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Économie

Hariri veut multiplier « par vingt » la vitesse du débit internet au Liban

Liban - Compte rendu

Le Premier ministre a évoqué les priorités du nouveau gouvernement pour redynamiser l'économie, lors de la 3e édition de la conférence annuelle « Global Business Summit », hier.

23/12/2016

Le Premier ministre Saad Hariri a évoqué les grandes lignes de la politique économique de son gouvernement formé le 18 novembre, lors de la 3e édition de la conférence annuelle Global Business Summit, qui s'est tenue hier à l'hôtel Four Seasons à Beyrouth. Sponsorisée par Bank Audi, la Banque libano-française et MedSecurities, cette conférence était organisée par l'antenne libanaise du réseau de mentorat entrepreneurial Endeavor et l'association d'entraide entre dirigeants financiers Life.
« La priorité de ce nouveau gouvernement est de rétablir la confiance afin d'attirer les investisseurs », a lancé d'emblée M. Hariri, répondant aux questions du président du conseil d'administration de Life, Marc Malek, de l'un des membres de ce même conseil d'administration, Adel Afiouni, et du directeur général d'Endeavor, Tarek Sadi, devant un parterre d'investisseurs et d'hommes d'affaires.

 

Secteur des télécoms
M. Hariri a notamment insisté sur l'importance de ce dialogue, afin de recueillir les contributions du secteur privé sur les mesures que le gouvernement pourrait mettre en place pour faciliter leurs affaires. C'est dans ce contexte qu'il a fait la promesse que « ce gouvernement allait multiplier par vingt la rapidité du débit internet au Liban », sans donner plus de précisions sur les mesures qu'il envisageait de mettre en œuvre. « Au niveau économique, nous souffrons de plusieurs problèmes, je pense que nous devons nous concentrer sur tout ce qui est lié à la technologie, et sur le secteur des télécoms, afin de pouvoir atteindre les objectifs que nous nous sommes fixés. »
Pour rappel, M. Hariri avait été interpellé, le 23 novembre, sur Twitter, par l'Américain d'origine libanaise Tony Fadell –
l'inventeur de l'iPhone et de l'iPod – qui avait souligné l'urgence pour le Liban de rattraper son retard dans ce domaine. Ce à quoi le Premier ministre avait répondu que ce dossier était « la priorité du futur gouvernement ».

Le Premier ministre a également affirmé que la récente stabilité politique aura pour première conséquence de redonner confiance aux investisseurs. « Le plus important est de redonner l'espoir aux citoyens. Avec l'élection d'un président, la formation d'un nouveau gouvernement et la tenue des prochaines élections législatives, la plupart des hommes d'affaires qui veulent investir se sentiront plus confiants. Le pays a maintenant un système et une politique stables », a-t-il exposé. Il a ajouté que le secteur touristique avait largement souffert de ce manque de confiance, un facteur primordial, selon lui, pour attirer les visiteurs.

 

Environnement des affaires
Il a ensuite assuré que la paralysie politique n'allait plus empêcher la mise en place de projets. « Ces dernières années, nous étions extrêmement divisés (...), mais cette division n'existe plus. Auparavant, les projets étaient bloqués pour des raisons politiques, tandis qu'aujourd'hui, l'environnement est totalement différent. Nous pouvons mener à bien de nombreux projets, que ce soit au niveau de la privatisation des services publics, du secteur du gaz et du pétrole, et également avec l'élaboration de lois qui permettront d'améliorer l'environnement des affaires », a-t-il ajouté. Il faut dire que le Liban a été classé à la 126e place sur 190 pays au classement 2017 du rapport « Doing Business » de la Banque mondiale, qui évalue justement les facilités accordées aux entrepreneurs.

« Ce gouvernement, dont le mandat ne dépasse pas les six mois (jusqu'aux prochaines législatives prévues en mai, ndlr), doit travailler pour élaborer un plan économique pour le court, le moyen et le long terme », a encore souligné le Premier ministre. De fait, M. Hariri a annoncé préparer plusieurs lois pour améliorer l'environnement des affaires, notamment en réduisant les impôts sur les start-up durant leurs « deux ou trois premières années d'activité par rapport aux autres sociétés », ou encore en facilitant les procédures d'ouverture et de fermeture des sociétés. « L'une des priorités du gouvernement est de faciliter le plus possible le fonctionnement des sociétés, quel que soit le secteur dans lequel elles opèrent », a-t-il encore indiqué.

Concernant la privatisation des secteurs-clés, M. Hariri a annoncé que l'adoption de la loi concernant les partenariats public-privé (PPP) – dont l'adoption a échoué à plusieurs reprises depuis 2007 – est une priorité pour ce nouveau gouvernement. Il a aussi estimé que « de nombreux secteurs devraient être privatisés », citant les télécoms ou l'électricité.

Il a également déclaré que, malgré le fardeau que cela représentait, le pays pourrait néanmoins tirer parti de la crise des réfugiés. « Nous pouvons utiliser notre situation pour s'assurer des investissements et une aide dans nos infrastructures, notamment dans le secteur de l'électricité, de l'eau, des routes, des hôpitaux ou autres », a-t-il estimé, avant de relever qu'une éventuelle conférence de type Paris IV sera difficile à mettre en place avant septembre.
Il enfin ajouté à propos de la corruption que celle-ci « pourrait être divisée par deux avec la mise en place d'une administration en ligne ».

La BDL prévoit des taux d'intérêt « stables » en 2017, assure Salamé
Le gouverneur de la Banque du Liban (BDL), Riad Salamé, a déclaré hier dans son discours, lors de la troisième édition du Global Business Summit, qu'il prévoyait « des taux d'intérêt stables en 2017 », même (...) dans un environnement où (ces derniers) commencent à être augmentés ».
« Nous avons accumulé suffisamment de fonds à des taux fixes qui nous permettront de financer le déficit public en 2017 (...). Nous interviendrons uniquement pour maintenir la stabilité de la livre, et moins sur les marchés des taux d'intérêt. Et si une réaction technique se produit à court terme, nous avons assez de (...) devises pour intervenir », a-t-il ajouté.

Pour rappel, la Réserve fédérale américaine a décidé le 14 décembre d'augmenter ses taux d'un quart de point de pourcentage, atteignant un niveau qui varie entre 0,50 et 0,75 %, et prévoit, dès 2017, une augmentation des taux de 0,75 point de pourcentage supplémentaire.
S'agissant du développement de l'économie numérique, le gouverneur de la Banque centrale s'est dit prêt à renforcer davantage le mécanisme mis en place en 2013 par la circulaire 331 et qui permet aux banques commerciales d'investir jusqu'à 3 % de leurs fonds propres dans des start-up. « Cette année, nous avons augmenté cette part à 4 %, (...) et nous pouvons la hausser à 5 % si la demande et la croissance du secteur sont au rendez-vous », a indiqué M. Salamé.

Il a également appelé les start-up, les sociétés et les fonds à préparer leur entrée sur la Bourse électronique, dont il prévoit le lancement pour le deuxième trimestre 2017. La création de cette nouvelle plateforme élaborée par l'Autorité des marchés de capitaux (AMC), un organisme créé par la loi 161 du 17 août 2011 afin de réguler les marchés financiers et d'encourager leur développement et qui doit coexister avec la Bourse de Beyrouth, a été retardée à plusieurs reprises depuis plus d'un an.
M. Salamé a enfin noté que les remises des expatriés vers le Liban n'avaient reculé « que de 10 % » en un an, pour atteindre « 7 milliards de dollars ».

 

Pour mémoire

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