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Une nouvelle spécialisation en restauration et conservation des biens culturels à l’USEK

ORIENTATION

Unique en son genre au Liban et au Moyen-Orient, cette spécialisation accueillera les étudiants dès septembre.

04/08/2018

Spécialisée dans la conservation et la restauration, l’Université italienne d’Urbino s’engage au Liban aux côtés de l’USEK, suite à un accord signé entre les deux établissements en 2017, pour lancer à partir de septembre une formation unique dans la région qui permettra d’acquérir une expertise dans la conservation et la restauration. 

« La conservation du patrimoine et de l’héritage culturel fait partie de la mission de l’USEK et de la faculté des beaux-arts et des arts appliqués. Et au Liban on a des difficultés énormes à trouver des spécialistes dans ce domaine », souligne Paul Zgheib, doyen de la faculté des beaux-arts et des arts appliqués. En effet, faute de connaissances techniques approfondies dans ce domaine, il faut avoir recours à des étrangers pour restaurer les biens culturels. « L’USEK s’est dit alors qu’il était temps que les Libanais s’en occupent. On ne peut plus négliger nos biens culturels, sinon on va les perdre », continue M. Zgheib. Les biens culturels, explique-t-il, sont d’importantes archives qui appartiennent à l’histoire de toutes les communautés libanaises. On les retrouve partout au Liban, dans des églises ou des mosquées, des musées ou même des maisons. Ils peuvent être des œuvres de peintres libanais, des peintures murales, des manuscrits, des livres ou des mosaïques.

Après avoir instauré un programme similaire avec succès en Tunisie, l’Université d’Urbino a donc collaboré étroitement avec la faculté des beaux-arts et des arts appliqués dans l’élaboration du programme, tout en respectant les spécificités du Liban. « Nous avons proposé des cours suivant le même système de programme européen qui reconnaît différents niveaux de pratiques professionnelles à côté de la théorie », explique Laura Baratin, professeure associée et coordinatrice du programme conservation et restauration de l’héritage culturel à l’Université d’Urbino. Cette université s’est également engagée dans la formation des enseignants de l’USEK, et dans la mise en place de laboratoires de chimie et de physique entre autres, ainsi que d’ateliers scientifiques et techniques. « On tient beaucoup à la réussite du programme. Pour nous, c’est non seulement un devoir de conserver et de restaurer les biens culturels, c’est également un besoin pour le Liban, voire pour les pays voisins », insiste M. Zgheib.

Des experts qualifiés en trois ans d’études
Le programme, dont le coordinateur à l’USEK est l’architecte Joseph Zaarour, comprendra des interventions d’experts italiens et de professeurs d’Urbino sur certains sujets. « Ce qui manque au Liban, c’est la figure du restaurateur. Pour cette raison, ces derniers interviendront même dans le cadre de certains cours », note Mme Baratin. Durant les trois années d’études, la formation prévoit des visites de musées ou d’autres lieux recelant des biens culturels, non pas dans une optique historique, mais afin « d’examiner les matériaux qui composent les œuvres d’art et d’acquérir des connaissances techniques », ajoute-t-elle.

Ce programme totalise 104 crédits. Une partie est consacrée aux cours de formation générale, telles l’histoire du Liban, l’histoire de l’art, les sciences sociales ou l’introduction aux expressions artistiques. Les étudiants suivront aussi, au début, des cours communs aux trois spécialisations offertes par ce programme, tels des cours en graphisme digital, technique de dessin, histoire de l’architecture, théorie et techniques de restauration, chimie et physique appliquées à l’héritage culturel, ainsi que langue italienne. Suite au tronc commun de la formation, les étudiants choisiront, en deuxième année, l’un des trois domaines de spécialisation prodigués par le programme, à savoir la conservation et la restauration des toiles, de la mosaïque ou des manuscrits. Il s’agit surtout d’ateliers spécialisés qui vont permettre aux étudiants de manipuler la matière. À la fin de la troisième année, les étudiants présenteront un projet final, la restauration d’une œuvre d’art, choisie selon leur domaine de spécialisation.

Leur licence en main, les diplômés seront en mesure d’entamer un master à l’Université d’Urbino. Quant aux débouchés, ils pourront enseigner dans le cadre de la formation ou fonder des entreprises privées spécialisées dans le domaine, bénéficiant de la possibilité de collaboration avec la Direction générale des antiquités, ainsi qu’avec les conservateurs de musées, les couvents ou les collectionneurs privés. En effet, selon Mme Baratin, l’USEK est « la première université qui pourrait répondre dans les années à venir à l’exigence de développer un centre spécialisé dans la restauration pour cette région ».



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