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Pandémie

Dans le Golfe, des influenceuses maquillent le confinement de glamour

La page Instagram de Fouz al-Fahad, influenceuse koweïtienne propriétaire d’un salon de beauté et icône du glamour. Photo AFP

Passées de selfies sur les côtes d’Amalfi ou de vidéos sur les plages de Dubaï à un isolement strict face au nouveau coronavirus, des influenceuses des pays du Golfe tentent de garder leur image chic et glamour entre quatre murs ou de se réinventer.

Oubliées les photos dans les aéroports des grandes capitales, les boutiques de luxe de Londres ou les cafés chics de Paris : à l’heure de la pandémie de Covid-19, le temps est à la famille, la cuisine ou la déco, sans oublier d’encourager les followers, ou les abonnés, à rester à la maison. Et pour cause : le nombre de cas d’infection continue de grimper dans les six monarchies du Golfe qui prennent des mesures de confinement de plus en plus strictes. La région, riche en pétrole et abritant des millions d’expatriés, compte officiellement plus de 9 000 personnes infectées et 67 morts.

Au Koweït, les cérémonies de mariage ont été interdites. Mais cette mesure n’a pas empêché Fouz al-Fahad de célébrer le sien devant trois millions d’invités virtuels, soit le nombre de ses abonnés sur Instagram. Propriétaire d’un salon de beauté, cette icône du glamour a partagé des images de son mariage le 17 mars, la montrant étincelante de bijoux et de maquillage, un large sourire au visage lorsqu’elle reçoit une énorme bague sertie de diamants des mains de son mari, dans un somptueux décor de fleurs blanches. « Merci de nous faire oublier le coronavirus, ne serait-ce que pour un jour (...). J’ai eu les larmes aux yeux », s’est émue l’une de ses abonnées.

Masque social

Ces dernières années, les influenceurs du Golfe ont joué un rôle dans la promotion d’événements dans la région. En particulier en Arabie saoudite, où certains auraient été payés des sommes astronomiques pour adoucir l’image d’un pays régulièrement critiqué par les organisations internationales pour graves violations des droits humains.

Mais face à la pandémie, les événements culturels et sportifs prévus dans les pays du Golfe ont été reportés ou annulés. Et les influenceurs doivent se réinventer. « Ce n’est pas facile de créer du contenu et d’attirer des milliers, des millions (d’abonnés), il faut beaucoup de dévouement », affirme sur son compte Instagram Joëlle Mardinian, une influenceuse basée à Dubaï et fondatrice d’une marque de cosmétiques. « J’aime partager avec vous des choses agréables, comme jouer avec (mon fils)... ou si ma fille fait quelque chose de mignon, ou si je prépare un plat dont je suis fière », confie-t-elle à plus de 12 millions d’abonnés. Cette Libanaise, qui se présente comme « mère, entrepreneuse et présentatrice de télévision », encourage ses followers à « trouver des choses à faire à la maison », en publiant des vidéos de petits plats ou de meubles rénovés dans un jardin luxueux.

Pour Rima Sabban, professeure associée de sociologie à l’Université Zayed de Dubaï, les influenceurs jouent un rôle positif, mais ils devraient faire tomber leurs « masques sociaux » et éviter de donner à la situation un vernis qui peut rendre encore plus malheureux un public contraint à un confinement souvent moins glamour. « En ce moment, il est important d’être honnête avec les gens, dit-elle. C’est le moment de l’humanité (...), de laisser tomber ces masques et d’être courageux. »

Ragda Bakhorji, une influenceuse saoudienne de plus en plus suivie et qui compte plus de 14 000 fans sur Instagram, a saisi ce moment pour mettre, dit-elle, « l’authenticité » au premier plan. « Je pense qu’il est important d’être honnête et authentique, surtout en ce moment où nous devrions nous concentrer davantage sur l’humanité et être bienveillants, plutôt que de nous focaliser sur des choses insignifiantes », fait-elle valoir.

Pour Souad Naïm, responsable marketing à Dubaï, les vedettes des réseaux sociaux du Golfe ont été une source fiable de divertissement et d’inspiration. « Je vérifie mon téléphone matin et soir, et j’aime voir ce que les influenceurs ont fait ou prévoient pour la journée », confie cette jeune femme de 35 ans. Ses stars d’internet préférées ont changé de contenu de manière spectaculaire pendant la crise, assure-t-elle : « J’apprécie leurs discussions en direct avec leurs fans et la façon dont elles s’adaptent aux circonstances. »

Dana MOUKHALLATI/AFP


Passées de selfies sur les côtes d’Amalfi ou de vidéos sur les plages de Dubaï à un isolement strict face au nouveau coronavirus, des influenceuses des pays du Golfe tentent de garder leur image chic et glamour entre quatre murs ou de se réinventer.

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