Aux cotés des manifestations sportives, les jeux de la Francophonie proposent des compétitions culturelles. Cet après-midi là, trois conteurs livrent leurs oeuvres sur la scène d'un petit théâtre de Beyrouth: une balade entre misogynie africaine, amour québécois et guerre du Liban.
L'endroit ressemble à une scène de quartier. A une encablure de l'ambassade de France cernée par les blindés, on accède au petit théâtre Béryte par une étroite coursive. Dans la salle, une trentaine d'auditeurs, curieux ou passionnés, et un jury de cinq professionnels. Des professionnels du conte, qui s'attachent à cinq critères (écriture, interprétation, gestuelle, oralité et recherche personnelle).
Sur la scène tendue de noir, le Béninois Patrice Tonakpon Toton revisite les sociétés traditionnelles et misogynes. Il tourne, plane, vire. L'histoire rebondit sur un proverbe: "La tradition nous enseigne qu'avant de tuer le poulet, il faut lui donner à boire". Traduction: La femme a l'occasion de gagner le respect et la considération des hommes à condition de capturer d'imaginaires "tubercules diams" nécessaires à la survie du village.
Elle fait (bien sûr) taire tous les préjugés. Au bout d'un quart d'heure, temps imparti, la morale tombe: "les femmes et les hommes doivent avoir les mêmes droits dans la société".
"Te v'la conteuse olympique"
----------------------------
La balade dans l'imaginaire s'arrête sur les bords du fleuve Saint-Laurent au Québec, avec les amours contrariées du fils "va d'bon coeur" et de la fille "bonhomm'chose", dont les familles se détestent. Sur fond d'instrument hybride violon-alto à cinq cordes, les parents s'en mêlent. Mais les enfants finissent par "faire entendre leur propre note sur le rythme qui fait avancer le temps".
A la descente de scène, la conteuse Arleen Thibault reconnaît avoir "ressenti le trac des grands événements". Mais elle goûte sans retenue ce mélange original de sport et de culture: "Lors du défilé de la cérémonie d'ouverture, j'ai beaucoup rigolé. Je me suis dit +ça y est, te v'la conteuse olympique+".
La légèreté s'envole. Le petit théâtre emprunte désormais les chemins tourmentés des années noires du Liban. Sur les planches, Patricia Habchi, née en 1979, au début de la guerre civile (1975-1990). Son passeport s'affiche en fond de scène.
Un contrôle d'identité tourne mal dans le désert. Un policer est tué. La mère de la narratrice emprisonnée. Cauchemar ou réalité ? Le conte navigue, change d'orientation, pour laisser une impression diffuse de malaise. Entre "Le bruit que vous venez d'entendre n'est pas une bombe mais un sac plastique" et "le soleil brille toujours quelque part".
Le rideau tombe. Le jury se retire pour délibérer pendant plus d'une heure. "Ce n'est pas facile de juger quelqu'un sur 15 minutes de son répertoire", souligne son président, le Français Jean-Louis Bordier. Les notes resteront sécrètes, en attendant le passage des onze autres candidats. Tous en quête d'une première médaille dans la très sérieuse catégorie "contes et conteurs".
L'endroit ressemble à une scène de quartier. A une encablure de l'ambassade de France cernée par les blindés, on accède au petit théâtre Béryte par une étroite coursive. Dans la salle, une trentaine d'auditeurs, curieux ou passionnés, et un jury de cinq professionnels. Des professionnels du conte, qui s'attachent à cinq critères (écriture, interprétation, gestuelle, oralité et recherche...


Plus de marche arrière possible pour les négociations entre le Liban et Israël, affirme Issa à Aoun