Pour préserver l’espoir

« Je suis l’une des victimes du samedi noir »

Pour que la cause des personnes disparues au Liban ne tombe pas dans l'oubli, l'ONG Act for the Disappeared a lancé le projet « Fus'hat amal »*. Dans ce cadre, nous publions une série de témoignages fictifs qu'auraient apportés des Libanais arrachés à leur milieu familial et social.

Hassan Ghandour est l’une des victimes du samedi noir.

Beyrouth, samedi 6 décembre 1975.
En l'espace de deux heures, des centaines de personnes sont arrêtées, sauvagement assassinées ou enlevées.
Mon nom est Hassan, je suis l'une des victimes de ce samedi noir.
En ce jour, j'étais dans un hôtel du centre-ville, situé près de la place Debbas. J'y résidais pour les besoins de mon travail. J'étais éditeur au journal as-Safir. Comme je vivais à Jouaya, au Liban-Sud, je louais une chambre dans un hôtel pour deux ou trois nuitées, lorsque mon travail nécessitait que je passe quelques jours à Beyrouth.

Ce jour-là, j'ai entendu des coups de feu. Ce n'était pas des échanges de tirs nourris, mais plutôt des tirs isolés, parfois rapprochés. La panique a commencé à gagner les gens qui se trouvaient aux alentours. D'aucuns se sont mis à courir. La terreur se lisait sur leur visage.
Puis la nouvelle du massacre s'est répandue.

Je suis retourné à mon hôtel. J'étais en train de monter les marches des escaliers en direction de ma chambre, lorsque j'ai entendu des hommes armés demander à la réception les noms de ceux qui résidaient dans l'établissement. Lorsqu'ils ont prononcé mon nom, mon sang s'est glacé.
En l'espace de quelques instants, je me suis retrouvé dans une voiture, les yeux bandés. On m'emmenait vers une destination que je ne pouvais que redouter.

Qu'est-il arrivé ensuite ? Ai-je été tué et enterré à quelques centaines de mètres de l'hôtel ? Ou bien ai-je été emmené pour être interrogé et transféré dans un lieu de détention, loin du lieu de mon enlèvement ?
Quarante ans après ce funeste jour, ma famille attend toujours des réponses à ces questions.
Mon nom est Hassan Ghandour. Mon histoire ne s'arrête pas là.

 

* « Fus'hat amal » est une plateforme numérique qui rassemble les histoires des personnes disparues au Liban. Le projet est financé par le Comité international de la Croix-Rouge, l'Union européenne, le National Endowment for Democracy et la Fondation Robert Bosch.
Des histoires d'autres personnes ayant disparu durant la guerre sont disponibles sur le site Web de Fus'hat amal à l'adresse: www.fushatamal.org
Si vous êtes un proche d'une personne disparue, vous pouvez partager son histoire sur le site du projet ou contacter Act for the Disappeared aux 01/443104, 76/933306.

 

Tous les témoignages dans notre dossier

Disparus de la guerre civile : S'ils pouvaient témoigner...


Beyrouth, samedi 6 décembre 1975.
En l'espace de deux heures, des centaines de personnes sont arrêtées, sauvagement assassinées ou enlevées.
Mon nom est Hassan, je suis l'une des victimes de ce samedi noir.
En ce jour, j'étais dans un hôtel du centre-ville, situé près de la place Debbas. J'y résidais pour les besoins de mon travail. J'étais éditeur au journal...

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