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Liban

Comment la diplomatie de l’eau peut éviter les conflits dans le bassin du Jourdain

Ressources hydrauliques

Une conférence sur l'hydrodiplomatie a été organisée au Sénat français par le ministère libanais de l'Énergie et de l'Eau, et le sénateur des Français établis hors de France.

OLJ
23/12/2016

Quel rôle pour la diplomatie dans le bassin du Jourdain, dans l'optique d'une sécurisation des générations futures, d'un partage équitable de l'eau et de l'utilisation des nouveaux outils technologiques ? C'est sur ces problématiques que s'est récemment penché un colloque intitulé L'hydrodiplomatie et le changement climatique pour la paix au Moyen-Orient : le cas du bassin du Jourdain, organisé au Sénat français à Paris par le ministère libanais de l'Énergie et de l'Eau, représenté par le directeur général Fadi Comair, en collaboration avec Olivier Cadic, sénateur représentant les Français établis hors de France.
Ce colloque a permis d'explorer le concept de l'hydrodiplomatie appliqué au cas du bassin du Jourdain, dans l'objectif de favoriser la « culture de l'eau » pour la paix dans cette région et de sécuriser l'accès à l'eau pour les générations futures. Le but étant de dresser une feuille de route pour les pays de la région dans le cadre des politiques d'adaptation de l'après-COP21 et 22 (sommets de l'Onu sur le climat, ayant eu lieu respectivement à Paris en 2015 et à Marrakech en 2016).
La sensibilisation au concept de l'hydrodiplomatie (la diplomatie portant sur des questions en rapport avec l'eau, notamment pour permettre une gestion efficace des cours transfrontaliers) et son adaptation au cas du bassin du Jourdain ont été au centre de ce colloque. Le thème du partage équitable de l'eau pour favoriser la paix au Proche-Orient a été longuement débattu par les participants, suivant les axes suivants : l'hydrodiplomatie du Jourdain pour une sécurisation des générations futures et pour un partage équitable de l'eau du Jourdain, suivant une gestion intégrée dans un cadre législatif onusien, ainsi que les approches innovantes, en d'autres termes les nouveaux outils technologiques et financiers.
Plusieurs personnalités, notamment des sénateurs et des ministres, étaient présentes, notamment Miguel Angel Moratinos, Henri Tandonnet, Jean Launay, Brice Lalonde (président de l'Académie de l'eau en France) et Élisabeth Lamure.

Un plan d'adaptation face à la pénurie d'eau
Pour sa part, le sénateur Cadic a souligné que l'eau dans la région du Proche-Orient a une dimension transfrontalière et interétatique dont le partage inéquitable peut provoquer ou alimenter des conflits, se superposant ainsi aux tensions géopolitiques de la région. Il a proposé de réfléchir aux moyens d'assurer l'approvisionnement en eau et d'éloigner le spectre de la guerre de l'eau en adoptant une politique participative de gestion des ressources hydrauliques. Il a aussi remercié M. Comair pour avoir organisé ce colloque sur le bassin du Jourdain qui est la seconde initiative de ce type, la première ayant porté sur l'Oronte, et la troisième, à venir, sur le bassin du Nil.
M. Loïc Fauchon, président honoraire du Conseil mondial de l'eau, a souligné que la pénurie de cette ressource dans la région du Moyen-Orient sera de plus en plus exacerbée du fait de la démographie croissante, de l'urbanisation et des évolutions du climat, d'où l'importance de l'accord de Paris sur le changement climatique. Il a ajouté qu'il est nécessaire d'établir le lien entre science et diplomatie de l'eau dans le but de proposer des solutions aux conflits sur les bassins transfrontaliers.
M. Comair a déclaré que le Liban appuie l'ensemble des projets du bassin du Jourdain tels que le canal de la mer Morte (Jordanie), le barrage d'Ibl el-Saki sur le fleuve Hasbani (Liban) et les projets de dessalement d'eau de mer. Tous ces projets sont, selon lui, destinés à stocker plus d'eau qui sera de fait disponible pour un partage équitable entre les pays riverains du Jourdain, suivant la convention des Nations unies de 1997.
M. Comair a estimé que le concept de l'hydrodiplomatie doit être un moyen pour favoriser la « culture de l'eau » pour la paix dans la région du Moyen-Orient en sécurisant l'accès à l'eau pour les générations futures. Il a proposé une action concertée réunissant les experts scientifiques, la société civile et les politiques, afin de dresser un plan d'adaptation conformément à l'accord de Paris, dans le but de faire face à la pénurie de l'eau.
À l'issue des travaux de ce colloque Miguel Angel Moratinos a énuméré les recommandations qui seront transmises aux décideurs politiques du Moyen-Orient, aux associations non gouvernementales ainsi qu'aux secrétariats de la COP21 et 22. Il a en outre proposé de créer un Haut Conseil de l'eau et de l'énergie dans le but de gérer l'avenir de l'alimentation en eau dans la région du Moyen-Orient.

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