les nouvelles commandes. « Les prix ne baisseront malheureusement pas tout de suite, mais la bonne nouvelle, c’est que la mesure semble s’inscrire dans la durée », a-t-il estimé. Même son de cloche du côté du président du syndicat des importateurs des denrées alimentaires, Hani Bohsali, qui anticipe un délai de « deux à trois mois » avant que la mesure ne se répercute sur le prix payé par le consommateur, en tenant compte du temps que devrait mettre la procédure de vérification que lancera la BDL, la commande de produits, le transport et le réassortiment.

La banque centrale n’a, en outre, pas encore publié de circulaire détaillant le mécanisme mis en place dont elle a néanmoins officiellement notifié les banques hier. Dans un communiqué envoyé à la presse, la BDL a ainsi appelé les établissements intéressés à « participer » à la mise en place de ce dispositif à l’en informer dans les meilleurs délais et à faire passer le message à leurs clients. Elle a de plus précisé que le taux fixé pour les achats et ventes de dollars selon ce dispositif sera le même que celui appliqué pour les sociétés de transfert d’argent lorsqu’elles convertissent en livres les montants en devises transférés à leurs clients avant de les décaisser, comme elles sont obligées de le faire depuis le 15 avril (circulaire n° 551). Le taux qui leur est imposé est actuellement de 3 200 livres pour un dollar, soit le niveau équivalant à celui que doivent en principe appliquer les agents de change agréés (circulaire n° 553 du 28 avril).

À terme, le taux applicable sera fixé par l’unité composée de représentants des agents de change et de la banque centrale, que cette dernière veut mettre en place depuis plus d’un mois. Instituée par la circulaire n° 149 du 3 avril dernier, cette structure n’existe pour l’instant que sur le papier alors que le marché de change du pays est le théâtre depuis des semaines d’une vague d’arrestations sans précédent d’acteurs – des agents de change, un banquier et même un responsable de la banque centrale – soupçonnés d’avoir encouragé la dépréciation de la livre. La procédure est en cours et n’a pour l’instant pas débouché sur des condamnations fermes.

Interrogations

Les banques, elles, s’interrogent déjà sur les modalités de mise en œuvre du nouveau dispositif préparé par la BDL, qui devraient reprendre les mêmes bases que celles des circulaires n° 530 et n° 535 publiées l’automne dernier. Ces deux textes permettent aux importateurs de plusieurs produits considérés comme stratégiques (blé, carburant, produits pharmaceutiques, équipements médicaux et matières premières pour l’industrie pharmaceutique locale) d’obtenir une importante partie des dollars dont ils ont besoin pour payer leurs fournisseurs en les échangeant contre leurs livres au taux officiel.

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« La procédure ne devrait pas être vraiment différente, même si le mécanisme devrait être fondamentalement différent sur un point : contrairement au mécanisme mis en place par les circulaires n° 530 et n° 535, le nouveau dispositif devrait en principe permettre d’échanger toutes les sommes requises par l’importateur à un taux qui, si l’opération était réalisée aujourd’hui, serait donc de 3 200 livres », explique un banquier sous couvert d’anonymat. Il se demande en outre si les banques auront vraiment le choix d’appliquer ou non ce dispositif, comme semble le suggérer la formulation employée par la BDL dans son communiqué. Du côté des bénéficiaires de la mesure, on se demande surtout si ce dispositif sera mis en place dans les délais impartis et les conditions annoncées.


Le ministère de l’Économie et du Commerce va bientôt publier la liste de denrées alimentaires et de matières premières destinées à l’industrie agroalimentaire locale que la Banque du Liban devra soutenir en fournissant des dollars à un taux dollar/livre en principe plus proche de celui pratiqué par les agents de change. Ce taux est actuellement fixé à 3 200 livres pour un...

commentaires (4)

ne vous inquiétez pas on nomme une commission pour resoudre le problème.

youssef barada

19 h 09, le 23 mai 2020

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Commentaires (4)

  • ne vous inquiétez pas on nomme une commission pour resoudre le problème.

    youssef barada

    19 h 09, le 23 mai 2020

  • La méthode est toujours la même. Faire macérer les décisions jusqu’à ce que les citoyens s’habituent. Ça a commencé par la guerre, ensuite la pénurie de l’eau puis vint celle de l’électricité pour être suivie par une forme de dictature ou l’on nomme qui on veut au poste qu’on veut, ensuite on les dépouille de leur argent les tabasse et voilà on s’installe tranquillement dans son fauteuil et on déclare c’est comme ca et c’est pas autrement et si vous n’êtes pas content alors vous déguerpissez. Le pays est devenu leur propriété et et les libanais finissent par s’habituer à tout. Payer deux fois tous les services publiques. Eau, électricité et 150 plus leurs denrées alimentaires pendant que eux décident de renouveler les contrats avec les mêmes et continuent les pillages de toute sorte en se disant PATIENCE, ILS FINIRONT PAR TOUT ACCEPTER PUISUQU’ON LEUR LAISSE PAS D’AUTRE CHOIX

    Sissi zayyat

    12 h 26, le 23 mai 2020

  • DES PRIX SUR LE PAPIER. D,AUTRES SUR LES MARCHES.

    L'EXPRESSION DE LA LIBRE ANALYSE

    08 h 47, le 23 mai 2020

  • Quoiqu’il arrive, garder quelques dollars en cash pour pouvoir acheter un billet d’avion et partir pour ne plus revenir dès que l’aéroport rouvrira...

    Gros Gnon

    02 h 08, le 23 mai 2020