Rechercher
Rechercher

Coronavirus

La majorité des patients atteints au Liban ont entre 20 et 39 ans

Le pays a enregistré hier 37 nouvelles contaminations, faisant hausser le bilan à 304 cas avérés.

Des affiches numériques incitant les citoyens à « rester à la maison ». Joseph Eid/AFP

Le Liban a enregistré hier 37 nouvelles contaminations au coronavirus, faisant ainsi hausser le bilan à 304 cas avérés depuis la déclaration du premier cas le 21 février, dont quatre en état critique. Huit personnes sont déjà guéries, quatre sont décédées et sept personnes suspectées d’avoir été contaminées par le virus se trouvent en isolement sanitaire, dans l’attente des résultats des tests, sachant qu’à ce jour, 5 285 tests de dépistage ont été effectués.

Selon le rapport quotidien du ministère de la Santé publique, la majorité des cas déclarés sont répartis sur Beyrouth et le Metn, chacune de ces deux régions comptant 51 cas déclarés. Le Kesrouan a enregistré 42 cas, suivi du caza de Baabda (30 cas) et de Jbeil (24 cas). Le virus s’est propagé dans une moindre mesure dans les autres cazas, alors qu’aucun cas n’a été enregistré au Hermel, à Zahlé, dans la Békaa-Ouest, à Rachaya, Jezzine, Hasbaya et Marjeyoun. Le ministère doit encore définir l’origine de 53 autres cas.

Toujours selon ce rapport, 57 % des patients sont des hommes et 43 % des femmes. La majorité d’entre eux sont âgés entre 20 et 29 ans (22 %). 18 % des patients ont entre 30 et 39 ans, 17 % d’entre eux sont âgés de 40 à 49 ans et 13 % de 50 à 59 ans. 10 % des cas ont été enregistrés chez des personnes âgées entre 60 et 69 ans, 7 % chez celles étant âgées entre 70 et 79 ans et 4 % chez les plus de 80 ans. Dans 1 % des cas, les patients avaient moins de 10 ans et dans 4 % des cas, ils étaient âgés entre 10 et 19 ans.

La majorité des patients sont de nationalité libanaise (93 %), les autres cas ayant été signalés chez des patients de nationalité syrienne, égyptienne, éthiopienne, togolaise, soudanaise, saoudienne, qatarie, hollandaise, irakienne, iranienne, française, anglaise, bengalie et autrichienne.

Freiner la transmission communautaire

Comment interpréter cette hausse de cas hier, alors que lundi 19 nouveaux cas uniquement ont été enregistrés, après un week-end au cours duquel plus de 70 nouvelles personnes atteintes ont été annoncées ? Une source du ministère de la Santé explique à L’Orient-Le Jour que les cas enregistrés durant le week-end étaient des cas positifs diagnostiqués dans les régions, mais qui n’étaient pas parvenus à Beyrouth durant la semaine. De plus, le dimanche, tous les laboratoires homologués par le ministère n’effectuent pas des tests. Donc, les chiffres annoncés hier (mardi) correspondent aux tests effectués le lundi et ceux du lundi aux tests effectués le dimanche.

« Les cas détectés sont en constante augmentation », indique-t-on du même milieu. À la question de savoir si le Liban est entré dans la phase 4, c’est-à-dire celle de la transmission communautaire, la source interrogée fait remarquer que le nombre des cas est en hausse et « que toutes les mesures prises, notamment la mobilisation générale et le couvre-feu autoproclamé, visent à retarder et freiner cette phase ».


(Lire aussi : La dure loi du pain, l'éditorial de Issa GORAIEB)


Décentralisation sanitaire

Si le Liban-Nord et plus spécifiquement Tripoli comptent jusqu’à présent peu de cas avérés d’infection au coronavirus, les scènes observées dimanche dans le souk el-Attarine (38 cas dans l’ensemble du mohafazat dont 7 à Tripoli), font craindre une explosion des cas dans cette région du pays.

Le président du département de la santé publique au Liban-Nord, Helmi Darwiche, affirme à L’OLJ que les mesures de confinement sont observées dans une grande partie de la ville. « Le souk a été fermé après une intervention des forces de l’ordre », ajoute-t-il, soulignant que le problème se pose dans les régions pauvres, notamment à Bab el-Tebbané, qui est un grand marché de légumes et de fruits. « Ce sont des gens qui doivent travailler au quotidien pour pouvoir subvenir à leurs besoins et ceux de leurs familles », constate-t-il.

