Liban

Walid Fakhreddine, nouveau secrétaire de la Gauche démocratique : un test pour la jeunesse du changement

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Par Sandra NOUJEIM | 23/02/2012

Walid Fakhreddine.
Walid Fakhreddine.
Portrait Fort de l’expérience des rassemblements de 2005, Walid Fakhreddine tente d’allier le pragmatisme du terrain libanais aux principes de la Gauche démocratique, qui place l’individu comme « valeur suprême » de toute société.

Le cinéma et son humanité, où il s’investit en tant que producteur ; la société civile et ses défis proprement libanais, dont il a fait l’expérience à la tête de l’Association libanaise pour des élections démocratiques (LADE) ; et surtout, ce mouvement de la Gauche démocratique, jeune à l’image de ses fondateurs, dont il a été récemment élu secrétaire général, succédant ainsi à l’ancien député Élias Atallah, sont autant de terrains qui définissent l’identité de Walid Fakhreddine.

Druze d’Achrafieh, le rôle politique qu’il assume aujourd’hui n’est pas un legs familial, mais le résultat d’un engagement clairement affiché, éclos au rythme des manifestations du printemps de 2005, où son importante carrure, légèrement voûtée, s’imposait parmi les jeunes et se taillait une place parmi les décideurs politiques. « C’est un groupe de jeunes qui a spontanément dressé une tente sur la place des Martyrs en 2005. Je me souviens très bien de cette tente que nous sommes allés acheter. Et puis, sans coordination ni décision politique, une autre tente s’est élevée près de nous... » se souvient-il.


Controverse « saine »
Dans son bureau aménagé dans le quartier de Sodeco, aux jalousies dissimulées vers l’extérieur, derrière l’affiche de son récent film Taxi al-Balad, il replonge dans la marche de la Gauche démocratique, ancrée dans un projet de démocratisation réfléchi. Et cette liberté, c’est le mécanisme interne de ce mouvement, « propice à la confrontation de divers courants en son sein même », qui en est le reflet. Né en 2004 au milieu d’un débat d’idées, le mouvement de la Gauche démocratique est actuellement divisé entre un camp proche de l’ancien député Élias Atallah et un autre qui estime que la politique adoptée par ce dernier élude l’entité de la Gauche démocratique en la plongeant entièrement dans le moule du 14 Mars. Ce même camp a d’ailleurs boycotté les dernières élections internes ayant conduit à la victoire de Walid Fakhreddine. « Tout ceci est la marque saine du dialogue qui anime nos choix », estime-t-il.

 « L’individu, valeur suprême »
Il rappelle ainsi l’essence du mouvement dont il a désormais, officiellement, la charge. « La Gauche démocratique est l’un des premiers mouvements en Orient qui adoptent l’individu comme valeur suprême de toute société », affirme-t-il, en veillant à dénuer ses propos de tout artifice lyrique. « Au Liban précisément, le système sacralise les droits des collectivités, sans accorder de valeur particulière à l’individu, qui est pourtant déterminant dans l’avancement même de la vie », ajoute M. Fakhreddine.

C’est sous cet angle que la Gauche démocratique se démarque, selon lui, « des idéologies véhiculées par les partis absolutistes, totalitaires et religieux ». Cette démarcation des « mouvances léninistes, qui tendent à renverser l’État », rejaillit tant dans le statut interne du mouvement, propice au débat d’idées, que dans la manière dont la Gauche démocratique s’est « adaptée » à la scène politique. Sur ce point d’ailleurs, Walid Fakhreddine défend un « pragmatisme », nécessaire pour se frayer une place dans le domaine public. Il parvient en même temps à habiller son approche de l’idéalisme qui continue d’agrémenter, comme un effluve intemporel, les mouvements de gauche.

Équilibre entre idéal et réalisme
Il fait ainsi la démonstration de l’équilibre entre rêve et stratégie, éveil réaliste et élan utopique. Ainsi, l’alliance de la Gauche démocratique avec le 14 Mars « nous permet de faire entendre notre voix, dans un cadre favorable aux lignes de base qui définissent notre politique actuelle ». Le secrétariat général du 14 Mars serait ainsi une tribune polyphone, dont les constantes restent inchangées. « L’indépendance est indissociable de la souveraineté ; les armes ne sauraient exister en dehors de la légitimité de l’État ; la souveraineté est le corollaire de la justice », rappelle M. Fakhreddine, qui dresse en outre le bilan de l’apport de la Gauche démocratique au 14 Mars.

