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Chine : des médias étrangers accusés d'"inciter au chaos" dans un village rebelle

AFP
15/09/2016

Des médias étrangers "encouragent" et "organisent le chaos" dans le village rebelle de Wukan (sud de la Chine) placé cette semaine en quasi-état de siège, a accusé jeudi la presse d'Etat, niant toute violence de la part des forces de l'ordre.

"Certains médias étrangers sans scrupules encouragent, planifient et organisent le chaos (à Wukan), mais la police locale n'a pas recouru à la violence pour résoudre la situation", a affirmé jeudi dans un éditorial le Global Times, quotidien étroitement lié au Parti communiste.

Treize personnes soupçonnées d'avoir fomenté "un rassemblement illégal" avaient été interpellées mardi à Wukan, selon la police locale, quelques jours après la condamnation de son maire --l'un des rares en Chine à avoir été élus à l'issue d'un processus démocratique. La condamnation pour corruption du maire Lin Zulian, dévoilée la semaine dernière, a suscité une vive protestation dans le village de pêche de 13.000 habitants.

Selon le quotidien hongkongais South China Morning Post, les interpellations ont suscité mardi de vifs affrontements entre des habitants et les policiers, qui ont répondu à des jets de pierre par des tirs de balles en caoutchouc et grenades lacrymogènes. Depuis, le village apparaissait en état de siège, la route d'accès au village était bloquée par un barrage de police, des policiers ayant même escorté des journalistes de l'AFP hors de la zone.

"Depuis mardi, la vie à Wukan est revenue à la normale. Mais c'était visiblement trop difficile à accepter pour certains étrangers obsédés par ce village", ironise le Global Times. "Certains médias étrangers ont envoyé leurs reporters pour assister à de nouveaux affrontements entre police et habitants (...) mais ils ont attendu pour rien, puisque le gouvernement local a évité les confrontations", assure le journal nationaliste. "Visiblement, (...) ils ne veulent pas voir cette 'lutte pour les droits de l'homme' s'éteindre si vite, alors ils exagèrent tout ce qu'ils entendent", poursuit le Global Times.

Wukan était devenu célèbre fin 2011 lorsque ses habitants s'étaient soulevés pour chasser les caciques locaux du Parti communiste chinois (PCC) qu'ils accusaient de s'enrichir à leurs dépens en saisissant leurs terres.
M. Lin en était ensuite devenu maire, lorsque contre toute attente, le PCC avait accepté l'organisation d'un vote entièrement libre pour le choix du comité villageois. Il avait été cependant arrêté en juin dernier, accusé d'avoir reçu des pots-de-vin.

Depuis cette arrestation, "seulement une centaine de villageois font du grabuge (...), la plupart appartenant à la famille de Lin, d'autres qui espèrent se faire de l'argent grâce aux troubles, et quelques-uns qui prennent leurs ordres de forces étrangères", affirme le Global Times --sans autres détails ni preuves.

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