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Liban

De jeunes Palestiniens du Liban et des Pays-Bas engagés dans un dialogue pour faire tomber les frontières

Échanges

Un projet de dîner virtuel est mis en place pour connecter deux cultures, deux visions du monde.

07/10/2016

Six étudiants palestiniens vivant au Liban et cinq étudiants néerlandais ont eu la possibilité de discuter ensemble, à des milliers de kilomètres de distance, à l'occasion d'un repas virtuel, le Virtual Dinner Guest Project, organisé par la fondation Stichting Open Roads Media et coordonné par l'ONG Unite Lebanon Youth Project (ULYP). Une question posée au terme de ces échanges fera l'objet d'un film sur chaque pays.
Poser une question à des étrangers pour mieux les comprendre, eux et la situation dans leur pays, tel est le projet d'Éric Maddox, directeur de la fondation Stichting Open Roads Media. Depuis cinq ans, le Virtual Dinner Guest Project a pour but de connecter deux cultures, deux visions du monde, deux pays, le temps d'un repas virtuel. Récemment, c'est le Liban et les Pays-Bas qui sont passés à table. Sponsorisé par l'ambassade des Pays-Bas au Liban, le repas virtuel a eu lieu dans les bureaux de l'ONG ULYP à Hamra. Il faut préciser que l'organisation aide des jeunes marginalisés en leur offrant des opportunités éducatives. Le dîner virtuel en fait partie. C'est ULYP qui a sélectionné ici les étudiants, de jeunes Palestiniens qui ont rencontré cinq étudiants néerlandais.

Un projet pour « combler l'ignorance »
L'idée du repas est apparue comme un moyen d'humaniser nos voisins de table. Cette forme de sociabilité, une des plus anciennes, est un terrain neutre propice à l'échange. L'étranger devient ainsi un semblable, selon les explications d'Éric Maddox, l'organisateur des dîners virtuels.
Chaque groupe attablé depuis son pays est connecté par vidéoconférence à l'autre pour une discussion d'une heure et demie sur des sujets d'actualité. À la fin de la conversation, la liaison s'interrompt le temps pour les convives de préparer une ultime question à poser à leurs homologues. C'est cette question qui va permettre aux deux groupes d'approfondir leurs connaissances l'un de l'autre, et surtout d'assumer leur ignorance et d'y remédier. « Le conflit naît de la peur générée elle-même par l'ignorance. On donne donc aux gens l'occasion de combler cette ignorance sans en avoir honte », décrypte le directeur du projet qui insiste sur l'importante de la question posée au terme de l'exercice. « Si elle est mauvaise, on perdra beaucoup de temps avec des réponses inintéressantes », prévient Éric Maddox. Les jeunes Palestiniens et Néerlandais ont ensuite, chacun de leur côté, trois semaines pour répondre à la question sous la forme d'un film.

Au Liban, les étudiants palestiniens deviennent les messagers de leurs camarades néerlandais. Ils doivent interroger des habitants de Beyrouth, Saïda, Tripoli, Tyr et la Békaa sur l'expérience personnelle que ces derniers souhaiteraient partager avec leurs enfants et pourquoi. Et, cas particulier cette année, une seconde question est reprise d'un dîner antérieur afin que les deux groupes y fassent suite.
Comme il y a deux ans, les réalisateurs amateurs redemanderont aux Libanais ce qu'ils voudraient que le monde sache du Liban. Les étudiants sont derrière la caméra et non pas acteurs du film. Ce sont les locaux qui ont la parole. « Les jeunes essaient d'avoir des réponses honnêtes et sincères. Ils montrent le bon et le mauvais côté du pays. Ce n'est pas de la propagande », explique Éric Maddox qui se charge de superviser le projet du côté libanais. Un moyen détourné de faire interagir ces jeunes avec leur communauté et d'encourager le dialogue dans chaque pays. Quand le film est prêt, il est envoyé aux participants. Un second dîner virtuel est alors organisé pour en discuter.

Un nouveau type de média
Avec plus de 70 dîners au compteur dans vingt pays différents, Éric Maddox a pour ambition de créer une nouvelle forme de média, un nouvel outil d'information: un média à plusieurs mains qui « se protège de la partialité de chacun », selon le directeur, mais aussi qui évite la caricature en faisant parler les locaux. Éric Maddox veut montrer que tout le monde peut devenir un producteur actif de contenu médiatique juste avec une caméra. Les gens n'ont pas à rester passifs devant l'actualité. « Je veux que les gens utilisent nos films pour s'informer. Que lorsqu'ils voient des événements dans l'actualité à l'étranger, ils puissent aller voir ce que nous avons fait avec ce pays. » Il espère d'ailleurs que des initiatives de dîners virtuels seront prises partout dans le monde et seront postées sur le site web du Virtual Dinner Guest Project. C'est là que seront mises en ligne le mois prochain les réponses des habitants des Pays-Bas et du Liban aux questions posées par les étudiants.

 


Voir ici la vidéo entre les Pays-Bas et le Liban d'il y a deux ans.

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