Liban

Le CPL avait été informé des candidatures au Conseil de discipline, affirme Daouk

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03/02/2012

Le clash entre les ministres du CPL et le chef du gouvernement, Nagib Mikati, jeudi en Conseil des ministres a eu pour effet de relancer la polémique politique dans le pays, ainsi que les échanges d’accusations. Mais cette polémique ne se limite plus aux deux camps rivaux, le 14 et le 8 Mars, depuis que le conflit autour de la gestion des affaires publiques a éclaté au grand jour entre les composantes du gouvernement.
Le ministre de l’Information, Walid Daouk, a révélé à Télé-Liban que les ministres du CPL étaient au courant des candidatures proposées pour le Conseil de discipline, du moment que le ministre de la Justice, Chakib Cortbawi, en avait été informé. Il a expliqué que le chef du gouvernement « ne boude pas au vrai sens du terme ». « Mais il n’envisage pas de tenir de nouveaux Conseils des ministres avant de trancher l’affaire des nominations », a ajouté M. Daouk, en soulignant à quel point le retard à ce niveau « se répercute négativement sur l’action du gouvernement ».

Lui faisant écho, le ministre d’État Marwan Kheireddine a affirmé s’attendre à ce que la suspension des réunions du Conseil des ministres dure plusieurs semaines, tout en assurant, à la Voix du Liban, que M. Mikati ne boude pas et ne présentera pas sa démission. M. Kheireddine a fait état de contacts établis pour régler « la crise gouvernementale provoquée par l’examen d’un dossier qui n’était pas à l’ordre du jour de la réunion ». Son collègue Nicolas Nahas a aussi parlé de « crise gouvernementale », tout en défendant le Premier ministre et en accablant le CPL, mais sans le nommer. Selon lui, M. Mikati était « clair au sujet du respect des mécanismes constitutionnels pour les nominations ». « Son rôle et ses prérogatives doivent être respectés », a insisté M. Nahas, qui a fait état d’un « ras-le-bol à cause des pratiques unilatérales » du CPL. « Il est inadmissible que certains agissent comme si tout ce qu’ils proposent doit être accepté et tout ce que d’autres proposent doit être traité de la manière qu’ils conçoivent eux-mêmes », a-t-il déploré dans une déclaration à la Voix du Liban, affirmant que « par souci de transparence, le Premier ministre avait proposé la candidature de trois personnes pour que l’une d’elles soit choisie à la tête du Conseil de discipline ».
Pour les ministres du CPL, l’explication est autre. « Il existe une sorte d’entente pour garder l’administration aux mains d’une partie qui n’est pas représentée en Conseil des ministres. Pour cette raison, tout ce qui concerne le CPL est rejeté », a ainsi déclaré le ministre des Télécommunications, Nicolas Sehnaoui à la Voix du Liban.
Commentant les propos de M. Mikati qui avait accusé les ministres du bloc Aoun de paralyser l’action du gouvernement, il a indiqué : « Je lui rends l’accusation. Nous faisons assumer la responsabilité de la lenteur à ce niveau à ceux qui entravent le processus de réforme. »

« Le CPL possède le tiers du gouvernement »
M. Sehnaoui a minimisé l’importance du clash, mercredi en Conseil des ministres, faisant état de « divergences de vues au sujet d’un dossier important », tout en jugeant nécessaire que « les parties représentées au sein du gouvernement essaient de coexister avec le bloc du Changement et de la Réforme qui possède le tiers du Conseil des ministres et qui est le partenaire chrétien principal du gouvernement ».
Pour le député Sélim Salhab, le bloc du Changement et de la Réforme « ne peut pas faire de la figuration en Conseil des ministres, mais doit assumer son rôle et prendre part aux décisions prises ». « Le Premier ministre peut proposer des candidats à divers postes et les ministres peuvent les accepter ou les rejeter. Conformément à la Constitution, il appartient au Conseil des ministres et non pas à son président de prendre une décision », a-t-il ajouté, en estimant, à la Voix du Liban, que M. Mikati « a adopté une position politique dont il a choisi le timing exprès ». « En sa qualité de quoi va-t-il se rendre en visite officielle à Paris ? En sa qualité de chef du gouvernement qui boude ? » s’est-il interrogé.
Parallèlement, les personnalités du 14 Mars qui ont commenté le clash se sont accordées à dire qu’il leur a prouvé qu’ils avaient raison sur toute la ligne au sujet du gouvernement. Les députés Jean Oghassabian et Ammar Houry ont tous deux souligné, l’un à la Voix du Liban et l’autre à Radio Orient, que ce qui s’était passé en Conseil des ministres « n’avait rien de surprenant puisque le gouvernement n’est pas homogène ». Tous deux ont minimisé l’importance de la réaction du Premier ministre au comportement des ministres du CPL, affirmant que M. Mikati « n’a pas les moyens de sa politique parce qu’il ne peut pas démissionner, du moment que le maintien ou l’effondrement du gouvernement est tributaire du Hezbollah ».
M. Oghassabian a en outre estimé que « l’un des principaux problèmes du gouvernement réside dans la mentalité du groupe aouniste », faisant état de « propos tenus au sein du Conseil des ministres sur la corruption de ce groupe et son attachement aux acquis personnels, sans respect aucun pour les lois ».
Un autre député, Antoine Zahra, a attribué « les crises gouvernementales successives au conflit d’intérêts entre les composantes » de l’équipe Mikati. M. Zahra a accusé le CPL de vouloir « accaparer tous les postes chrétiens de l’État », estimant que les nominations « ne peuvent pas être réalisées alors qu’une partie importante des Libanais, représentés par le 14 Mars, ne se trouve pas au gouvernement ».
L’ancien ministre Mohammad Abdel Hamid Beydoun est lui aussi tombé à bras raccourcis sur le CPL, soulignant, dans une interview sur le site Nowlebanon, que le député Michel Aoun « n’a jusqu’à présent rien proposé dans le sens d’une réforme ou d’un changement ». « Tout ce qu’il veut, c’est sa part du gâteau et un monopole de la représentation chrétienne dans l’administration », a-t-il ajouté, en dénonçant « le discours provocateur du chef du CPL, qui distille la rancune et la haine parmi les Libanais et qui malheureusement n’a jamais été fédérateur ou national ».

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