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Liban - Conférence

La conformité, levier pour rétablir la confiance

Lors de la conférence sur la « compliance » organisée jeudi par la Chambre de commerce franco-libanaise à Paris. Photo DR

Face à la demande d’éthique, la compliance (conformité), qui traduit de façon réglementaire le besoin de transparence, est-elle un levier efficace de restauration de la confiance ? C’est à cette question que tentait de répondre un panel de très haut niveau dans le cadre d’une conférence organisée jeudi par la Chambre de commerce franco-libanaise à Paris, dont l’enjeu est, précise d’emblée le secrétaire général Farid Aractingi, « de relire les règles, recommandations et meilleures pratiques de la conformité à la lumière des événements que traverse le Liban depuis le 17 octobre, pour répondre à l’attente des parties prenantes ». Et, surtout, pour résoudre la crise de confiance que vit le pays. Triple crise de confiance, révélée par les manifestations, les prises de position exprimées par les donateurs et investisseurs internationaux et par les récentes dégradations de la note souveraine du Liban. La dernière en date remontant à jeudi, avec la dégradation de la note du Liban par Fitch de « CCC » à « CC ». Le débat réunissait Ibrahim Wardé, professeur associé à la Fletcher School of Law and Diplomacy de Tufts University (Boston), Christian Dargham, avocat spécialisé en anticorruption, et Michel Ferrand, avocat d’affaires spécialisé dans le Moyen-Orient.

Tandis que l’ambassadeur du Liban en France, Rami Adwan, souligne le caractère crucial de la question de l’exigence d’éthique, dont Michel Ferrand rappelle qu’elle remonte à l’Antiquité, Ibrahim Wardé note d’emblée qu’il n’est pas aisé de définir ce concept de conformité, finalement assez complexe. Il est néanmoins rappelé par les intervenants que l’engouement pour la compliance moderne trouve son origine dans les excès de dérégulation depuis les années 70, les crises financières successives, le rapport de force entre agents économiques et pouvoir judiciaire, et les arrière-pensées concernant la concurrence économique entre pays de l’OCDE. Tandis que Michel Ferrand pose la question de l’utilité de la notion d’éthique dans les entreprises qui l’appliquent et se demande comment elle pourrait être transposable dans le cadre d’un pays comme le Liban, les panélistes sont d’accord sur un point : qu’il s’agisse de l’entreprise ou de l’État, en matière d’éthique, ce sont les actes qui comptent et l’exemple doit venir d’en haut. C’est ce que Michel Ferrand appelle « le phénomène du ruissellement ». Rien ne sert de sermonner un fonctionnaire corrompu si son ministre l’est tout autant. En revanche, si à la tête d’une entreprise ou d’un État l’on se montre irréprochable, le reste suivra naturellement.

Pour cela, Christian Dargham préconise quelques mesures à prendre : l’indépendance de la justice, la réduction radicale des conflits d’intérêts entre le monde politique et celui des affaires, la levée du secret bancaire, mais aussi et surtout un travail fondamental à effectuer pour changer les mentalités. L’éthique serait-elle une question de culture ? Est-on plus éthique en Scandinavie qu’au Moyen-Orient? La question reste posée et le débat ouvert…


Face à la demande d’éthique, la compliance (conformité), qui traduit de façon réglementaire le besoin de transparence, est-elle un levier efficace de restauration de la confiance ? C’est à cette question que tentait de répondre un panel de très haut niveau dans le cadre d’une conférence organisée jeudi par la Chambre de commerce franco-libanaise à Paris, dont l’enjeu est,...

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