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Reconstruction : HRW met en garde contre la complicité des donateurs avec le régime d'Assad

Syrie

La manipulation de l'énorme quantité d'aide humanitaire fournie à la Syrie est "l'opération la plus sophistiquée jamais vue" par l'ONG. 

OLJ/AFP
28/06/2019

Le régime syrien s'approprie les aides humanitaires et les fonds destinés à la reconstruction, a averti vendredi Human Rights Watch (HRW), mettant en garde les donateurs contre le risque de complicité avec les auteurs d'abus contre les droits humains.

"Human Rights Watch a examiné la manière dont le gouvernement syrien a manipulé l'énorme quantité d'aide humanitaire fournie au pays et, franchement, il s'agit de l'opération la plus sophistiquée que nous ayons jamais vue", a déclaré à l'AFP le directeur général de l'ONG, Kenneth Roth. "L'aide est détournée vers les loyalistes du gouvernement, loin des personnes les plus démunies, qui sont souvent celles qui ont vécu dans des zones contrôlées par l'opposition", a-t-il ajouté.

Huit ans après le début de la guerre en Syrie, le régime du président Bachar el-Assad contrôle environ 60% de la Syrie et cherche à reconstruire un pays dévasté par les combats et les bombardements.

L'ONG HRW, basée à New York, a exhorté investisseurs, ONG et agences de l'ONU oeuvrant de paire avec le gouvernement de Damas à veiller à ce que leurs programmes d'aide ne consolident pas les politiques répressives du régime syrien et ne contribuent pas ainsi indirectement à de graves violations des droits humains.

"Bien que bénignes en apparence, les politiques d'aide et de reconstruction du gouvernement syrien sont conçues pour punir les opposants présumés et récompenser ses partisans", a averti Lama Fakih, directrice adjointe de HRW pour le Moyen-Orient. "Les donateurs doivent veiller à ne pas devenir complices des violations des droits humains commises" par le régime syrien.


(Lire aussi : L’Europe face au dilemme de la reconstruction syrienne)


Conditions imposées par Damas
Le rapport de 94 pages intitulé "Rigging the System" explique comment les ONG humanitaires se conforment souvent aux conditions imposées par Damas pour garantir la pérennité de leurs activités.

Selon HRW, les programmes d'aide incluant des recommandations ou des suggestions par rapport au respect des droits humains sont presque systématiquement rejetés par les autorités syriennes. Les investisseurs et donateurs étrangers risquent ainsi de s'associer à des responsables du régime ou à leurs alliés et de travailler ainsi avec ou de financer des auteurs d'abus humains, a mis en garde l'ONG. Selon M. Roth, "une grande partie" de l'aide "finit dans les poches des représentants gouvernementaux" et "une partie de l'aide finit même par financer les forces de sécurité qui sont elles-mêmes responsables de la crise humanitaire, celles qui torturent, détiennent et tuent des personnes".

Tout en admettant la nécessité de projets de reconstruction et d'aide humanitaire dans les zones sous le contrôle du régime, HRW a émis une série de recommandations pour minimiser les risques d'une éventuelle connivence avec Damas. Elle a notamment exhorté les investisseurs et les agences onusiennes à faire preuve de diligence avant le lancement de tout projet et à mettre en place un mécanisme de contrôle de certaines normes. "Nous exhortons les donateurs et les agences humanitaires à s'unir pour mettre en place un seul consortium distribuant l'aide humanitaire ou à la reconstruction, qui disposerait d'un processus de vérification préalable", a expliqué M. Roth.


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