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Moyen Orient et Monde

Forcing pour une délégitimation de Donald Trump

États-Unis
16/12/2016

Même avant de commencer son mandat, Donald Trump sème le trouble à tout-va. Comme l'a dit Michael Lewis dans son ouvrage The Undoing Project, paru il y a quelques jours, « depuis l'arrivée de Trump au pouvoir, c'est vraiment le triomphe de la pensée irrationnelle ».
« Il est très bizarre, dans ce contexte, de voir comment réagit la droite dure, désormais complètement déboussolée et vivant dans un état de déni, comme si la présidentielle n'avait pas eu lieu. Cette droite a de la peine à réaliser que le Parti républicain, que l'on pensait perdant, avait fini par gagner », explique un analyste.

C'est dans ce contexte que doit être inscrite une campagne assez implacable de délégitimation du 45e président des États-Unis. À commencer par Jill Stein, l'illustre inconnue candidate représentant l'insignifiant Parti vert à la présidentielle et qui avait obtenu moins de 1 % des voix. Aujourd'hui, elle a pu collecter 8 millions de dollars pour le recompte des voix tombées dans l'escarcelle du président élu dans trois États : le Wisconsin, le Michigan et la Pennsylvanie. Résultat : elle n'a pu obtenir qu'une voix de plus pour Hillary Clinton et 23 de plus pour Donald Trump.

De son côté, la candidate démocrate a demandé que les services de renseignements communiquent au collège électoral les détails sur l'intervention russe dans les élections, afin de délégitimer, elle aussi, le président élu. Vaine démarche, puisque les grands électeurs devraient, le 19 janvier, confirmer et annoncer officiellement la présidence de Donald Trump. Cerise sur le gâteau, le directeur de la CIA, John Brennan, accusé d'être proche d'Obama, a récemment déclaré que les Russes ont interféré dans le processus électoral, sans toutefois donner de preuves tangibles à ce sujet. C'était, en fait, une réponse à Donald Trump qui refuse, comme cela doit se faire, que le président soit quotidiennement briefé par des responsables de la CIA sur des problèmes de sécurité. De son côté, M. Trump a vertement critiqué M. Brennan, le qualifiant de « ridicule » et précisant que « ceux qui prétendent nous informer présentent des informations politisées ».
Paul Pillar, ancien responsable de la CIA, remarque qu'il y a là « une réelle perspective d'un continuel dysfonctionnement dans la relation du président et des renseignements ».

 

(Lire aussi : Le Kremlin et les élections américaines)

 

Contre les républicains
Il faut reconnaître que les démocrates ont toutes les raisons de déclarer cette guerre contre M. Trump, qui a été l'instrument de leur perte et de leur humiliation le 8 novembre dernier. Mais les choses sont beaucoup plus compliquées pour les républicains, à qui le président élu a quand même donné une victoire historique, alors que le GOP était moribond et suicidaire.

Pour le Drudge Report, un blog américain conservateur qui l'a toujours soutenu, « les républicains ont terminé la lune de miel avec Trump même avant qu'il ne soit président ». Le blog fait allusion au conflit qui devrait opposer le président élu aux républicains autour de la nomination de Rex Tillerson, grand patron de la compagnie pétrolière Exxon Mobil, tout récemment désigné comme secrétaire d'État. Cette mise en garde,appuyée par des coups de téléphone quotidiens, s'adresse au comité des relations étrangères du Sénat qui doit approuver la nomination de Tillerson. Or, trois sénateurs républicains peuvent noyer cette candidature. Il s'agit de John McCain, Lindsey Graham et Marco Rubio, qui vont exploiter à cet effet les fortes relations du secrétaire d'État désigné avec le président russe Vladimir Poutine. Mais, selon une source bien informée, les premiers signes montrent qu'en définitive, le GOP ne va pas pouvoir défier Trump à ce sujet.
D'autre part, même si beaucoup ont fait les éloges de la formation du cabinet de Trump, y compris Harry Reid, le leader de la minorité démocrate au Sénat, et le New York Times qui avait fait campagne contre lui, cette guerre de déstabilisation va continuer et se transformer en une opposition féroce.

 

(Lire aussi : Assad estime que Trump pourrait devenir "un allié naturel")

 

Gates et West
En attendant, c'est dans les incessants va-et-vient dans le lobby doré et dans les nombreux ascenseurs de la Trump Tower que se façonne le nouveau gouvernement, sous l'œil de toutes les chaînes de télévision qui les transmettent à tous les foyers du pays. Y défilent ainsi les grands symboles de la vie américaine. Cette semaine, c'était notamment le cofondateur de Microsoft Bill Gates et le chanteur et producteur Kanye West.
Le premier a tenu à rappeler au président élu que ses richissimes amis et lui avaient déjà consacré un milliard de dollars pour une prise de conscience de l'importance du changement climatique et de l'expansion de la nouvelle culture informatisée. L'impression du pionnier de la micro-informatique après cette entrevue? « Trump pourrait, à la manière de JFK, unir le pays autour de l'esprit d'innovation. » Le second, époux de Kim Kardashian, était là, plus prosaïquement, pour demander à se produire le jour de l'investiture, le 20 janvier prochain.
Le 721 Fifth Avenue, qui abrite la Trump Tower, a déjà pris toute l'aura du 1600 Pennsylvania Avenue, l'adresse de la Maison-Blanche où réside un président Obama en partance...

 

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