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Mort à 86 ans du premier président slovaque, Michal Kovac

AFP
05/10/2016

Michal Kovac, le premier président de la Slovaquie indépendante, qui avait combattu l'autoritarisme du Premier ministre Vladimir Meciar, est mort mercredi d'une insuffisance cardiaque à 86 ans, a annoncé sa famille à l'agence TASR.

A la tête de l'Etat entre 1993 (année de la séparation pacifique des deux parties de la Tchécoslovaquie) et 1998, cet ancien banquier élu par le parlement avait été un critique sévère de M. Meciar, premier chef de gouvernement slovaque, dont les tendances autoritaires avaient isolé le pays dans l'arène internationale.
Ce conflit a été évoqué par le président actuel Andrej Kiska dans sa réaction au décès de son prédécesseur, sur sa page Facebook.

"Michal Kovac a été président durant la période difficile (...) quand un affrontement impitoyable et brutal était en cours avec pour enjeu la nature et l'avenir de la République Slovaque sur la carte de l'Europe et du monde", a écrit M. Kiska. "Il est regrettable et aussi caractéristique de notre époque, qu'il n'a pu vivre assez longtemps pour voir la justice juger l'enlèvement de son fils", a-t-il ajouté.

L'enlèvement de son fils, Michal Kovac junior, avait été attribué au Premier ministre Meciar par les médias nationaux et étrangers. Ils y avaient vu une tentative d'embarrasser le chef de l'Etat.
Le jeune homme avait été enlevé en Autriche en 1995. Menotté, les yeux bandés, il avait été forcé à boire une bouteille de whisky et soumis à des chocs électriques, avant d'être abandonné dans sa voiture. Par la suite M. Meciar a bloqué l'enquête sur cette affaire, attribuée par un tribunal autrichien aux "autorités slovaques".

En 1996, Michal Kovac a refusé de signer une loi "antisubversion" qui aurait réduit la liberté d'expression.
"Je savais bien que ma position pourrait être menacée, mais en même temps j'ai cru que la démocratie était attaquée, donc j'ai tenté de trouver le courage de risquer mon rejet", a dit M. Kovacs à un journal en 1999, alors qu'il briguait - sans succès - son second mandat.

Dans les années qui ont suivi, il a vécu à l'écart de la vie publique. Atteint de la maladie de Parkinson, il a été hospitalisé à plusieurs reprises au cours des dernières semaines.

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