Journée mondiale du sida

L’éducation sexuelle au cœur de l’action de l’ONG Marsa

À l'occasion de la Journée mondiale de lutte contre le sida, qui se déroule aujourd'hui, zoom sur l'ONG Marsa et ses actions de prévention contre le VIH, les MST et les IST.

Un jeune homme effectue un prélèvement sanguin pour se faire tester.

Mar Mikhaël, 22h30. La rue est bondée de jeunes profitant de la vie nocturne beyrouthine. On fume sur les trottoirs, on boit un verre et on se marre. Une femme aborde un groupe rassemblé devant la porte d'un pub. « Bonsoir, mon nom est Diana, je suis de l'ONG Marsa. Voici des préservatifs pour vous. Bonne soirée ! »

Diana Abou Abbas est directrice à Marsa, une organisation qui œuvre pour la sensibilisation au sujet des risques liés aux maladies sexuellement transmissibles (MST). Elle offre divers services gratuits, tels que des tests pour les hépatites B et C, les infections sexuellement transmissibles (IST), les MST et le VIH.

L'organisation compte quatre salariés et une dizaine de volontaires. Ils œuvrent sur le terrain pour mettre en place des campagnes de prévention contre les maladies susmentionnées. À cet effet, ils vont directement à la rencontre des jeunes, les premiers concernés. « Les adolescents et les jeunes adultes sont une cible privilégiée, relève Diana Abou Abbas. Nous avons l'habitude de distribuer des préservatifs en soirée dans les quartiers de Beyrouth et les festivals qu'ils prisent. Désormais, ils s'attendent à ce que l'on soit là. Nous serons bien sûr présents ce soir dans les rues de la ville à l'occasion de la Journée mondiale de lutte contre le sida. »

L'organisation est aussi très active sur les réseaux sociaux et produit régulièrement des vidéos informatives facilement compréhensibles par tous. L'accès à l'information liée aux IST et MST est encore aujourd'hui difficile. Une partie de l'action de l'ONG se concentre donc sur l'éducation sexuelle. « Nous constatons que beaucoup de jeunes et d'adultes ne connaissent pas les moyens de contraception auxquels ils peuvent avoir accès, encore moins les risques qu'ils encourent en ayant des relations sexuelles non protégées, constate Diana Abou Abbas. Notre objectif est de briser les barrières et les stéréotypes. En effet, les gens, dans leur majorité, continuent à considérer le sida comme une maladie ne concernant que les homosexuels. »

« Notre but est d'aider, d'éduquer et d'accompagner les personnes qui choisissent de se tourner vers nous, explique pour sa part Miled Abou Jaoudé, psychothérapeute à Marsa. Notre approche est pédagogique, d'où notre particularité. » Et d'ajouter : « Les tests sont anonymes et confidentiels. Nous tenons à respecter l'intimité de nos patients et à les mettre le plus à l'aise possible. »

 

(Lire aussi : Zoom sur la préexposition, une stratégie de prévention du VIH)

 

Lorsqu'un patient est diagnostiqué séropositif, le travail de Marsa ne s'arrête pas là. Tout un dispositif d'accompagnement est alors mis en place. « Nous commençons par lui expliquer la situation dans laquelle il se trouve, afin qu'il comprenne mieux sa condition, souligne Miled Abou Jaoudé. Nous lui proposons ensuite des séances de thérapie et nous le redirigeons vers des spécialistes avec qui nous avons développé une relation de confiance. La vie de ces individus bascule en quelques semaines seulement. Nous leur apprenons à se reconstruire, en adaptant leur mode de vie sur le plan médical, social et financier. »

En parallèle, l'ONG accueille des victimes de viol et leur fournit un soutien psychologique. « Toutes les personnes travaillant à Marsa ont reçu une formation spéciale au sein de l'association pour leur apprendre à gérer tous types de situation », insiste Diana Abou Abbas.

Pour les prochaines années, le plan d'action de Marsa est chargé. « Nous sommes en train de développer des partenariats avec d'autres ONG pour mettre en place un programme d'éducation sexuelle au sein des universités, confie Diana Abou Abbas. Nous avons également récolté beaucoup de données qui nous serviront à mener les recherches sur les différents sujets auxquels l'ONG s'intéresse, ainsi que du lobbying. »

Marsa s'est vu attribuer, en 2014 et en 2016, le Prix du ruban rouge par l'Onusida pour son travail effectué au niveau de la prévention des risques sur la transmission du VIH. « Ce prix a une importance symbolique pour nous, précise Miled Abou Jaoudé. Cela signifie en fait que notre travail est reconnu internationalement et cela nous encourage à continuer dans cette direction. »

Ces encouragements, le personnel et les volontaires en ont grandement besoin. « Il reste encore beaucoup de choses à améliorer dans le pays, mais nous sommes motivés et nous croyons fermement en la cause que nous défendons », conclut-il.

 

 

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Mar Mikhaël, 22h30. La rue est bondée de jeunes profitant de la vie nocturne beyrouthine. On fume sur les trottoirs, on boit un verre et on se marre. Une femme aborde un groupe rassemblé devant la porte d'un pub. « Bonsoir, mon nom est Diana, je suis de l'ONG Marsa. Voici des préservatifs pour vous. Bonne soirée ! »


Diana Abou Abbas est directrice à Marsa, une organisation...

commentaires (2)

Je connais un excellent professeur de sexualité, il est italien et s'appelle Rocco Sigfredie. .

FRIK-A-FRAK

15 h 46, le 01 décembre 2016

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Commentaires (2)

  • Je connais un excellent professeur de sexualité, il est italien et s'appelle Rocco Sigfredie. .

    FRIK-A-FRAK

    15 h 46, le 01 décembre 2016

  • Apprendre aux jeunes les risques que représentent pour leur santé certains comportements et les moyens de les éviter est une bonne chose, mais c'est de "l'information". Le mot "éducation" est ici, mal choisi. Éduquer, c'est autre chose. C'est apprendre à gérer ses sentiments, à être libre, maître de soi et responsable. Tout simplement à être vraiment "homme". "Vaste programme!", comme aurait dit De Gaulle.

    Yves Prevost

    07 h 28, le 01 décembre 2016