X

Diaspora

Une ministre malgache d’origine libanaise appelle les Libanais d’Afrique à investir dans son île

L'histoire de la famille de Béatrice Atallah, ministre des AE de Madagascar, est typique de celle d'autres familles immigrées d'origine libanaise à travers le monde.

OLJ
20/02/2017

Béatrice Atallah, ministre malgache des Affaires étrangères depuis 2015, de père libanais, était présente au congrès de la Lebanese Diaspora Energy (LDE) qui s'est tenu à Johannesburg début février sous l'égide du chef de la diplomatie libanaise Gebran Bassil. Elle y a évoqué l'importance de la tenue de la LDE en Afrique du Sud et a appelé les entrepreneurs libanais présents en Afrique à investir à Madagascar, dont elle a présenté les grands atouts.
Voici des extraits de son discours :
« Pour la première fois, les sentiments de fierté et d'humilité m'envahissent. Me retrouver avec vous, mes chers frères et sœurs libanais, me rappelle mes origines, mes racines, mon cher papa qui doit être fier de là où il est maintenant.
« D'ailleurs, dans ma jeunesse, il me parlait très souvent d'un certain Michel Aoun. C'était comme une prémonition, et aujourd'hui je suis ravie de voir cet illustre personnage se retrouver à la tête du pays et formule des vœux pour un Liban prospère et uni.
« Vous l'aurez compris, mon père est un Libanais du Chouf, arrivé à Madagascar en 1946, dans l'armée française. Après avoir quitté l'armée, il s'est établi au sud de l'île, a fondé une famille et a prospéré dans le commerce et les affaires, transformant son village. Très tôt, il nous a inculqué les valeurs de la famille, le respect des aînés, de la tolérance, de l'indépendance et de la détermination.
« Ma mère malgache, quant à elle, nous a transmis les valeurs de solidarité et de générosité. La symbiose de ces deux cultures complémentaires aura été à la base de ma personnalité. Je suis l'aînée d'une famille de huit enfants, tous nés à Madagascar. Avec l'encouragement de mes parents, j'ai suivi de longues études dans la capitale de l'île, à 1 220 km de ma ville natale, afin d'obtenir mon diplôme de maîtrise en droit public et d'intégrer l'Institut des études judiciaires pour devenir magistrate. Aujourd'hui encore, je suis toujours magistrate.
« J'ai rempli le rôle de présidente du Tribunal pour enfants pour m'engager en 2003 dans des actions auprès de la société civile, en vue d'assurer davantage de parité entre les gens et de renforcer les communautés vulnérables. Dans la même période, j'ai entrepris des démarches pour retrouver ma famille libanaise avec laquelle le contact avait été perdu, surtout après le décès de mon père.
« J'ai pu ainsi rencontrer les membres de ma famille en 2006, lorsque j'ai foulé pour la première fois, et avec beaucoup d'émotion, le sol libanais : ce fut comme une seconde naissance pour moi. Je suis aujourd'hui mariée et mère d'une fille. Plus tard, ma carrière a été marquée par des expériences enrichissantes au sein du ministère des Finances et du Budget, où je fus nommée conseillère juridique.
En 2012, j'ai été élue présidente de la commission électorale nationale indépendante. Le défi était de taille, car il fallait organiser des élections démocratiques libres, justes, transparentes et surtout reconnues par tous, alors que le pays traversait une crise politique sans précédent. C'est ainsi que, alors que personne n'y croyait plus, une élection présidentielle fut tenue avec succès le 25 octobre 2013.
« Pour terminer, et alors que nous œuvrons au développement économique de Madagascar, cette rencontre constitue pour moi et pour la délégation que je conduis une occasion de puiser dans l'expérience libanaise le savoir-faire dans la mobilisation de la diaspora. »

À la une

Retour au dossier "Diaspora"

Dernières infos

Les signatures du jour

Les + de l'OLJ

1/1

Le Journal en PDF

Les articles les plus

x

Pour enregistrer cet article dans votre dossier personnel Mon Compte, vous devez au préalable vous identifier.

6

articles restants

Soutenez notre indépendance!