À La Une

Moscou ne peut soutenir "en l'état" le nouveau projet de résolution sur la Syrie

Taille plus grande Taille plus petite Envoyer à un ami Imprimer
OLJ/Agences | 03/02/2012

A Qoussair, à 25 kilomètres de Homs, un jeune Syrien lance un appel à l'aide. Alessio Romenzi/AFP
A Qoussair, à 25 kilomètres de Homs, un jeune Syrien lance un appel à l'aide. Alessio Romenzi/AFP
Crise Des milliers de manifestants commémorent le massacre de Hama.

La Russie ne peut pas soutenir "en l'état" le nouveau projet de résolution du Conseil de sécurité de l'ONU condamnant la répression en Syrie, a déclaré vendredi le vice-ministre russe des Affaires étrangères, Guennadi Gatilov. "Nous avons reçu (le projet marocain de résolution). Certaines de nos inquiétudes ont été prises en compte mais cela ne suffit pas", a expliqué M. Gatilov cité par l'agence Interfax. M. Gatilov a ajouté qu'aucun vote n'était prévu dans les jours qui viennent sur ce projet.

 

Un peu plus tôt, un responsable du département d'Etat avait pourtant déclaré, sous couvert d'anonymat, que les Etats-Unis étaient "prudemment optimistes" quant à un soutien russe au nouveau projet de résolution.

 

Dans la nouvelle version du projet de résolution, le Conseil de sécurité ne demande plus explicitement le départ du président Bachar el-Assad, ni ne mentionne un quelconque embargo sur les armes ni même de nouvelles sanctions mais "soutient pleinement (...) la décision de la Ligue arabe du 22 janvier 2012 de faciliter une transition politique conduite par les Syriens eux-mêmes".

 

Sur le terrain, des milliers de Syriens ont manifesté aujourd’hui dans l'ensemble de la Syrie, y compris à Damas, pour marquer le 30e anniversaire du massacre de Hama (centre).

"Hafez (el-Assad) est mort, Hama n'est pas morte, Bachar va mourir et la Syrie ne mourra pas", proclamaient des pancartes brandies par des manifestants dans le quartier al-Kidam à Damas, en référence à l'ex-président syrien, père de l'actuel chef de l'Etat, selon une vidéo publiée par des militants. "La politique de la punition collective ne portera pas ses fruits cette fois-ici", assurait une autre pancarte, alors que la mobilisation ne faiblit pas depuis le début de la révolte en mars 2011.

 

En 1982, des dizaines de milliers de personnes avaient été tuées à Hama lors de la répression orchestrée par Hafez el-Assad, d'un soulèvement des Frères musulmans.

 

Partout, y compris à Hama, les manifestants ont subi les tirs des forces de sécurité. Selon l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH), vingt personnes ont été tuées aujourd’hui en Syrie, dont neuf soldats dans des heurts avec des déserteurs. Parmi les 11 civils tués figurent deux enfants. Des enfants que, selon Human Rights Watch, les forces de l'ordre syriennes n’hésitent pas à torturer, même s’ils ont à peine 13 ans. L’organisation de défense des droits de l’Homme rapporte aujourd’hui des cas de torture sur mineurs, des cas d’enfants placés à l'isolement, "brutalement battus et électrocutés", brûlés avec des cigarettes ou encore suspendus avec des menottes métalliques, parfois pendant des heures, à quelques centimètres du sol.

 

L'OSDH a également fait état de l'arrestation dans la nuit de jeudi à vendredi de huit militants dans la ville côtière de Tartous, dont cinq "ayant fait de longues années de prison" pour leur appartenance à un parti communiste interdit. Par ailleurs, dans la province d'Alep, deuxième ville de Syrie, "les révolutionnaires ont pris le contrôle de la section locale des services de la sécurité militaire dans la ville d'Andane", selon la même source.

 

Ces manifestations, les premières en public pour commémorer le massacre de Hama, interviennent alors que la répression a fait au moins 6.000 morts depuis plus de dix mois selon les militants.

 

Par ailleurs, l'Iran, principal allié régional de Damas, a interdit à ses ressortissants de se rendre par la route en Syrie, après l'enlèvement de 29 Iraniens dans ce pays par des groupes hostiles au régime de Bachar al-Assad, selon l'agence Mehr.

 



Taille plus grande Taille plus petite Envoyer à un ami Imprimer



Réactions des internautes à cet article

- Le dossier est entre les mains de Moscou avec l'aval des occidentaux qui essayent mais ne peuvent mieux. Juppé lui même déclarait que son optimisme ètait tombé et qu'il fallait traiter avec les russes. Ce qui veut dite clairement aux arabes de la clique, votre incompétence nous tue, ce que condi rice avait dit aux sio après 33 jours de guerre infructueuse contre la résistance un certain mois de juillet 2006. La désinformation va aller en s'estompant malgré toute la propagande agressive des médias sio/bensaoud.
Jaber Kamel

- - - Tient ils demandent de l'aide maintenant en utilisant des enfants ... ! Je pensais et selon Al Jazeera et Al Arabia , qu'ils contrôlaient déjà 50 % de la Syrie et qu'ils allaient bientôt prendre d'assaut le palais du peuple qu'ils encerclent !!! n'importe quoi ..
JABBOUR André


Réagissez à cet article (réservé aux abonnés)

« Les réactions visent à établir des échanges enrichissants entre nos lecteurs et l’équipe de L’Orient-Le Jour.
Les commentaires contenant des propos diffamatoires, injurieux ou racistes ne seront pas publiés. Les réactions sont publiées telles quelles, sans correction, sous votre entière responsabilité et doivent donc être signées. »


Abonnez-vous !

Déjà abonnés ? Connectez-vous !

Le journal en PDF