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Affaire Sadr

Akram Azouri : Le politique a pris le dessus sur l’indépendance de la justice

L'avocat de Hannibal Kadhafi, arrêté depuis un an, renonce à défendre son client « tant que la justice est dysfonctionnelle ».

Akram Azouri, avocat de Hannibal Kadhafi.

Akram Azouri, avocat de Hannibal Kadhafi, a annoncé hier lors d'une conférence de presse qu'il renonce définitivement à défendre son client jusqu'à ce qu'un terme soit mis au dysfonctionnement de la justice.
Le fils du dictateur libyen Mouammar Kadhafi, incarcéré depuis le 14 décembre 2014, est accusé d'avoir caché des informations sur la disparition, en 1978, de l'ancien président du Conseil supérieur chiite, l'imam Moussa Sadr. Hannibal Kadhafi, qui avait été enlevé en Syrie à la fin de l'année dernière et relâché sur la route internationale Baalbeck-Homs, avait ensuite été remis à une patrouille des FSI, avant d'être déféré devant le juge d'instruction.

Joint au téléphone par L'Orient-Le Jour, M. Azouri a souligné que « la justice libanaise a une réputation de compétence et d'indépendance qui a été une des causes de la fierté et de la prospérité du Liban. Or, depuis vingt ans, le politique a pris le dessus sur l'indépendance de la justice. Plus les années passent, plus l'indépendance de la justice s'effrite ». « Il en va de l'intérêt supérieur de la nation et de l'intérêt de chaque composante de la société libanaise que les responsables politiques signent entre eux un pacte de non-ingérence dans les mutations judiciaires, s'engagent à respecter ce pacte, à nommer un ministre de la Justice indépendant de toutes les parties et à procéder à ces mutations judiciaires en coopération étroite avec le Conseil supérieur de la magistrature et l'Inspection judiciaire. Sans une volonté politique, tout nouveau ministre de la Justice échouera dans sa mission. L'ingérence du politique dans les mutations atteint de plein fouet le principe de l'indépendance de la justice », a-t-il martelé.

 

(Lire aussi : La Cour de justice fixe l’examen du dossier Moussa Sadr au 31 mars prochain)

 

« La justice repose sur le principe d'indépendance : indépendance des pouvoirs exécutif et législatif, et aussi indépendance entre le parquet, les autorités d'accusation et les autorités de jugement. L'exemple le plus frappant de cette ingérence et du manque d'indépendance des diverses composantes de la justice est ce qui s'est passé (hier matin) dans le cadre du procès de Hannibal Kadhafi devant l'assemblée plénière de la Cour de cassation. Durant cette audience, la réponse de l'État libanais, qui est le défenseur face au demandeur qui est Chadi Hussein, avocat de la famille de Moussa Sadr, lequel poursuit l'État libanais pour faute grave parce que la Chambre pénale de la Cour de cassation a dessaisi le juge d'instruction Zaher Hamadé qui avait lancé le mandat contre Kadhafi pour suspicion légitime, la famille voulant garder ce juge en charge du dossier, était qu'il (l'État libanais) ne demande rien au ministère de la Justice », a expliqué M. Azouri.

« Il existe donc une collusion frauduleuse entre le demandeur, qui est la famille de l'imam Moussa Sadr, et le défendeur qui est l'État, contre la justice libanaise. J'ai demandé de notifier l'Inspection judiciaire de ce manquement grave à l'obligation de l'État et j'ai conclu au rejet de toute action parce qu'elle est basée sur une fraude entre les deux parties », a-t-il dit.
Il a souligné : « Je ne peux plus continuer à défendre Hannibal Kadhafi tant que la justice fonctionne de cette manière. Ma présence dans ce procès crée l'illusion d'une défense alors qu'il s'agit d'une décision politique de maintenir mon client en détention arbitraire. M. Kadhafi n'a plus besoin d'un avocat. C'est à la justice de faire son travail. »

La réponse de Chadi Hussein, avocat de la famille de l'imam Moussa Sadr, n'a pas tardé. Il a publié un communiqué soulignant que « M. Azouri tente de donner des illusions à l'opinion publique, à la justice et aux médias. Ce qu'il avance est un mensonge inventé de toutes pièces pour faire pression sur la justice ».

 

 

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