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La Turquie affirme que ses troupes resteront en Irak en dépit des protestations de Bagdad

AFP
06/10/2016

La Turquie a affirmé jeudi qu'elle maintiendrait ses troupes en Irak en dépit des protestations de Bagdad, au moment où la tension entre les deux pays monte à l'approche d'une offensive destinée à libérer Mossoul, le bastion irakien du groupe Etat islamique.

"Peu importe ce que dit le gouvernement irakien, la présence turque sera maintenue pour combattre Daech (acronyme arabe de l'EI) et pour éviter une modification par la force de la composition démographique dans la région" de Mossoul, a déclaré le Premier ministre turc, Binali Yildirim.

Mossoul, la deuxième ville d'Irak, à majorité sunnite, est tombée aux mains de l'EI en juin 2014 et Bagdad ainsi que les pays de la coalition internationale anti-EI menée par les Etats-Unis préparent une offensive pour la libérer.
Mossoul, dont la population actuelle atteint près d'un million d'habitants selon l'Onu, était un territoire ottoman pendant quatre siècles avant d'être rattaché à l'Irak après la Première Guerre mondiale et la chute de l'empire ottoman. Ankara estime avoir des droits historiques sur cette ville près de laquelle elle a installé une base à Bachiqa, au grand dam de Bagdad.

Selon les médias turcs, quelque 2.000 soldats turcs sont déployés en Irak, dont 500 à Bachiqa où ils entraînent des volontaires irakiens sunnites en vue d'une reconquête de Mossoul.

Les députés irakiens ont appelé mardi le gouvernement à prendre des mesures de rétorsion contre Ankara après un vote du Parlement turc prolongeant le mandat qui autorise les troupes turques à intervenir en Irak et en Syrie, qualifiant de "force d'occupation" la présence militaire turque à Bachiqa.

L'Irak s'est aussi offusqué de déclarations du président turc Recep Tayyip Erdogan qui a estimé samedi que la libération de Mossoul devait être menée uniquement par ceux qui ont des liens ethniques et religieux avec la ville, et non pas par les milices chiites ou rebelles kurdes du YPG, considérés par Ankara comme le prolongement du Parti des Travailleurs du Kurdistan (PKK).

Signe des tensions entre les deux voisins, Ankara a demandé des explications mardi à l'ambassadeur irakien et Bagdad a convoqué l'ambassadeur turc, selon des sources au sein des deux ministères des Affaires étrangères.
"Quand des troupes de 63 pays sont présentes on Irak, il n'est pas raisonnable (pour les autorités irakiennes) de se focaliser sur la présence turque", a ajouté M. Yildirim. Pour lui, l'attitude de Bagdad "ne traduit pas une bonne foi".

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