 

Si celle-ci a tenté de neutraliser parfois certaines décisions du 14 Mars, comme celle de renouveler le mandat du président du Parlement Nabih Berry en 2005 et 2009, ou encore de former des gouvernements d’union nationale, la valeur ajoutée de la Gauche tient surtout à ses constantes propres, des constantes immortalisées dans les articles de son cofondateur Samir Kassir, qui appelait à « redescendre dans les rues », dans son fameux article « La désillusion n’est pas une fatalité » (15 avril 2007). « À l’époque, nous avions pourfendu par des articles l’alliance quadripartite », explique M. Fakhreddine, mettant l’accent sur « la réflexion » sans cesse repensée qui conditionne la Gauche démocratique.

 « Partialité pour la pensée »
« Notre partialité est entière pour la pensée », résume M. Fakhreddine, s’adressant en particulier aux jeunes Libanais, dont la mouvance semble noyée dans une apathie fataliste. « Il est inadmissible de dire que la jeunesse du Liban ne peut produire de changement », martèle-t-il. Mais pour initier une action influente, « les jeunes doivent s’affranchir des limites de leur confession, définir une vision pour l’avenir et assimiler, comme un axiome immuable, le fait que la démocratie signifie d’abord d’accepter l’autre », estime M. Fakhreddine. C’est cette harmonie plurielle qui fonde les croyances de la Gauche et la qualifie. Multiconfessionnel, ce mouvement est en position d’œuvrer pour un dialogue national authentique.

 

Si, en 2005, « nous avons servi de lien entre les différents partis politiques et la confession qu’ils représentent, en éradiquant chez chacun la peur latente de l’autre », en 2012 c’est la Gauche qui semble le mieux apte à guider l’ouverture vers le Hezbollah et à concrétiser l’appel au dialogue national, de plus en plus saillant, dans les discours du 14 Mars, estime M. Fakhreddine. « Il existe au Liban une vérité dont la Gauche démocratique a toujours cerné la portée : toute tentative d’isoler un camp ou une partie équivaut à un suicide », affirme-t-il. Engagée pour la cause palestinienne, la Gauche démocratique est en outre bien placée pour partager avec le Hezbollah « le sens du martyre et de la captivité aux mains de l’ennemi ».

Appui fervent aux opposants syriens
Un autre terrain où se déploie également la ferveur humaniste de la Gauche démocratique : les soulèvements en Syrie. Selon M. Fakhreddine, « nous avons attisé la volonté du 14 Mars d’aiguiser son appui aux opposants syriens ». Il révèle d’ailleurs un projet d’appui aux opposants syriens, que les nouveaux responsables du mouvement sont près d’entamer.

Secouée par l’assassinat de son pionnier, le journaliste et écrivain Samir Kassir, la Gauche démocratique se redresse par la force de sa jeunesse. Et si Walid Fakhreddine est une figure parmi d’autres, différentes, qui nourrissent cette force, son rendement permettra de sonder la volonté d’une génération aux prises avec un long désenchantement.



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Réactions des internautes à cet article

- Jabbour, ce n'est certainement pas vous qui faites rêver, au contraire, vous seul ici, ainsi que vos amis en déroute, êtes le cauchemar du Liban. Si vous pensez une seconde que vous procurez le moindre espoir au Libanais en faisant l'apologie du crime, en plébiscitant le tyran syrien, en reniant le drame qui se joue en Syrie, en traitant les victimes civiles innocentes de terroristes, en manquant de respect aux martyrs libanais qui ne sont pas du CPL, en louant la présence des armes et la répression dictatoriale, eh bien vous confirmez que vous êtes à des années-lumière de l'identité libanaise, que vous ne connaissez pas votre pays et que vous faites très bien de ne pas y mettre les pieds.
Robert Malek

- - - Le 14 Fevrier ou Mars absorbe tout ce qui vient à lui , qu'ils soient de droite ou de gauche pourvu qu'ils fassent du bruit et du nombre .. Que de partis politiques sans députés ou avec un deux trois ou quatre quand il y en a , offerts sur la liste du prince .. , que de leaders ou responsables non élus , bref comme Macédoine de légumes qui lui manque l'essentiel qu'ils n'ont pas encore trouvé et ne trouveront jamais , puisqu'ils sont plusieurs à vouloir être le chef sans toque , mais avec beaucoup d'étoiles plein les yeux à force e rêver .
JABBOUR André


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