Assurant que les patients diagnostiqués au coronavirus sont suivis de près, le Dr Darwiche annonce que l’Hôpital islamique a réservé l’ensemble du bâtiment pour recevoir les cas de coronavirus avec une capacité de 40 à 50 lits, alors que l’hôpital gouvernemental de Tripoli a consacré 20 lits pour accueillir les patients et sera prêt dans quelques jours. « Au ministère de la Santé, nous essayons d’instaurer une sorte de décentralisation, poursuit-il. L’idée est d’isoler les patients dans un seul endroit, un hôtel à titre d’exemple, sous surveillance des forces de l’ordre. Ce projet est encore sous étude. »

Débat autour de l’état d’urgence

Hier en cours de journée, le chef de l’État Michel Aoun a exprimé son soutien au corps médical. Dans une vidéoconférence, il a affirmé qu’ils constituent « une source d’apaisement pour les Libanais » et que « le pays tout entier a les yeux rivés vers vous et a besoin de vous ». « Tout le monde vous souhaite bonne chance car vous êtes en première ligne dans la défense de l’humanité », a-t-il affirmé. M. Aoun a en outre promis de « déployer tous les efforts possibles pour satisfaire les demandes » des employés de l’hôpital gouvernemental Rafic Hariri, lors d’un échange sur Skype avec l’équipe médicale de l’établissement. « Nous effectuons tous les contacts possibles avec d’autres États pour assurer l’aide financière et logistique nécessaire », a-t-il insisté.

Sur le plan politique, les appels à instaurer un état d’urgence se sont multipliés hier encore, une mesure à laquelle les autorités sont réticentes. Cette décision, qui verrait l’armée prendre en charge l’application des mesures sécuritaires, « n’est pas facile à prendre », affirme la ministre de l’Information Manal Abdel Samad. Dans un entretien à l’agence d’information MENA, elle souligne qu’une telle décision « a de nombreuses conséquences, notamment des restrictions très fermes, l’interdiction de circuler, de sorte que les citoyens auront du mal à faire leurs provisions essentielles ». « Chaque décision sera prise en temps opportun, a-t-elle insisté. Si la situation requiert l’instauration de l’état d’urgence, le gouvernement n’hésitera pas à le faire. »




Lire aussi

May Chidiac : au-delà du Covid-19, le harcèlement des fausses rumeurs

Dans le camp de Chatila, on prend peu à peu conscience de la menace

L’impossible équation entre le confinement et les besoins sanitaires et alimentaires

Les hôpitaux de la Finul demeurent ouverts aux Libanais




Le Liban a enregistré hier 37 nouvelles contaminations au coronavirus, faisant ainsi hausser le bilan à 304 cas avérés depuis la déclaration du premier cas le 21 février, dont quatre en état critique. Huit personnes sont déjà guéries, quatre sont décédées et sept personnes suspectées d’avoir été contaminées par le virus se trouvent en isolement sanitaire, dans l’attente...

commentaires (3)

BIZARRE. AILLEURS C,EST LE CONTRAIRE. LES PLUS VIEUX SONT ATTEINTS PAR CE FLEAU.

L'EXPRESSION DE LA LIBRE ANALYSE

09 h 29, le 25 mars 2020

Tous les commentaires

Commentaires (3)

  • BIZARRE. AILLEURS C,EST LE CONTRAIRE. LES PLUS VIEUX SONT ATTEINTS PAR CE FLEAU.

    L'EXPRESSION DE LA LIBRE ANALYSE

    09 h 29, le 25 mars 2020

  • parce que c est les jeunes qui sortent les vieux on très peur, ils respectent les consignes, ils ont connue la guerre confines des mois et des mois dans les abris.

    Aboumatta

    06 h 55, le 25 mars 2020

  • Je pense que le gouvernement n'a rien compris il faut décréter l'état d'urgence prenez de leçons de l'Italie. Je ne comprends pas que les jeunes prennent la maladie chez nous en Italie c'est plus tôt les personnes âgées . Faites attention je vous le dis car je suis dans un petit village au nord de l'Italie de 7000 habitants et nous avons plus de 10 décès des personnes de plus de 70 ans

    Eleni Caridopoulou

    00 h 23, le 25 mars 2020