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La peur au ventre, les civils fuient les combats à Mossoul

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Les ONG craignent que la féroce bataille n'entraîne le déplacement de plus d'un million de civils.

OLJ/AFP/W.G. Dunlop
02/01/2017

Les tirs d'armes automatiques fendent l'air, un hélicoptère mitraille des jihadistes et, transis par la peur, des femmes et des enfants courent pour échapper aux balles. Les rues boueuses de Mossoul, au nord de l'Irak, sont devenues un champ de bataille que les civils tentent de fuir à tout prix.

D'autres, téméraires, inconscients ou résignés, préfèrent se calfeutrer chez eux et déployer un drapeau blanc sur la façade de leur maison pour bien montrer qu'ils ne veulent pas être mêlés aux combats que se livrent les forces irakiennes et les jihadistes du groupe Etat islamique (EI) pour le contrôle de la deuxième ville d'Irak.

Dans ce quartier de l'est de Mossoul, la bataille a repris de plus belle jeudi, lorsque l'armée et la police ont lancé la deuxième phase de leur opération destinée à reconquérir la ville aux extrémistes sunnites qui l'occupent depuis juin 2014. Des enfants ont mis tout ce qu'ils pouvaient dans des sacs en plastique qu'ils portent sur le dos. Une femme sanglote tout en rejoignant une impressionnante cohorte de civils. Ils se dirigent vers des autocars peints aux couleurs de la police qui les emmèneront en lieu sûr.
"Il y avait plus de familles" vendredi, constate le lieutenant-colonel Hicham Abdulkadhim de la force d'intervention rapide du ministère de l'Intérieur, qui coordonne les mouvements de civils.

Les ONG craignent que la féroce bataille de Mossoul n'entraîne le déplacement de plus d'un million de civils. Depuis le début de l'offensive le 17 octobre, environ 120.000 personnes ont quitté leur foyer.

Dans les rues résonnent le claquement des armes et le bruit des explosions. La force d'intervention rapide progresse vite mais doit faire preuve de la plus grande prudence. Car l'EI envoie des kamikazes se faire exploser contre les soldats et policiers au volant de véhicules bourrés d'explosifs. Un Humvee de l'armée équipé de missiles antichar a justement pour tâche de viser les voitures piégées. Il travaille en binôme avec un bulldozer chargé d'ériger des buttes en terre pour arrêter les kamikazes dans leur élan.

(Lire aussi : À Mossoul, les forces irakiennes confrontées aux kamikazes et aux drones de l'EI)

 

"Je me sens revivre"
Les hélicoptères survolent la ville et ouvrent le feu épisodiquement sur les jihadistes qui leur répondent à coups de dérisoires tirs de pistolets et d'armes automatiques.

Des civils curieux ouvrent leurs portes pour en savoir plus, mais ils sont vite rabroués par les soldats qui les somment de rester cloîtrés chez eux. Les dangers sont légion, des frappes aériennes aux tirs d'artillerie en passant par les roquettes. Mais ceux qui décident de rester chez eux aident aussi les troupes dans leur avancée.
"Il y a une voiture piégée derrière la mosquée", lance un policier qui tient l'information d'habitants du quartier. De son Humvee, un soldat se met alors à scruter les rues à la recherche du véhicule, mais ne trouve rien.
Une nouvelle colonne de civils s'extirpe du quartier voisin.
Les jihadistes "nous ont mis dehors", raconte Karama Attiyah, un air d'effroi sur le visage. "Ils se cachent chez nous", explique-t-elle.

Les membres de la force d'intervention rapide dirigent les civils vers un bâtiment où flotte un drapeau blanc.
Puis, brusquement, au constant vacarme des armes automatiques succède un calme tout relatif. Les forces progouvernementales ont atteint leur objectif à la pointe nord du quartier.

Pour les civils restés chez eux, l'angoisse cède le pas et certains sortent dans la rue. Là, aucun soldat ne vient leur intimer de se calfeutrer. nDes enfants, fous de joie, font le "V" de la victoire. Une petite fille agite un drapeau irakien dessiné à la main. "C'est la première fois que nous sortons depuis trois jours", dit Hasna Yassin. "Je me sens revivre."

 

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